Selon RFI, une recrudescence inhabituelle d’attaques de chacals dans le nord du Tchad, précisément dans la commune de Gouro (Ennedi-Ouest), alerte les autorités sanitaires et les organisations locales. Ces incidents, survenus au cours des dernières semaines, suscitent des craintes quant à une possible épidémie de rage parmi ces animaux. Une ONG locale, Nimè Tomba, a récemment interpellé les pouvoirs publics afin qu’ils prennent des mesures urgentes pour endiguer le risque.

Ce qu'il faut retenir

  • Plusieurs attaques de chacals signalées dans la commune de Gouro (Ennedi-Ouest, Tchad) ces dernières semaines.
  • L’ONG Nimè Tomba craint une contamination par la rage parmi ces animaux.
  • L’organisation exige la distribution de vaccins antirabiques et l’identification des individus potentiellement malades.
  • La province de l’Ennedi-Ouest, située dans le nord du pays, est en alerte sanitaire.
  • Aucun cas humain de rage n’a encore été déclaré officiellement.

Une province isolée sous surveillance accrue

L’Ennedi-Ouest, région désertique du nord du Tchad, est connue pour son isolement géographique et ses conditions climatiques rudes. Pourtant, depuis quelques semaines, c’est la santé publique qui préoccupe les habitants et les autorités. Plusieurs attaques de chacals ont été recensées dans la commune de Gouro, un phénomène rare dans cette zone. Nimè Tomba, une organisation non gouvernementale active dans la région, a été la première à tirer la sonnette d’alarme, évoquant un possible lien avec la rage.

« Ces attaques surviennent dans un contexte où les animaux errants représentent déjà un danger pour les populations locales », a indiqué un représentant de l’ONG. « Si ces chacals sont effectivement infectés, le risque de transmission à l’homme devient une menace réelle. » Selon les premiers signalements, au moins cinq attaques ont été enregistrées en l’espace d’un mois, sans qu’aucun cas humain ne soit pour l’instant confirmé.

Un appel à l’action immédiat

Face à cette situation, Nimè Tomba a formulé une série de revendications auprès des autorités tchadiennes. L’ONG exige en priorité la mise à disposition de vaccins antirabiques pour les animaux suspects, ainsi que des campagnes de vaccination ciblées. « Il est impératif d’agir rapidement pour éviter une épidémie », a souligné son porte-parole. « Nous avons besoin d’un plan d’urgence, avec des équipes capables d’identifier et d’isoler les animaux infectés. »

Les autorités locales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, mais des sources internes confirment que des discussions sont en cours avec le ministère de la Santé publique. « La situation est sous contrôle, mais nous prenons ces alertes très au sérieux », a précisé un responsable gouvernemental, sous couvert d’anonymat. « Des équipes vétérinaires sont en train d’évaluer la situation sur le terrain. »

Et maintenant ?

Les prochaines étapes devraient inclure l’envoi d’experts en zoonoses pour réaliser des prélèvements sur les animaux suspects, ainsi que des distributions de vaccins aux populations exposées. Une réunion interministérielle est prévue dans les prochains jours pour valider un plan d’action. Si aucun cas humain n’est détecté d’ici deux semaines, les autorités pourraient ajuster leur stratégie.

Un risque sanitaire qui dépasse les frontières locales

La rage, maladie virale mortelle en l’absence de traitement, circule déjà dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, notamment via des chiens errants. Au Tchad, où la couverture vaccinale animale reste faible, l’émergence d’un nouveau foyer chez les chacals pourrait aggraver la situation. « Cette espèce est un vecteur potentiel, mais pas le seul », rappelle un épidémiologiste contacté par RFI. « La vigilance doit être renforcée non seulement dans l’Ennedi-Ouest, mais aussi dans les régions voisines. »

Pour l’heure, les habitants de Gouro sont invités à éviter tout contact avec les animaux errants et à signaler immédiatement toute morsure. Les postes de santé locaux ont reçu des stocks de sérum antirabique, en prévision d’une éventuelle hausse des cas. « La prévention reste notre meilleure arme », a conclu un agent de santé du district.

RFI a tenté de joindre le gouverneur de l’Ennedi-Ouest pour recueillir ses commentaires, mais n’a pas obtenu de réponse à ce stade. La situation évolue rapidement et devrait faire l’objet d’un point régulier dans les prochains jours.

La rage se manifeste d’abord par des symptômes grippaux (fièvre, fatigue) avant d’évoluer vers des signes neurologiques comme l’hypersalivation, des difficultés à avaler, des hallucinations et une paralysie progressive. Une fois déclarée, la maladie est presque toujours mortelle. La vaccination post-exposition reste le seul traitement efficace.