L'armée ukrainienne n'a intercepté aucun des 28 missiles tirés par Moscou lors d'une attaque nocturne contre Kyiv et sa région, selon le rapport quotidien de l'armée de l'air publié mercredi. Selon Euronews FR, cette frappe a fait au moins 17 morts et 44 blessés, dans un contexte de pénurie croissante de munitions anti-balistiques pour Kiev.

Ce qu'il faut retenir

  • 17 morts et 44 blessés lors de l'attaque nocturne menée par Moscou, selon les autorités ukrainiennes.
  • Sur les 28 missiles tirés, aucun n'a été intercepté par les systèmes de défense ukrainiens.
  • L'attaque a visé des entrepôts civils, des infrastructures et une gare ferroviaire, d'après Volodymyr Zelensky.
  • 115 drones ont également été lancés par la Russie, selon l'armée de l'air ukrainienne.
  • Parmi les victimes, 8 personnes ont été tuées sur le quai de la gare de Kvitneva, dans le district de Brovary.

Une attaque nocturne aux conséquences lourdes

Dans la nuit du 7 au 8 août 2026, les forces russes ont mené une attaque massive contre la région de Kyiv, combinant drones et missiles à haute vitesse. D'après le bilan provisoire communiqué par le gouvernement ukrainien, 17 personnes ont perdu la vie, dont huit sur le quai de la gare de Kvitneva, dans le district de Brovary. Selon Vitaliy Bigun, chef de l'administration militaire locale, ces victimes attendaient un train retardé qu'elles n'ont jamais pu emprunter. 44 autres personnes ont été blessées lors des frappes, qui ont également provoqué d'importants incendies dans la capitale.

L'armée de l'air ukrainienne a confirmé que Moscou avait lancé 115 drones et tiré 28 missiles balistiques, dont aucun n'a été intercepté. Cette incapacité à abattre les projectiles ennemis illustre les difficultés rencontrées par les forces ukrainiennes, confrontées à une pénurie critique de munitions anti-balistiques, comme l'a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Des cibles civiles délibérément visées, selon Kiev

Les autorités ukrainiennes dénoncent une stratégie russe visant délibérément des infrastructures civiles. Le Premier ministre Serhi Koretsky a qualifié ces frappes de « terrorisme », affirmant que Moscou n'avait ciblé « aucune installation militaire ». Dans un communiqué, il a précisé : « Ces frappes n'ont aucun objectif militaire. La Russie élargit sa campagne de terreur en visant des entreprises qui servent des millions de personnes. »

Parmi les sites touchés figurent des entrepôts appartenant à des géants du commerce et de la logistique ukrainiens. Epicentre, leader national du bricolage, ROZETKA, première plateforme de vente en ligne du pays, et Nova Poshta, principal opérateur postal privé, ont vu leurs installations détruites. Selon Nova Poshta, les forces russes ont utilisé des munitions à sous-munitions lors de la frappe contre son centre de tri à Kyiv. La chaîne de supermarchés Silpo a également déploré la mort de six de ses employés, victimes d'incendies dans deux de ses centres de distribution.

Cette attaque s'inscrit dans une série de frappes russes ciblant délibérément le secteur civil. Mardi, un complexe d'entrepôts abritant des produits du fabricant ukrainien de glaces Lasunka avait déjà été détruit par des bombes planantes.

« Les intercepteurs de missiles balistiques sont quelque chose qui aurait pu sauver la vie de ceux qui sont morts aujourd'hui. Il est très important que les partenaires comprennent que les retards dans leur livraison ou la réticence à transférer des moyens antibalistiques entraînent de telles victimes et destructions terribles. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien, dans un message sur les réseaux sociaux

Kyiv dénonce une escalade de la terreur russe

Dans un contexte de guerre qui s'éternise, cette attaque marque une nouvelle étape dans l'escalade des violences contre les civils. Serhi Koretsky a annoncé que le gouvernement ukrainien organiserait prochainement une réunion avec les entreprises touchées par les frappes. « La Russie vise délibérément des fabricants, des sites commerciaux et des plateformes logistiques », a-t-il dénoncé, qualifiant ces actions de « campagne de terreur ».

Ces frappes surviennent alors que l'Ukraine tente de renforcer ses capacités de défense aérienne, dans un contexte de tensions croissantes avec Moscou. Les alliés occidentaux, notamment les États-Unis et plusieurs pays européens, ont déjà fourni des systèmes anti-aériens, mais les livraisons restent insuffisantes face à l'intensité des attaques russes. Zelensky a insisté sur l'urgence d'accélérer les transferts d'équipements, soulignant que chaque retard coûte des vies.

Et maintenant ?

Dans les prochaines heures, une réunion d'urgence du gouvernement ukrainien est prévue pour évaluer l'étendue des dégâts et préparer une réponse diplomatique. Kiev devrait également solliciter une aide accrue de ses partenaires internationaux, notamment pour le renforcement de ses défenses anti-balistiques. Du côté russe, aucune réaction officielle n'a encore été communiquée, mais cette attaque s'inscrit dans une stratégie plus large visant à affaiblir le moral et les infrastructures ukrainiennes.

Pour l'Ukraine, l'enjeu sera de convaincre ses alliés de l'urgence à fournir des équipements supplémentaires, alors que les combats s'intensifient sur plusieurs fronts. Une réunion des ministres de la Défense de l'Union européenne, prévue la semaine prochaine, pourrait être l'occasion d'aborder cette question.

Cette attaque rappelle l'importance des enjeux humanitaires dans un conflit qui dure depuis plus de deux ans. Alors que les négociations de paix restent au point mort, la communauté internationale pourrait être appelée à jouer un rôle plus actif pour protéger les populations civiles.

D'après l'armée de l'air ukrainienne, Moscou a tiré 28 missiles à grande vitesse, dont des missiles balistiques, ainsi que 115 drones lors de cette frappe nocturne contre Kyiv et sa région.

Parmi les sites civils ciblés figurent les entrepôts d'Epicentre (bricolage), ROZETKA (vente en ligne), Nova Poshta (logistique) et la chaîne de supermarchés Silpo, qui a déploré la mort de six employés.