Dans un rapport publié lundi 31 août, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan formule onze recommandations pour améliorer les performances des élèves français, parmi lesquelles la revalorisation des salaires des enseignants et la réduction de la taille des classes. Selon nos confrères du Figaro, cette proposition s’appuie sur les marges de manœuvre budgétaires générées par la baisse démographique, déjà observable dans le premier degré et qui s’étendra prochainement au collège.
Ce qu'il faut retenir
- Le Haut-commissariat à la Stratégie propose d’utiliser les marges budgétaires issues de la baisse démographique pour revaloriser les salaires des enseignants et réduire la taille des classes.
- Parmi les onze recommandations figurent l’instauration d’une semaine de quatre jours et demi de cours, l’évaluation des manuels scolaires et la spécialisation des professeurs des écoles.
- Le rapport souligne que la France réforme trop souvent son système éducatif et plaide pour des réformes évaluables et publiquement rendues accessibles.
En conférence de presse, Pierre-Yves Cusset, chef de projet au département société et politiques sociales du Haut-commissariat, a souligné : « La baisse des effectifs scolaires, qui concerne déjà le premier degré, et qui va se diffuser au collège, nous laisse a priori des marges de manœuvre budgétaires. » Il a précisé que « une partie de ces marges devrait être utilisée pour poursuivre la baisse de la taille des classes et pour revaloriser les rémunérations des enseignants puisque l’on a un problème d’attractivité ».
Le rapport, qui dresse un constat sévère des faibles performances des élèves français comparées à celles des pays de l’OCDE, insiste sur la nécessité d’agir rapidement. Parmi les mesures phares, il suggère notamment d’instaurer une semaine de quatre jours et demi de cours « au minimum », comme c’est la norme dans la plupart des pays membres de l’organisation. Les auteurs recommandent également d’évaluer les manuels scolaires, estimant que « tous ne se valent pas », et d’expérimenter une spécialisation des professeurs des écoles, reconnue par des certifications adaptées aux cycles d’apprentissage ou aux disciplines enseignées.
Côté formation des enseignants, le Haut-commissariat préconise de recentrer les programmes sur « l’observation de la pratique en classe » et sur « la mise en œuvre d’approches pédagogiques et didactiques fondées sur les résultats de la recherche ». Le rapport pointe un déséquilibre : « Le souci légitime de favoriser une posture active de la part des élèves a pu conduire à moins investir les outils et les pratiques qui permettent un ancrage durable des connaissances. »
« La France réforme souvent son éducation nationale, sans doute trop souvent. Il faut laisser le temps aux réformes et à leurs évaluations de produire leurs résultats. »
— Extrait du rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan
Les auteurs du rapport écartent l’hypothèse d’un lien entre les difficultés des élèves et les volumes horaires consacrés aux mathématiques ou au français, qui sont, en France, supérieurs à la moyenne européenne à l’école élémentaire. En revanche, ils relèvent des volumes d’instruction en sciences particulièrement faibles. Pour améliorer l’efficacité des réformes, le Haut-commissariat recommande qu’elles soient « évaluables » et que leurs résultats, notamment sur les performances des élèves, soient rendus publics.
Ce diagnostic intervient dans un contexte où l’attractivité du métier d’enseignant est régulièrement questionnée. Les rémunérations, souvent pointées comme insuffisantes au regard des responsabilités et de la charge de travail, figurent ainsi au cœur des préoccupations. La baisse des effectifs scolaires, liée à la démographie, offre selon les auteurs une opportunité inédite de financer ces mesures sans alourdir davantage le budget de l’État.
Au-delà de ces mesures, le rapport soulève une question plus large : celle de la stabilité des réformes éducatives en France. Entre les changements de programmes, les ajustements des rythmes scolaires et les alternances politiques, les enseignants et les élèves peinent parfois à s’adapter. Le Haut-commissariat rappelle ainsi que « la France réforme souvent son éducation nationale, sans doute trop souvent », et appelle à une approche plus mesurée, où les évaluations précéderaient de nouvelles initiatives.
Le rapport du Haut-commissariat à la Stratégie propose notamment d’instaurer une semaine de quatre jours et demi de cours, d’évaluer les manuels scolaires, d’expérimenter une spécialisation des professeurs des écoles, de recentrer la formation des enseignants sur la pratique en classe et les méthodes pédagogiques fondées sur la recherche, et de rendre publics les résultats des réformes éducatives. Il recommande également d’évaluer l’impact des volumes horaires en sciences et de limiter la fréquence des réformes pour en mesurer l’efficacité.