Selon Courrier International, la scène chilienne du freestyle connaît un regain d’activité inédit depuis la pandémie de Covid-19, portée par des compétitions en plein air et l’émergence de jeunes talents. En avril 2026, la finale mondiale de la Red Bull Batalla de los Gallos à Santiago a attiré plus de 7 000 spectateurs, un succès qui illustre cette renaissance artistique et sportive.
Ce qu'il faut retenir
- La Red Bull Batalla de los Gallos a organisé en avril 2026 à Santiago une finale mondiale remportée par le rappeur chilien Efraín Reeve, alias « El Menor ».
- Plus de 7 000 personnes ont assisté à l’événement, marquant le retour en force des battles de freestyle après les années de pandémie.
- Les compétitions de rue, comme les DEM Battles, se multiplient à Santiago, avec une catégorie réservée aux mineurs de moins de 18 ans pour encourager les nouveaux talents.
- Des artistes comme El Menor, El Fusok, El Barto ou encore BTI, Destello et Zagacy popularisent le genre grâce à leurs vidéos virales sur les réseaux sociaux.
- Des initiatives locales, comme le centre d’entraînement de Martín « Acertijo » García ou la plateforme « Compeflow » de Cristián « Seo2 » Bórquez, structurent et démocratisent la pratique.
Des battles de rue qui séduisent une génération
Dans un parc de Santiago, des centaines de jeunes se rassemblent autour d’un cercle délimité par une corde bleue. Au centre, deux rappeurs s’affrontent en duel verbal, chacun cherchant à imposer sa créativité et son aisance avec les figures de style. Ici, pas de violence physique, mais un affrontement artistique où les rimes improvisées et les reparties cinglantes font office d’armes.
Selon La Tercera, cité par Courrier International, ces battles de freestyle ont connu un ralentissement après la pandémie. Les tentatives d’organiser des compétitions à huis clos n’ont pas convaincu, et le retour à une pratique en présentiel a mis plusieurs années à s’imposer. Pourtant, aujourd’hui, le phénomène séduit à nouveau massivement les jeunes Chiliens, portés par une nouvelle génération de compétiteurs.
Un vivier de talents révélé par les compétitions locales
Les DEM Battles, lancées en 2016 par les youtubeurs Diego et Matías Núñez, ont joué un rôle clé dans la massification des battles de freestyle. Ces compétitions de rue, organisées dans les parcs de la capitale, attirent désormais des centaines de participants, dont certains n’ont pas plus de 15 ans. Lors d’un événement récent, 150 jeunes se sont affrontés pour un droit d’inscription de 2 000 pesos (1,90 euro).
L’organisateur, Tomás Gutiérrez, alias « Cayú », ne cache pas son enthousiasme : «
Le freestyle renaît, au moins au Chili.» Une affirmation qui se vérifie lors des rassemblements géants, comme celui du parc Almagro en mai 2026, où plus de 7 000 personnes s’étaient déplacées.
La poésie chilienne, un terreau fertile pour le freestyle
Le succès du freestyle au Chili n’est pas surprenant dans un pays où la poésie occupe une place centrale dans la culture populaire. Patrie de Pablo Neruda et Gabriela Mistral, le Chili a toujours entretenu un lien fort avec l’art des mots. Le freestyle, qui mêle improvisation, rimes et figures de style, s’inscrit naturellement dans cette tradition.
Les compétitions réservées aux mineurs, comme les DEM Battles -18, visent à pérenniser cette dynamique en formant les talents de demain. Lors de ces duels, les jeunes participants impressionnent par leur maîtrise des techniques de composition, capables de construire des phrases à double sens ou de jongler avec les syllabes toniques.
Des figures montantes et des structures d’accompagnement
Le paysage chilien du freestyle est aujourd’hui animé par plusieurs artistes et passionnés qui contribuent à son essor. Parmi eux, El Menor, vainqueur de la Red Bull Batalla de los Gallos 2026, ou encore El Fusok et El Barto, dont les vidéos cumulent des millions de vues en ligne. Ces influenceurs inspirent une nouvelle vague de rappeurs, comme BTI, Destello ou Zagacy, qui se produisent dans les parcs ou sur les réseaux sociaux.
Côté encadrement, des initiatives comme le centre d’entraînement de Martín « Acertijo » García offrent aux jeunes un cadre pour progresser. Avec Edson « Tom Crowley » Herrera, il anime des ateliers où sont enseignés les rudiments du métier : tenir un micro, construire une rime, identifier une syllabe tonique ou maîtriser les figures littéraires. Une autre structure, la plateforme « Compeflow », développée par Cristián « Seo2 » Bórquez, facilite l’organisation de compétitions locales en mettant en relation organisateurs et participants.
Une chose est sûre : pour l’heure, les parcs de Santiago résonnent de rimes et de défis verbaux, et le public, souvent « en feu » à l’issue des battles, confirme que le freestyle a trouvé au Chili un terreau fertile pour durer.
Les DEM Battles, créées en 2016 par les youtubeurs Diego et Matías Núñez, se caractérisent par leur format de rue et leur accessibilité. Elles intègrent notamment une catégorie réservée aux mineurs (-18 ans), ce qui permet de former précocement de nouveaux talents. Contrairement à des compétitions plus formelles comme la Red Bull Batalla de los Gallos, elles misent sur un cadre décontracté mais structuré, avec des règles claires et un public présent sur place.