Le Palestinien Aziz Abu Sarah et l’Israélien Maoz Inon publient ensemble un ouvrage intitulé « La paix est notre avenir », comme le rapporte Le Monde. Ce livre à quatre mains propose une réflexion sur leur engagement en faveur de la réconciliation, malgré un contexte marqué par une violence persistante au Proche-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Aziz Abu Sarah, Palestinien, et Maoz Inon, Israélien, ont tous deux perdu des proches dans le conflit israélo-palestinien.
- Leur livre, « La paix est notre avenir », est publié alors que la violence au Proche-Orient reste exacerbée.
- Les deux auteurs défendent l’idée que le courage consiste à dépasser les récits dans lesquels on est né.
- Leur engagement s’inscrit dans une volonté de donner des raisons d’espérer, malgré l’intensité du conflit.
Deux parcours marqués par le deuil et la volonté de dialoguer
Aziz Abu Sarah, originaire de Jérusalem-Est, et Maoz Inon, issu d’une famille israélienne, ont tous deux été profondément affectés par le conflit. Selon Le Monde, le premier a perdu son frère lors d’une opération militaire israélienne en 2002, tandis que le second a vu sa famille endeuillée par un attentat palestinien en 2003. Pourtant, ces épreuves n’ont pas nourri leur rancœur, mais ont renforcé leur détermination à œuvrer pour la paix.
Leur livre, coécrit, explore leur parcours respectif et leur rencontre improbable. « La paix est notre avenir » s’articule autour de témoignages et d’analyses, offrant une perspective humaine et concrète sur la possibilité d’un dialogue, malgré l’adversité. Pour eux, la paix n’est pas une utopie, mais une nécessité tangible.
Un message de courage et de dépassement des récits nationaux
Dans leur ouvrage, Aziz Abu Sarah et Maoz Inon insistent sur l’importance de sortir de sa « zone de confort » et de questionner les récits dans lesquels on a grandi. « Le courage, c’est de sortir de sa zone de confort et du récit dans lequel on est né », a déclaré Aziz Abu Sarah à Le Monde. Cette idée, centrale dans leur livre, reflète leur conviction que la paix passe par une remise en question des narratives opposées.
Maoz Inon, de son côté, a souligné que leur collaboration était un acte de résistance contre la normalisation de la violence. « Nous refusons de laisser le conflit définir nos identités », a-t-il précisé. Leur démarche s’inscrit dans une logique de reconstruction, où la mémoire des victimes ne devient pas un prétexte à la haine, mais un moteur pour construire un avenir commun.
Un contexte toujours tendu malgré les initiatives de paix
La publication de « La paix est notre avenir » intervient alors que le conflit israélo-palestinien reste marqué par une escalade de violences. Depuis le début de l’année 2026, les affrontements entre les deux parties se sont intensifiés, avec des bilans humains toujours plus lourds. Selon Le Monde, les négociations de paix, bien que sporadiques, n’ont pas abouti à une avancée significative, laissant les populations civiles dans une situation précaire.
Pourtant, Aziz Abu Sarah et Maoz Inon estiment que leur livre apporte une voix différente dans ce paysage. « Nous voulons montrer qu’il existe des alternatives à la spirale de la violence », a indiqué Maoz Inon. Leur approche repose sur des initiatives locales, comme des ateliers de dialogue ou des projets communs, visant à rétablir un lien entre les communautés.
Le livre sera disponible en librairie à partir du 15 août 2026, avec une édition numérique accessible dès le 12 août. Les bénéfices des ventes seront en partie reversés à des associations œuvrant pour le dialogue interculturel au Proche-Orient.
Alors que la situation sur le terrain reste volatile, Aziz Abu Sarah et Maoz Inon rappellent que la paix se construit aussi par des gestes concrets, jour après jour.
Les deux militants, bien que issus de camps opposés, partagent une vision commune : celle d’un avenir où les récits nationaux ne dictent plus les relations entre Israéliens et Palestiniens. Leur livre est le fruit de leur rencontre et de leur engagement commun pour le dialogue, malgré les traumatismes personnels qu’ils ont subis.