Le gouvernement australien a présenté fin avril 2026 un projet de loi visant à contraindre les géants du numérique, dont Meta, Google et TikTok, à rémunérer les médias d’information locaux pour l’utilisation de leurs contenus, faute de quoi ils devront s’acquitter d’une compensation financière. Selon Le Figaro, Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, a vivement réagi en qualifiant ce texte de « grossièrement injuste » et en annonçant son opposition ferme à cette législation.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de loi australien prévoit que Meta, Google et TikTok négocient des accords commerciaux avec les médias locaux ou paient une compensation équivalant à 2,25 % de leur chiffre d’affaires en Australie, selon les déclarations du gouvernement.
- Meta dénonce une loi « discriminatoire, économiquement incohérente » et estime qu’elle ne permettra pas de garantir un secteur médiatique « durable et diversifié ».
- Plus de la moitié des Australiens s’informent désormais via les réseaux sociaux, un phénomène qui menace la viabilité des médias traditionnels.
- Le texte, qui doit être examiné par le Parlement australien d’ici la fin de l’année, s’inspire de mécanismes similaires déjà mis en place au Canada et en France.
Un projet de loi controversé pour rééquilibrer les revenus publicitaires
Le gouvernement travailliste australien justifie cette initiative par la nécessité de compenser la captation des revenus publicitaires par les plateformes numériques. Selon une étude de l’Université de Canberra, plus de 50 % des Australiens s’informent désormais via les réseaux sociaux, une tendance qui a fragilisé les médias traditionnels. Le projet de loi, dévoilé fin avril, impose aux géants du numérique de conclure des accords avec les éditeurs locaux sous peine de sanctions financières.
Concrètement, si Meta, Google ou TikTok refusent de négocier, ils devront verser une somme équivalant à 2,25 % de leur chiffre d’affaires réalisé en Australie, a précisé le gouvernement. Ces fonds seraient ensuite redistribués au secteur des médias d’information, a-t-il ajouté. Pour les partisans de ce texte, il s’agit de corriger un déséquilibre économique où les plateformes profitent des contenus journalistiques sans en partager les revenus.
Meta rejette en bloc la législation et menace de conséquences imprévues
Dans un communiqué publié jeudi, Meta a vivement critiqué le projet de loi australien, le qualifiant de « mal conçu » et de « grossièrement injuste ». Le groupe américain a souligné que cette législation ne permettrait pas, selon lui, de garantir un secteur médiatique « durable et diversifié », mais au contraire, risquait d’aggraver la situation des médias. « Nous nous opposons fermement à cette législation », a affirmé Meta, avant d’ajouter : « Elle est discriminatoire, économiquement incohérente et ne répond pas aux besoins des journalistes et du public australiens. »
Le géant américain a également mis en garde contre les conséquences potentielles de cette loi, sans préciser lesquelles. Pour autant, cette opposition ne semble pas surprenante : Meta a déjà été en conflit avec plusieurs gouvernements sur des questions similaires, notamment en Europe où des négociations sur la rémunération des médias sont en cours.
Un modèle inspiré d’autres pays, mais adapté aux spécificités locales
L’Australie n’est pas le premier pays à tenter de contraindre les plateformes numériques à rémunérer les médias. Le Canada a adopté en 2023 une loi similaire, inspirée du modèle australien initial de 2021, avant d’être modifiée sous la pression des géants du numérique. En France, un accord a été trouvé en 2022 entre Google et les éditeurs de presse, mais sans cadre législatif contraignant. L’Australie, elle, opte pour une approche plus radicale : la menace d’une compensation financière en cas de refus de négociation.
Cette stratégie reflète une volonté du gouvernement australien de ne pas reproduire les erreurs passées, où les médias locaux ont vu leurs revenus publicitaires fondre face à la domination des réseaux sociaux. « Les plateformes attirent les utilisateurs avec des informations et captent ainsi les revenus qui devraient revenir aux médias », a rappelé le gouvernement dans un communiqué.
Ce texte s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation des géants du numérique, où l’Australie joue un rôle pionnier. Cependant, son succès dépendra de sa capacité à concilier les intérêts des médias traditionnels et ceux des plateformes, sans étouffer l’accès à l’information pour les citoyens.
L’Australie cherche à corriger un déséquilibre économique : les plateformes comme Meta ou Google profitent des contenus journalistiques pour attirer des utilisateurs, mais ne partagent pas les revenus publicitaires avec les médias locaux. Selon le gouvernement, cette captation des revenus menace la survie des médias traditionnels, de plus en plus dépendants des annonceurs en ligne.
Le texte doit être examiné par le Parlement australien d’ici la fin de l’année 2026. Si adopté, Meta, Google et TikTok auront un délai pour négocier des accords avec les médias locaux. En cas de refus, ils devront payer une compensation équivalant à 2,25 % de leur chiffre d’affaires en Australie, reversée au secteur médiatique.