Gabriel Attal, président du parti Renaissance, a exposé ce vendredi 12 juin 2026 dans le Figaro une série de mesures destinées à renforcer la protection des mineurs, à la suite de l’affaire Lyhanna, une enfant de six ans dont le meurtre a profondément ému l’opinion publique. Selon Le Monde - Politique, il a pointé du doigt l’insuffisance des réformes judiciaires passées et appelé à une « culture de l’urgence » pour traiter les cas d’atteintes aux mineurs.

« Ce qui a manqué, c’est une vraie réforme de notre système judiciaire », a-t-il affirmé, soulignant que les dysfonctionnements actuels ne permettent pas une prise en charge efficace des situations à risque. Ces déclarations interviennent alors que le pays reste sous le choc de cette affaire, qui a relancé le débat sur la protection de l’enfance et la lutte contre les violences sexuelles.

Ce qu'il faut retenir

  • Gabriel Attal, président de Renaissance, a détaillé ses propositions dans le Figaro ce 12 juin 2026.
  • Il critique l’absence de « vraie réforme » du système judiciaire concernant la protection des mineurs.
  • Il plaide pour l’instauration d’une « culture de l’urgence » dans le traitement des affaires impliquant des mineurs victimes.
  • Il propose également le fichage des pédocriminels comme mesure complémentaire.

Un constat d’échec sur la protection des mineurs

Dans son entretien au Figaro, Gabriel Attal a reconnu que les dispositifs existants n’ont pas permis d’éviter des drames comme celui de Lyhanna. Il a ainsi pointé les lacunes du système judiciaire, évoquant des délais trop longs dans le traitement des affaires et un manque de coordination entre les acteurs institutionnels. « On a besoin de réformer en profondeur pour que chaque signalement soit traité avec la rigueur nécessaire », a-t-il expliqué. Le chef de file de Renaissance a par ailleurs rappelé que les moyens alloués aux services sociaux et judiciaires restent insuffisants au regard de l’ampleur des besoins.

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où les associations de défense des droits de l’enfant multiplient les alertes sur l’augmentation des violences sexuelles envers les mineurs. Selon les dernières statistiques disponibles, près de 15 000 signalements pour agressions sexuelles sur mineurs ont été enregistrés en 2025, un chiffre en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente. Autant dire que la pression sur les pouvoirs publics n’a jamais été aussi forte.

Fichage des pédocriminels et culture de l’urgence : les mesures phares

Parmi les pistes évoquées par Gabriel Attal figure la création d’un fichier national des auteurs d’infractions sexuelles sur mineurs, une mesure déjà réclamée par plusieurs associations et parlementaires. Ce dispositif, similaire à celui existant pour les délinquants sexuels, permettrait un meilleur suivi des condamnés après leur libération. « Le fichage est un outil parmi d’autres, mais il peut sauver des vies en évitant les récidives », a-t-il souligné.

Autre axe central de sa proposition : l’adoption d’une « culture de l’urgence » dans la prise en charge des affaires judiciaires impliquant des mineurs. Cela passerait notamment par des délais raccourcis pour les enquêtes et les décisions de justice, ainsi que par la formation renforcée des magistrats et des policiers spécialisés. « Il ne s’agit pas de bâcler les dossiers, mais de donner la priorité absolue à ces situations », a-t-il précisé. Ces mesures s’ajouteraient aux dispositifs existants, comme les cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP) ou les unités spécialisées au sein des parquets.

Et maintenant ?

Les propositions de Gabriel Attal devraient alimenter les discussions au sein de la majorité présidentielle et au Parlement dans les semaines à venir. Une commission parlementaire pourrait être mise en place dès la rentrée pour examiner les pistes de réforme, avec un objectif affiché : présenter un projet de loi avant la fin de l’année 2026. Reste à voir si ces mesures trouveront un écho suffisant auprès des autres groupes politiques, dans un contexte où le sujet reste hautement sensible.

Pour l’heure, le gouvernement n’a pas précisé si ces annonces s’accompagneraient de crédits supplémentaires pour les services judiciaires et sociaux. Une chose est sûre : l’affaire Lyhanna a placé le débat sur la protection de l’enfance au cœur de l’agenda politique, et il est peu probable que les autorités puissent faire l’économie d’une réponse forte.

Une commission parlementaire devrait être lancée à la rentrée 2026 pour étudier les réformes proposées par Gabriel Attal. L’objectif est de déposer un projet de loi avant la fin de l’année, mais aucun calendrier précis n’a encore été annoncé par Matignon.