Près de trois ans après les faits, la procédure judiciaire concernant l’attaque au couteau perpétrée dans un parc d’Annecy en juin 2023 franchit une nouvelle étape. Abdalmasih Hanoun, un homme de 34 ans originaire de Syrie, a été renvoyé devant la cour d’assises de la Haute-Savoie pour tentatives d’assassinat, a indiqué Le Figaro ce mardi 2 juin 2026, s’appuyant sur des sources judiciaires.
Lors de cet incident, quatre jeunes enfants et deux adultes avaient été grièvement blessés. La décision de renvoi aux assises intervient après que les deux juges d’instruction ont suivi la recommandation du parquet d’Annecy, formulée en mai 2025. Cette orientation judiciaire pourrait encore faire l’objet d’un appel de la part des parties civiles ou de la défense.
Ce qu'il faut retenir
- Abdalmasih Hanoun, 34 ans, Syrien, renvoyé aux assises pour tentatives d’assassinat dans l’attaque au couteau d’Annecy en juin 2023.
- Quatre enfants et deux adultes grièvement blessés lors de l’agression.
- Deux expertises psychiatriques contradictoires : abolition du discernement selon la première, simple altération selon la seconde.
- Les juges d’instruction ont retenu une altération du discernement, rendant possible un renvoi aux assises.
- La décision pourrait faire l’objet d’un appel des parties ou de la défense.
Une décision judiciaire attendue après des expertises contradictoires
L’instruction a révélé une divergence majeure entre les expertises psychiatriques réalisées sur Abdalmasih Hanoun. Une première expertise avait conclu à une abolition du discernement, ce qui aurait pu entraîner une irresponsabilité pénale. Cependant, une seconde expertise a estimé que le suspect souffrait d’une simple altération de son discernement, permettant ainsi de le juger aux assises.
Les juges d’instruction ont finalement retenu la seconde analyse, ouvrant la voie à un procès pour tentatives d’assassinat. Cette décision s’appuie sur le code pénal, qui distingue l’abolition (irresponsabilité totale) de l’altération (responsabilité atténuée mais engagée) du discernement. Le procureur et les parties civiles disposent désormais d’un délai pour contester cette orientation devant la chambre de l’instruction.
Un profil marqué par l’exil et des difficultés psychologiques
Abdalmasih Hanoun, arrivé en France après avoir fui la Syrie, vivait à Annecy au moment des faits. Son parcours, marqué par des épreuves personnelles, avait déjà été évoqué lors de l’enquête initiale. Des éléments rapportés par la presse locale à l’époque suggéraient des difficultés d’intégration et des troubles psychologiques antérieurs à l’agression.
Les investigations n’ont pas révélé de lien entre son acte et une radicalisation religieuse, malgré ses origines syriennes. Les autorités judiciaires ont privilégié l’hypothèse d’un décompensement psychologique, sans écarter totalement l’influence de son vécu migratoire. Aucune revendication ou motivation idéologique n’a été établie à ce stade des investigations.
Les victimes et leurs familles en attente de justice
L’attaque du 8 juin 2023 avait provoqué une vive émotion dans la région, notamment en raison de la vulnérabilité des victimes : quatre enfants, âgés de 2 à 9 ans, et deux adultes, dont une femme de 31 ans. Tous avaient subi des blessures graves, certaines mettant plusieurs semaines à guérir. Les séquelles physiques et psychologiques pour les victimes et leurs proches persistent encore aujourd’hui.
Les associations de victimes et les familles ont suivi avec attention l’évolution de la procédure. Un procès aux assises représenterait pour elles une étape essentielle pour tourner la page, bien que le délai écoulé depuis les faits puisse rendre l’attente d’autant plus difficile. Les parties civiles devraient se constituer lors du procès pour demander réparation.
Cette affaire rappelle les défis auxquels sont confrontés les systèmes judiciaires face à des profils complexes, où se mêlent trauma migratoire, troubles psychologiques et actes criminels. Elle soulève aussi des questions sur la prise en charge des personnes en situation de grande détresse psychique dans la société française.
Les juges d’instruction ont privilégié la seconde expertise psychiatrique, qui concluait à une simple altération du discernement au moment des faits. Selon le code pénal, cette altération permet de juger une personne aux assises, contrairement à l’abolition qui entraîne une irresponsabilité pénale.