Depuis que le détroit d’Ormuz est devenu un point de tension majeur entre l’Iran et les États-Unis, l’attention se porte à nouveau sur le détroit de Bab el-Mandeb. Selon RFI, cette voie maritime, située entre le Yémen, Djibouti et l’Érythrée, concentre aujourd’hui une partie significative du trafic pétrolier saoudien. En effet, Riyad achemine désormais près de la moitié de ses exportations de pétrole via ses ports situés sur la mer Rouge, évitant ainsi les risques liés à l’instabilité persistante autour d’Ormuz.

Ce qu'il faut retenir

  • Le détroit de Bab el-Mandeb est devenu une route alternative majeure pour les exportations pétrolières saoudiennes, représentant près de 50 % du total.
  • Les Houthis, rebelles yéménites soutenus par l’Iran, ont annoncé un embargo maritime contre l’Arabie saoudite le 20 juillet 2026.
  • Cette mesure relance les craintes d’une escalade du conflit au Yémen et menace la stabilité de la région.
  • Le détroit de Bab el-Mandeb, avec le canal de Suez, est l’une des plus importantes voies maritimes mondiales pour le transport de pétrole.

D’après les dernières informations rapportées par RFI, la décision saoudienne de privilégier les ports de la mer Rouge s’explique par les tensions croissantes autour du détroit d’Ormuz. Ce dernier, situé entre l’Iran et les Émirats arabes unis, est depuis des années un foyer de confrontations indirectes entre Téhéran et Washington. En contournant cette zone, l’Arabie saoudite limite les risques liés aux blocus ou aux attaques contre ses tankers. Pourtant, cette stratégie expose désormais ses convois à une autre menace : celle des Houthis au Yémen.

Le 20 juillet dernier, les rebelles yéménites ont officiellement déclaré un embargo maritime contre l’Arabie saoudite. Cette annonce, relayée par RFI, intervient après plusieurs mois de tensions accrues dans la région. Les Houthis, qui contrôlent une grande partie du territoire yéménite depuis 2014, ont déjà multiplié les attaques contre des navires liés à Riyad ou à ses alliés. Ces opérations, souvent menées à l’aide de drones et de missiles, avaient connu une accalmie ces dernières années, mais semblent reprendre de plus belle.

Bab el-Mandeb n’est pas qu’une simple route maritime pour le pétrole saoudien. Avec le canal de Suez, il forme l’un des points de passage les plus stratégiques au monde, emprunté chaque jour par des dizaines de navires transportant des millions de barils de pétrole. Une perturbation prolongée de cette voie pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la région. Les analystes craignent notamment une hausse des prix de l’énergie et des tensions supplémentaires sur les marchés internationaux.

« Les attaques des Houthis contre les navires dans le détroit de Bab el-Mandeb ne sont pas nouvelles, mais leur intensification récente pourrait forcer la communauté internationale à revoir ses priorités dans la région », a expliqué un expert en sécurité maritime cité par RFI.

Côté saoudien, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à l’embargo annoncé par les Houthis. Cependant, Riyad a déjà renforcé ses mesures de sécurité dans la zone, déployant notamment des systèmes de défense aérienne et des patrouilles navales. Une réponse militaire directe semble peu probable pour l’instant, mais l’Arabie saoudite pourrait exercer des pressions diplomatiques ou économiques pour faire plier les rebelles yéménites.

Et maintenant ?

La situation reste très volatile. Si les Houthis maintiennent leur embargo, les compagnies pétrolières pourraient être contraintes de suspendre temporairement leurs livraisons, ou de les détourner vers d’autres routes, comme le cap de Bonne-Espérance. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, prévue pour la mi-août, pourrait aborder cette escalade. Quant au Yémen, le risque d’un nouveau conflit ouvert avec l’Arabie saoudite plane désormais au-dessus d’une région déjà dévastée par des années de guerre.

Bab el-Mandeb illustre une fois de plus comment les tensions géopolitiques locales peuvent avoir des répercussions globales. En 2015 déjà, la prise de contrôle de ce détroit par les Houthis avait provoqué une crise majeure, perturbant le trafic maritime et faisant flamber les prix du pétrole. Aujourd’hui, alors que le monde peine à se relever des crises énergétiques récentes, la stabilité de cette région devient un enjeu crucial pour l’économie mondiale.

Parce qu’il permet à Riyad d’éviter les risques liés au détroit d’Ormuz, où l’Iran et les États-Unis s’affrontent indirectement. Environ 50 % des exportations pétrolières saoudiennes transitent désormais par la mer Rouge via ce détroit.