Une campagne intitulée « Oui à l’excision » a récemment fait surface au Mali, suscitant de vives réactions et ravivant un débat déjà sensible dans le pays. Selon nos confrères de BMF - International, cette initiative a provoqué une polémique nationale, alors que le Mali s’apprête à examiner une proposition de loi visant à renforcer les droits des femmes, incluant l’interdiction totale de l’excision.

Ce qu'il faut retenir

  • Une campagne intitulée « Oui à l’excision » circule au Mali, relançant les tensions autour de cette pratique.
  • Cette initiative intervient alors que le pays pourrait bientôt adopter une loi interdisant définitivement l’excision.
  • Le débat divise la société malienne, entre défenseurs des traditions et partisans des droits humains.
  • En 2026, le Mali reste confronté à des défis sécuritaires majeurs, ajoutant une pression supplémentaire sur les institutions.

Une campagne qui choque et divise

Selon BMF - International, la campagne « Oui à l’excision » a été lancée par des groupes conservateurs, qui militent pour le maintien de cette pratique au nom des traditions culturelles. Les promoteurs de cette initiative estiment que l’excision fait partie intégrante de l’identité malienne et qu’elle doit être préservée. Pourtant, cette position va à l’encontre des engagements internationaux du Mali, qui a signé des traités visant à éradiquer les mutilations génitales féminines.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Des associations féministes et des organisations de défense des droits humains ont immédiatement dénoncé cette campagne, la qualifiant de « régressive » et « dangereuse ». Pour elles, cette initiative risque de freiner les avancées législatives en cours, alors que le gouvernement malien examine actuellement un projet de loi interdisant définitivement l’excision.

Un débat qui s’inscrit dans un contexte politique tendu

Le Mali traverse une période particulièrement complexe. En 2026, le pays est toujours sous la menace des groupes jihadistes, qui multiplient les attaques dans le centre et le nord. Selon BMF - International, ces violences ont déjà coûté la vie à plusieurs centaines de personnes cette année, et ont forcé des milliers de Maliens à fuir leurs foyers. Dans ce contexte, la question de l’excision peut sembler secondaire, mais elle illustre les tensions profondes entre tradition et modernité.

Les autorités maliennes, déjà sous pression pour stabiliser le pays, doivent désormais gérer cette polémique. Le ministre de la Justice a indiqué que le projet de loi contre l’excision serait examiné « dans les meilleurs délais », mais sans préciser de calendrier. Pour les défenseurs des droits des femmes, chaque jour compte : selon l’UNICEF, plus de 85 % des femmes maliennes âgées de 15 à 49 ans ont subi une excision, un chiffre qui place le Mali parmi les pays les plus touchés au monde.

Les défis d’une loi contre l’excision

Si le Mali venait à adopter une loi interdisant l’excision, il rejoindrait la majorité des pays africains ayant déjà pris cette mesure. Pourtant, l’application de telles lois reste un défi de taille. Au Mali, comme dans de nombreux autres pays, les traditions et les croyances locales rendent difficile l’éradication complète de cette pratique. Les campagnes de sensibilisation menées par des ONG et des organisations internationales n’ont pas toujours suffi à convaincre les communautés rurales, où l’excision est souvent perçue comme un passage obligé pour les jeunes filles.

Un autre obstacle réside dans l’instabilité politique du pays. Les groupes jihadistes, qui contrôlent une partie du territoire, pourraient s’opposer frontalement à une telle loi, la présentant comme une imposition occidentale. Pour BMF - International, cela ajoute une couche de complexité à un débat déjà chargé.

« La loi ne suffira pas à elle seule à changer les mentalités. Il faut une approche globale, combinant éducation, dialogue communautaire et sanctions ciblées contre les praticiens. »
— Une responsable d’une ONG locale, citée par BMF - International.

Les réactions internationales

La polémique autour de la campagne « Oui à l’excision » a également attiré l’attention de la communauté internationale. Plusieurs pays européens, dont la France, ont réitéré leur soutien aux associations maliennes luttant contre cette pratique. Le Quai d’Orsay a rappelé que « la France condamne fermement les mutilations génitales féminines sous toutes leurs formes » et a appelé les autorités maliennes à « agir avec détermination ».

Pour autant, les observateurs soulignent que les pressions extérieures pourraient être contre-productives. « Une approche trop directe pourrait être perçue comme une ingérence, ce qui risquerait de braquer une partie de la population », explique un analyste spécialiste du Sahel. Cette nuance est d’autant plus importante que le Mali entretient des relations tendues avec certains de ses partenaires historiques.

Et maintenant ?

Le gouvernement malien devrait prochainement se prononcer sur le projet de loi interdisant l’excision. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier. En attendant, les associations locales multiplient les initiatives pour sensibiliser les communautés et préparer le terrain à une éventuelle application de la loi. Reste à savoir si ces efforts suffiront à faire évoluer les mentalités dans un contexte marqué par l’insécurité et les divisions politiques.

Ce débat, bien que spécifique, reflète les défis plus larges auxquels le Mali doit faire face : concilier modernité et tradition, sécurité et droits humains, tout en préservant sa souveraineté face à des pressions extérieures.

Il s’agit d’une initiative lancée par des groupes conservateurs au Mali, visant à promouvoir le maintien de l’excision au nom de la tradition culturelle. Selon BMF - International, cette campagne a suscité une vive polémique dans le pays.