Un tournant majeur pour la diffusion vidéo en ligne vient d’être acté. Selon Frandroid, le successeur d’AV1, le codec actuellement utilisé par une partie de YouTube et Netflix, a été officiellement finalisé. Sur le papier, AV2 promet de réduire le poids des vidéos de près d’un tiers, une économie substantielle pour les plateformes de streaming et les utilisateurs.

Pour les géants du secteur, cette avancée technique représente bien plus qu’une simple amélioration algorithmique. Elle pourrait, à terme, alléger significativement les coûts de bande passante et optimiser l’expérience utilisateur. Reste à savoir quand ce codec sera effectivement déployé à grande échelle, un processus qui s’annonce long et complexe.

Ce qu'il faut retenir

  • AV2, successeur officiel d’AV1, a été finalisé par ses développeurs.
  • Le nouveau codec promet une réduction de 30 % du poids des vidéos en streaming.
  • YouTube et Netflix utilisent actuellement AV1 pour une partie de leur contenu vidéo.
  • Le déploiement d’AV2 à grande échelle pourrait prendre plusieurs années.
  • Cette innovation vise à réduire les coûts de bande passante pour les plateformes et les utilisateurs.

Un codec conçu pour révolutionner le streaming

Développé dans le cadre des travaux de l’AOMedia (Alliance for Open Media), AV2 s’inscrit dans la continuité d’AV1, introduit en 2018. Ce dernier s’est progressivement imposé comme un standard ouvert pour le streaming, notamment sur YouTube et Netflix, où il permet de compresser les vidéos sans perte majeure de qualité. Selon les experts, AV2 va encore plus loin en optimisant davantage l’efficacité de la compression.

Les premières estimations évoquent une économie de 30 % sur le poids des fichiers vidéo, un chiffre confirmé par les promoteurs du projet. « AV2 marque une étape décisive dans l’évolution des codecs vidéo », a souligné un porte-parole de l’AOMedia. « Il ne s’agit pas seulement d’une amélioration technique, mais d’une réponse aux enjeux croissants de la consommation de données en ligne. »

YouTube et Netflix, premiers concernés, mais pas avant quelques années

Les plateformes comme YouTube et Netflix, qui comptent parmi les principaux utilisateurs d’AV1, sont naturellement en première ligne pour adopter AV2. D’après Frandroid, leur intégration dépendra de plusieurs facteurs, notamment la compatibilité des terminaux et des logiciels. « Le déploiement ne sera pas immédiat », précise une source proche du dossier. « Il faudra attendre que les fabricants de puces, de cartes graphiques et les systèmes d’exploitation intègrent pleinement ce nouveau codec. »

Côté utilisateurs, les gains pourraient se traduire par des vidéos plus fluides et des temps de chargement réduits, surtout dans les régions où la connexion internet est moins performante. Pour les plateformes, l’enjeu est avant tout économique : réduire la consommation de bande passante signifie des coûts opérationnels moindres.

Un marché en pleine mutation, entre concurrence et interopérabilité

Le secteur des codecs vidéo est un marché hautement concurrentiel, où se côtoient des acteurs comme MPEG LA (détenteur de brevets liés à H.264 et H.265) et l’AOMedia, qui mise sur des standards ouverts. AV2 s’inscrit dans cette dynamique en offrant une alternative libre de droits, contrairement à certains formats propriétaires.

Pour l’instant, les détails techniques d’AV2 restent confidentiels, mais les premières démonstrations promettent une compatibilité ascendante avec AV1. « Les développeurs ont travaillé sur des algorithmes plus intelligents pour réduire les artefacts et améliorer la qualité à débit égal », explique un ingénieur spécialisé. « Cela pourrait aussi faciliter l’adoption par les créateurs de contenu. »

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à finaliser les spécifications techniques détaillées et à lancer les premières phases de tests. Selon Frandroid, une période de validation d’au moins deux ans est envisagée avant un déploiement généralisé. D’ici là, les utilisateurs ne devraient pas remarquer de différence immédiate, mais les plateformes pourraient commencer à tester AV2 en interne d’ici fin 2026.

Une adoption progressive, conditionnée par l’écosystème

L’histoire des codecs vidéo montre que leur adoption dépend autant de leur performance que de leur intégration par l’industrie. Après l’arrivée d’AV1 en 2018, plusieurs années ont été nécessaires pour voir son adoption se généraliser. Pour AV2, le calendrier pourrait suivre une trajectoire similaire.

Les fabricants de puces comme NVIDIA, AMD ou Intel devront intégrer le support d’AV2 dans leurs produits, tandis que les systèmes d’exploitation (Windows, macOS, Linux) et les navigateurs web devront suivre. « Sans un écosystème complet, le codec restera cantonné à des usages limités », rappelle un analyste du secteur. « Les géants du streaming ont tout intérêt à accélérer ce processus. »

À ce stade, aucune date officielle n’a été communiquée pour le lancement commercial d’AV2. Les observateurs s’attendent à ce que les premières annonces concrètes interviennent d’ici la fin de l’année 2026, avec un déploiement plus large prévu pour 2028 au plus tôt.

L’adoption d’un nouveau codec vidéo dépend de plusieurs facteurs : l’intégration matérielle (puces, cartes graphiques), la compatibilité logicielle (systèmes d’exploitation, navigateurs) et la volonté des plateformes de streaming. Sans un écosystème complet, le codec ne peut être utilisé que de manière limitée.