Dans le nord du Bénin, les régions agricoles subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique. Sécheresses prolongées, baisse des rendements et insécurité alimentaire menacent les populations locales, surtout dans la région de l’Atacora. Face à cette situation, un projet innovant de potagers scolaires, soutenu par l’UNICEF, cherche à sensibiliser les élèves tout en renforçant la sécurité alimentaire des communautés. Comme le rapporte France 24, cette initiative, d’abord testée avec succès, doit désormais être déployée à l’ensemble de la région.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet pilote de potagers scolaires a été lancé dans l’Atacora, une région du nord du Bénin particulièrement touchée par les effets du changement climatique.
- Ce programme, soutenu par l’UNICEF, vise à sensibiliser les élèves aux enjeux de l’agriculture durable et à améliorer la sécurité alimentaire locale.
- Après une phase expérimentale concluante, le projet doit être étendu à l’ensemble de la région.
Des potagers pour éduquer et nourrir
Lancé dans plusieurs écoles de l’Atacora, ce dispositif permet aux élèves de participer activement à la culture de légumes et de plantes aromatiques. L’objectif principal, selon les responsables du projet, est double : d’une part, former les jeunes générations aux pratiques agricoles résilientes face au climat ; d’autre part, produire des denrées qui pourront compléter les repas des élèves et, à terme, ceux des familles locales. « Ces potagers ne se limitent pas à un simple apprentissage technique, a expliqué un représentant de l’UNICEF. Ils incarnent une réponse concrète aux défis climatiques et alimentaires auxquels fait face cette région. »
Les variétés cultivées ont été choisies pour leur résistance aux conditions climatiques locales. Entre mil, sorgho, légumineuses et légumes-feuilles, les choix reflètent une stratégie d’adaptation aux sols appauvris et aux précipitations irrégulières. Les enseignants, formés au préalable, intègrent ces activités dans les programmes pédagogiques, mêlant théorie et pratique.
Un projet pilote qui fait ses preuves
Après une première phase menée dans une dizaine d’écoles, les résultats obtenus ont convaincu les autorités et les partenaires internationaux. Les rendements des cultures ont permis de fournir des repas supplémentaires à plus de 2 000 élèves, tandis que les élèves ont montré une meilleure compréhension des enjeux environnementaux. « Les enfants sont devenus des ambassadeurs de la lutte contre le changement climatique dans leurs villages, a précisé un responsable local. Ils ramènent chez eux des savoir-faire et des semences, ce qui amplifie l’impact du projet bien au-delà des murs de l’école. »
Ces premiers succès ont aussi permis de lever des fonds supplémentaires. Des organisations non gouvernementales et des bailleurs de fonds internationaux ont confirmé leur soutien pour un déploiement élargi. L’objectif affiché : atteindre une cinquantaine d’établissements d’ici fin 2027, puis étendre le concept à d’autres départements du nord du pays.
Un modèle reproductible face à l’urgence climatique
L’Atacora n’est pas la seule région africaine à subir les effets du réchauffement global. Partout sur le continent, les systèmes éducatifs et agricoles cherchent des solutions innovantes. Les potagers scolaires, combinant éducation, production alimentaire et résilience climatique, pourraient bien devenir un modèle à suivre. L’UNICEF, qui finance plusieurs projets similaires au Mali et au Burkina Faso, mise sur cette approche intégrée pour toucher des milliers d’enfants d’ici quelques années.
Pour autant, des défis subsistent. La formation des enseignants, l’accès à l’eau pour l’irrigation et la pérennité des financements restent des points de vigilance. « Ce qui fonctionne ici peut inspirer d’autres pays, a souligné un expert en agriculture durable. Mais chaque contexte est unique : il faudra adapter les techniques et les cultures aux réalités locales. »
Alors que les épisodes de sécheresse s’intensifient dans la sous-région, ces initiatives pourraient bien tracer la voie d’une adaptation collective. En attendant, élèves, enseignants et familles de l’Atacora ont déjà commencé à en récolter les premiers fruits.
Selon les responsables du projet, les cultures choisies sont prioritairement des variétés locales résistantes à la sécheresse, comme le mil, le sorgho, les légumineuses (niébé, arachide) et des légumes-feuilles tels que la morelle noire ou l’amarante. Ces plantes sont sélectionnées pour leur adaptabilité aux sols pauvres et aux précipitations irrégulières, caractéristiques de la région de l’Atacora.