Trente-neuf élèves et sept enseignants restent portés disparus depuis leur enlèvement mi-mai dans l’État d’Oyo, situé dans le sud-ouest du Nigeria. Selon RFI, les ravisseurs, identifiés par l’armée nigériane comme des membres de Boko Haram, seraient responsables de cette attaque survenue dans une école locale. Lundi 1er juin 2026, le syndicat des enseignants du Nigeria a appelé à une grève générale dans les établissements primaires et secondaires de l’État d’Oyo, afin de protester contre l’insécurité persistante et exiger le retour des otages.
Ce qu'il faut retenir
- 46 personnes — 39 élèves et 7 enseignants — enlevées mi-mai 2026 dans l’État d’Oyo, selon les autorités nigérianes.
- Les ravisseurs sont présentés par l’armée comme des jihadistes de Boko Haram, un groupe terroriste actif dans la région depuis des années.
- Une grève générale a été lancée le 1er juin 2026 dans les écoles primaires et secondaires de l’État d’Oyo.
- Le syndicat des enseignants nigérians exige des autorités un plan concret pour assurer la sécurité des écoles et le sauvetage des otages.
- L’État d’Oyo, bien que moins exposé que le nord du pays, subit une recrudescence des violences liées à l’insécurité.
Un enlèvement ciblé dans un État déjà sous tension
L’enlèvement de mi-mai dans l’État d’Oyo s’inscrit dans un contexte d’insécurité croissante au Nigeria, où les attaques de groupes armés se multiplient, notamment contre des établissements scolaires. Bien que le nord-est du pays soit traditionnellement plus touché par les activités de Boko Haram, des factions du groupe opèrent désormais dans le sud-ouest, où l’État d’Oyo est situé. Selon RFI, les autorités nigérianes ont confirmé l’implication de jihadistes dans cette affaire, une information corroborée par des sources locales.
Les circonstances exactes de l’enlèvement restent floues. Les médias locaux rapportent que les assaillants auraient pris d’assaut une école avant de s’enfuir avec leurs victimes. Les forces de sécurité nigérianes, qui mènent des opérations de recherche, n’ont pour l’instant retrouvé aucune trace des otages. Cette attaque rappelle d’autres enlèvements similaires survenus ces dernières années au Nigeria, où des centaines d’écoliers ont été kidnappés, suscitant l’indignation internationale.
La grève des enseignants, une réponse à l’échec des autorités
Le syndicat des enseignants du Nigeria a décidé de paralyser les écoles de l’État d’Oyo en réponse à l’inaction perçue des autorités face à l’insécurité. « Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions », a déclaré Michael Olukayode, porte-parole du syndicat, ajoutant que « la grève durera jusqu’à ce que le gouvernement prenne des mesures concrètes pour sécuriser nos écoles et libérer les otages ». Selon RFI, cette mobilisation s’accompagne de revendications plus larges, incluant une meilleure rémunération et des conditions de travail décentes pour les enseignants.
Les écoles de l’État d’Oyo, bien que moins exposées que celles du nord, subissent une pression croissante. Les enseignants dénoncent un manque de moyens pour protéger les élèves, tandis que les parents d’élèves expriment leur peur de voir leurs enfants ciblés. La grève, qui touche aussi bien les établissements publics que privés, risque de perturber l’année scolaire, déjà marquée par des fermetures temporaires liées à l’insécurité.
Cette crise illustre les défis sécuritaires persistants du Nigeria, où l’éducation des enfants est de plus en plus menacée. Alors que le gouvernement tente de rassurer la population, l’insécurité dans les écoles pourrait bien devenir un enjeu politique majeur à l’approche des prochaines élections.
Si Boko Haram est historiquement actif dans le nord-est du Nigeria, ses factions étendent désormais leurs opérations vers le sud, où l’État d’Oyo est situé. Le groupe, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché », cible régulièrement les écoles pour semer la terreur et déstabiliser les autorités. Ces attaques visent aussi à recruter de force des enfants et à perturber le système éducatif, considéré comme un symbole de l’influence occidentale.