Une attaque au couteau survenue lundi soir à Belfast a provoqué une vague d’indignation au Royaume-Uni. Selon BMF - International, un homme d’une trentaine d’années, présenté comme un ressortissant somalien par les autorités, a été interpellé pour tentative de meurtre. La victime, âgée d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée dans un état grave après l’agression.
Les images de l’attaque, diffusées massivement sur les réseaux sociaux, montrent l’agresseur assis sur sa victime, tentant de l’égorger, avant que trois personnes n’interviennent pour le maîtriser. La scène, filmée dans une rue de Kinnaird Avenue, dans le nord de Belfast, a choqué le pays et suscité des appels à manifester, notamment de la part de l’extrême droite.
Ce qu'il faut retenir
- Un suspect interpellé : un homme d’une trentaine d’années, présenté comme probablement somalien par la police nord-irlandaise, a été placé en garde à vue pour tentative de meurtre.
- Une victime hospitalisée : la personne agressée, âgée d’une quarantaine d’années, se trouve actuellement dans un état grave à l’hôpital.
- Une vidéo choquante : les images de l’attaque, largement partagées en ligne, ont suscité une condamnation unanime des responsables politiques.
- Des appels à manifester : des groupes d’extrême droite ont appelé à des rassemblements à Belfast et Southampton, alimentant les tensions.
- Un contexte politique tendu : cette attaque intervient quelques jours après des violences liées à la gestion par la police du meurtre d’un étudiant à Southampton en décembre 2025.
Une condamnation unanime des responsables politiques
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié l’attaque d’« horrible » et de « révoltante ». Sur le réseau social X, il a déclaré : « Je ne tolère absolument pas que de telles scènes de violence abjecte se produisent dans nos rues. Mes pensées vont d’abord à la victime, et je remercie les premiers intervenants, y compris les citoyens qui sont intervenus. »
La Première ministre irlandaise Michelle O’Neill (Sinn Fein) et la vice-Première ministre nord-irlandaise Emma Little-Pengelly (DUP) ont également condamné l’agression. « J’appelle au calme dans cette situation manifestement tendue et préoccupante », a écrit cette dernière sur X. Le commissaire adjoint de la police nord-irlandaise, Ryan Henderson, a quant à lui souligné : « Cette agression brutale a indubitablement provoqué une vive émotion au sein de la communauté et suscité de réelles inquiétudes. »
L’enquête en cours et les appels au calme
La police nord-irlandaise a lancé un appel à témoins, demandant notamment à toute personne ayant des images des caméras de surveillance ou des vidéos amateurs de se manifester. « L’enquête a commencé pour établir le motif de l’attaque », a précisé Ryan Henderson, sans fournir davantage de détails. La police a également demandé au public de ne pas partager la vidéo de l’agression, estimant que cela « risquerait de causer un traumatisme supplémentaire aux proches de la victime et pourrait nuire à l’enquête en cours ».
Les autorités ont annoncé un renforcement des effectifs policiers dans les rues de la province, en réponse aux appels à manifester lancés par des groupes d’extrême droite. « Nous traitons cette affaire avec le plus grand sérieux », a assuré le commissaire adjoint, tout en appelant la population à rester calme.
L’extrême droite s’empare de l’affaire
Plusieurs figures de l’extrême droite, dont Tommy Robinson (de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon) et Nigel Farage, leader du parti anti-immigration Reform UK, ont rapidement réagi à l’attaque. Tommy Robinson a appelé à un rassemblement mardi soir à Southampton, devant un hôtel utilisé par le passé comme lieu de rassemblement anti-migrants. Nigel Farage a quant à lui demandé que « l’identité » et « le statut migratoire » du suspect soient rendus publics, arguant que « le public a le droit de connaître la vérité ».
Rupert Lowe, un ancien membre de Reform UK devenu chef d’un parti dissident, a également réclamé « une transparence totale » de la part de la police. Ces prises de position interviennent dans un contexte déjà marqué par des tensions communautaires, notamment après des violences liées à l’immigration en Irlande du Nord en juin 2025.
Un contexte social déjà fragilisé
Cette attaque survient quelques jours après une manifestation violente à Southampton, organisée en protestation contre la gestion par la police du meurtre de l’étudiant Henry Nowak, un jeune homme blanc, tué en décembre 2025 par un individu sikh. Des figures d’extrême droite, dont Tommy Robinson, avaient participé à cet événement, qui avait dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre.
En Irlande du Nord, les tensions restent vives depuis les émeutes de juin 2025, déclenchées après l’arrestation de deux adolescents roumanophones accusés d’avoir tenté de violer une jeune fille à Ballymena. Ces événements avaient conduit à des attaques contre des hébergements de migrants et des affrontements avec la police, faisant plusieurs blessés.
La situation reste sous haute surveillance, alors que les autorités tentent de concilier fermeté judiciaire et appel au calme pour éviter de nouvelles violences.
L’extrême droite a rapidement réagi à l’attaque de Belfast en organisant des appels à manifester, alimentant ainsi les tensions communautaires. Ces groupes utilisent souvent des faits divers impliquant des étrangers pour mobiliser leur base, notamment dans un contexte où l’immigration est un sujet de débat politique central au Royaume-Uni.