Dix ans après l'attentat de Nice, la nation se recueille ce mardi 14 juillet. Une cérémonie d’hommage en mémoire aux 86 morts et plus de 400 blessés fauchés sur la promenade des Anglais aura lieu cet après-midi en présence d'Emmanuel Macron. Selon Franceinfo – Faits divers, les victimes et les témoins de cet attentat racontent leur longue reconstruction.
Ce soir-là, le 14 juillet 2016, Nice fêtait le 14-Juillet, lorsque vers 22h30, la promenade des Anglais bascula dans l'horreur : 86 morts, plus de 400 blessés. Badauds, soignants, secouristes… Cette soirée les marquera à jamais.
Ce qu'il faut retenir
- L'attentat de Nice a fait 86 morts et plus de 400 blessés le 14 juillet 2016.
- Les victimes et les témoins racontent leur longue reconstruction.
- Une cérémonie d’hommage en mémoire des victimes aura lieu le 14 juillet 2026 en présence d'Emmanuel Macron.
Les témoignages des victimes et des témoins
Carole Chantelot était venue admirer le feu d'artifice avec une amie. Elle a assisté à la course folle du camion, au chaos et à la mort qu'il semait autour de lui. « Il y a ma copine qui m'a attrapée et qui m'a dit : 'On s'en va, on se barre de là.' Elle pense, sur le moment, que ce sont des kamikazes. Là, aujourd'hui, ce qui me reste, c'est des flashs, c'est comme des photographies, en fait, et je pense que c'est mon cerveau qui se protège », se souvient-elle.
Elle n'a pas été blessée, mais dix ans après, le traumatisme est toujours là. Carole Chantelot a quitté le centre-ville pour s'installer sur les hauteurs de Nice. L'attentat, elle vit avec, comme les médicaments qu'elle prend depuis au quotidien. « Quand on survit à ce genre de choses, les gens nous disent : 'Allez, c'est bon, tu vas t'en remettre, tu as eu la chance de survivre.' Mais en fait, c'est pas une chance. J'ai dit, moi, avec ce que j'ai vécu, toute l'angoisse que j'ai vécue derrière, l'angoisse que je vis encore parfois aujourd'hui, il y a des fois, j'aurais préféré rester sous les roues », confie Carole Chantelot.
Les soignants et les secouristes
Jean-François Gonzalez, professeur et chef de Service de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique du CHU de Nice, était en première ligne ce soir-là. « Moi, j'ai passé 28 ans dans l'armée française. J'ai fait des missions dans de nombreux pays comme l'Afghanistan, le Mali, etc. Mais vous êtes préparé pour ça, vous savez que vous allez sur un théâtre de guerre. Là, c'est pas ça. Là, le contexte, c'est une fête. Le contexte, c'est des familles. Et donc, quand vous avez des brancards où les gens se tiennent la main et qui nous demandent : 'Est-ce que vous avez vu passer mon fils, est-ce que vous avez vu passer ma mère ?', c'est très différent », assure Jean-François Gonzalez.
Sur la promenade des Anglais, toute la nuit, les nombreux secouristes se sont relayés pour tenter de soigner les victimes. Le lieutenant-colonel Olivier Riquier, commandant des opérations le soir des attentats, s'est fait une promesse ce soir-là. « Je vois le terroriste et j'ai l'impression de lui parler, de lui dire : 'Voilà, je vais me battre contre toi, tu as voulu tuer le maximum de victimes, de gens. Nous, on va en sauver le maximum.' Ça va être le sens du combat des sapeurs-pompiers cette nuit-là », témoigne Olivier Riquier.
En conclusion, l'attentat de Nice a laissé des traces profondes chez les victimes et les témoins. Dix ans après, il est essentiel de se souvenir de cet événement et de continuer à soutenir ceux qui ont été touchés. La cérémonie d’hommage en mémoire des victimes sera une occasion de se recueillir et de rendre hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie ce soir-là.