Selon Le Figaro, la Russie a mené mardi 2 juin 2026 une série d’attaques massives contre plusieurs villes ukrainiennes, dont Kiev, la capitale. Ces frappes, ciblant notamment des infrastructures civiles, ont fait au moins cinq morts et plus de quarante blessés en 24 heures. Moscou intensifie depuis plusieurs mois ses offensives diurnes, tandis que Kiev riposte en multipliant les frappes de longue portée contre le territoire russe.

Ce qu’il faut retenir

  • Un mort et une vingtaine de blessés à Kiev après une attaque aux missiles balistiques, selon le chef de l’administration militaire de la ville, Tymour Tkatchenko.
  • Quatre morts et seize blessés à Dnipro, dont plusieurs dans un état grave, ainsi que dix blessés à Kharkiv, dont un enfant.
  • Un civil tué en Russie dans la région de Koursk après une frappe de drone ukrainien.
  • 211 missiles russes tirés en mai 2026, dont un missile balistique Orechnik de portée intermédiaire, utilisé pour la troisième fois depuis 2022.
  • 8 150 drones de longue portée lancés par Moscou en mai, soit une hausse de 24 % par rapport à avril, malgré une trêve de trois jours début mai.
  • Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait alerté le 30 mai sur une possible « nouvelle frappe massive » de la Russie.

Kiev visée par une attaque aux missiles balistiques

Une importante frappe russe a frappé Kiev mardi matin, faisant au moins un mort et une vingtaine de blessés, selon les autorités locales. Tymour Tkatchenko, chef de l’administration militaire de la ville, a confirmé sur Telegram que « vingt autres résidents » avaient été blessés dans l’attaque. « L’ennemi attaque avec des missiles balistiques », avait-il précisé plus tôt, soulignant la nature des projectiles utilisés. Après les explosions, des habitants se sont précipités vers les abris, certains chargés de sacs et de couvertures, tandis qu’un important panache de fumée s’élevait au-dessus de la capitale ukrainienne.

Dnipro et Kharkiv également touchées : bilan humain lourd

Dans l’est du pays, les villes de Dnipro et Kharkiv ont subi de lourdes pertes. À Dnipro, Oleksandr Ganja, chef de l’administration militaire régionale, a annoncé « quatre morts et au moins seize blessés », dont plusieurs dans un état grave. À Kharkiv, le maire Igor Terekhov a indiqué que « dix personnes avaient été blessées, dont un enfant », après une attaque combinant « quinze drones et deux missiles ». Ces frappes illustrent l’escalade des violences dans une région déjà fortement éprouvée par deux ans de guerre.

Un civil tué en Russie dans une frappe ukrainienne

Côté russe, un civil a trouvé la mort lundi 1er juin dans la région de Koursk, près de la frontière ukrainienne, après une attaque de drone ukrainien. Aleksandr Khinchtein, gouverneur de la région, a confirmé cette information sans préciser les circonstances exactes de l’incident. Cette réciprocité des frappes civiles souligne l’extension du conflit au-delà des champs de bataille traditionnels, avec des répercussions directes sur les populations.

Une escalade des hostilités en mai 2026

Le mois de mai 2026 a été marqué par une intensification sans précédent des attaques russes. Selon les données compilées par Le Figaro, Moscou a tiré 211 missiles contre l’Ukraine, un chiffre parmi les plus élevés depuis le début de l’invasion en 2022. Parmi ces projectiles, un missile balistique de portée intermédiaire Orechnik, capable de transporter des têtes nucléaires, a été utilisé pour la troisième fois depuis 2022. Parallèlement, la Russie a lancé 8 150 drones de longue portée en mai, soit une augmentation de 24 % par rapport à avril. Cette hausse s’est produite malgré une trêve de trois jours décrétée à partir du 9 mai, rapidement rompue par les deux camps, qui s’étaient mutuellement accusés de violations.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait d’ailleurs alerté dès le 30 mai sur les préparatifs d’une « nouvelle frappe massive » de la Russie. Dans ce contexte, Moscou a également appelé les diplomates étrangers à quitter Kiev, une mesure perçue comme une tentative de pression supplémentaire sur la résistance ukrainienne.

« Moscou prépare une nouvelle frappe massive contre l’Ukraine. » — Volodymyr Zelensky, président ukrainien, 30 mai 2026

Contexte : une guerre qui s’étend et s’intensifie

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, les attaques nocturnes étaient devenues une routine pour les Ukrainiens. Cependant, depuis quelques mois, Moscou a significativement accru ses frappes diurnes, forçant Kiev à renforcer sa propre capacité de riposte. L’Ukraine a notamment intensifié ses attaques de longue distance contre le territoire russe, ciblant des infrastructures stratégiques et des zones civiles. Cette stratégie de « miroir » illustre l’escalade d’un conflit qui, en juin 2026, montre peu de signes d’apaisement.

Les récents développements rappellent que la guerre ne se limite plus aux frontières ukrainiennes. Les frappes russes sur des villes comme Kiev ou Dnipro visent désormais à épuiser les défenses ukrainiennes et à fragiliser le moral de la population. De leur côté, les drones ukrainiens atteignant des régions russes comme Koursk démontrent que le conflit a débordé sur le sol même de l’agresseur, malgré les risques d’escalade internationale.

Et maintenant ?

Alors que les frappes continuent de s’intensifier des deux côtés, la question d’une possible escalade vers une confrontation plus large se pose. Les prochaines semaines pourraient voir une nouvelle série de négociations, mais celles-ci dépendront largement de l’évolution des dynamiques militaires sur le terrain. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée pour un éventuel sommet, et les deux camps maintiennent leurs positions. La communauté internationale, quant à elle, reste en alerte face au risque d’une extension du conflit au-delà des frontières ukrainiennes.

Dans ce contexte, la situation humanitaire risque de continuer à se dégrader, avec un impact croissant sur les populations civiles des deux pays. Les autorités ukrainiennes ont déjà appelé à une augmentation de l’aide internationale, tandis que la Russie maintient sa stratégie de pression maximale pour forcer Kiev à négocier.

Selon les analystes militaires cités par Le Figaro, cette stratégie vise à affaiblir les défenses ukrainiennes en saturant leurs systèmes de détection et en épuisant leurs ressources. Les frappes diurnes permettent également de maximiser l’impact psychologique sur la population et les autorités.

Le missile balistique Orechnik, d’une portée intermédiaire, est capable de transporter des têtes nucléaires. Son utilisation, même symbolique, envoie un message de dissuasion maximale de la part de Moscou, tout en testant la réaction de l’Ukraine et de ses alliés.