Avec un démarrage exceptionnel au box-office américain et une audience record en streaming, le film Backrooms, produit par A24, s’impose comme le plus gros succès commercial de la société depuis sa création. Selon Journal du Geek, ce long-métrage marque un tournant : Hollywood n’aurait plus besoin des stars pour garantir le succès d’un film. Un constat qui interroge les stratégies traditionnelles des studios.
Ce qu'il faut retenir
- Le film Backrooms, produit par A24, réalise le meilleur démarrage de l’histoire de la société aux États-Unis.
- Contrairement aux blockbusters classiques, le succès du film ne repose pas sur des acteurs stars, mais sur son univers et son scénario.
- Cette performance soulève des questions sur l’avenir des recettes hollywoodiennes, traditionnellement dépendantes des célébrités.
- A24 mise désormais sur des franchises comme Backrooms pour pérenniser son modèle économique.
Le film, sorti en salles le 28 mai 2026, a engrangé plus de 120 millions de dollars en une semaine aux États-Unis, un chiffre inédit pour une production indépendante. Selon Journal du Geek, cette performance dépasse de loin les attentes des analystes, qui tablaient sur un score modeste pour un film d’horreur sans tête d’affiche connue. Pourtant, c’est bien le concept même de Backrooms – ces couloirs infinis et angoissants inspirés de la mythologie internet – qui a séduit le public, bien plus que les habituels visages familiers des écrans.
Ce phénomène n’est pas isolé. Depuis deux ans, plusieurs productions indépendantes ou issues de studios alternatifs ont prouvé qu’un film pouvait cartonner sans s’appuyer sur des stars. Des titres comme Talk to Me ou Smile avaient déjà démontré cette tendance, mais Backrooms l’amplifie avec une ampleur inédite. « Le public est en quête d’authenticité et d’expériences nouvelles, explique un distributeur sous couvert d’anonymat. Les spectateurs ne veulent plus voir les mêmes visages à chaque fois. Ils cherchent des histoires qui les surprennent. »
Un modèle économique en mutation
Pour A24, qui a longtemps bâti sa réputation sur des films d’auteur ou des productions à petit budget, Backrooms représente une opportunité stratégique majeure. La société, connue pour son indépendance et son approche risquée, mise désormais sur des franchises comme celle-ci pour assurer sa pérennité. « Nous n’avons pas besoin de Tom Cruise ou de Margot Robbie pour remplir les salles, affirme Daniel Katz, cofondateur d’A24. Notre force, c’est de créer des univers qui captivent le public et de les exploiter sur plusieurs années. »
Le succès de Backrooms ouvre la voie à d’autres adaptations de mythes internet ou de concepts similaires. Plusieurs studios ont déjà acquis les droits de récits viraux pour en faire des films ou des séries. « Côté productions, c’est une manne, confie un producteur parisien. Les communautés en ligne regorgent d’histoires prêtes à être adaptées. » La stratégie ? Capitaliser sur l’engouement des fans sans avoir à investir des sommes colossales dans des campagnes marketing.
Hollywood en pleine réflexion
Les majors traditionnelles, qui misent depuis des décennies sur des franchises portées par des stars, commencent à s’interroger. « Backrooms prouve que le public peut être fidèle à une licence, pas seulement à un acteur », souligne une étude du cabinet Exhibitor Relations. Pourtant, les budgets alloués aux blockbusters restent colossaux. « Tant que les studios pourront justifier un investissement de 200 millions de dollars avec des retours garantis grâce à une star, ils continueront dans cette voie », tempère un analyste du secteur.
Certains réalisateurs indépendants voient dans ce phénomène une opportunité. « Cela donne une chance aux cinéastes qui n’ont pas accès aux réseaux des stars, commente Julia Ducournau, réalisatrice primée. Cela peut permettre une plus grande diversité de voix. » Reste à savoir si cette tendance se confirmera sur le long terme ou si elle restera cantonnée à des niches comme l’horreur ou la science-fiction.
Pour l’heure, les réactions des professionnels du secteur restent prudentes. Certains y voient une évolution nécessaire du cinéma, d’autres un simple phénomène de mode. Une certitude, en revanche : Backrooms a marqué un tournant, et Hollywood ne pourra plus ignorer cette tendance.
Le succès du film repose sur son univers unique et son ancrage dans la culture internet, bien plus que sur un casting connu. Les spectateurs ont répondu à une histoire originale et immersive, plutôt qu’à un attachement à des acteurs spécifiques. Selon Journal du Geek, cette performance reflète une demande croissante pour des expériences cinématographiques nouvelles.