C’est un exploit sportif et une performance physique exceptionnelle qu’a accompli Bartłomiej « Foka » Kubkowski. Selon Euronews FR, le nageur polonais a traversé la mer Baltique à la nage ce dimanche 6 août 2026, en reliant la Suède à la Pologne en 55 heures. Il a parcouru 160 kilomètres, établissant ainsi un nouveau record du monde dans cette discipline.

Cette traversée, initialement prévue pour une collecte de fonds au profit de la Fondation Cancer Fighters, a permis de récolter près de 850 000 zlotys, soit environ 197 500 euros. La collecte se poursuit toujours, selon les informations communiquées par l’organisation. Kubkowski a touché terre sur la plage de Dziwnów, en Pologne, vers 20 heures, validant ainsi son défi.

Ce qu'il faut retenir

  • Bartłomiej « Foka » Kubkowski a traversé la mer Baltique à la nage sur 160 km en 55 heures.
  • Il s’agit d’un record du monde pour cette épreuve.
  • La traversée a permis de récolter 850 000 zlotys (environ 197 500 euros) pour la lutte contre le cancer.
  • Cette performance fait suite à cinq tentatives, dont une en 2025 où il avait parcouru 159 km.
  • Kubkowski a dû affronter des hallucinations et une fatigue extrême en fin de parcours.
  • L’équipe d’assistance a joué un rôle clé dans la réussite du projet.

Un défi déjà tenté à cinq reprises

Cette traversée réussie marque l’aboutissement de cinq tentatives pour Kubkowski. Selon Euronews FR, le nageur avait déjà frôlé la réussite en 2025, lorsqu’il avait couvert 159 km avant de s’arrêter à seulement 11 km de son objectif. La mer Baltique, avec ses eaux froides et ses conditions changeantes, représente un environnement hostile pour les nageurs, même les plus expérimentés.

Dès le début de l’année 2026, Kubkowski s’est préparé avec une rigueur extrême. Selon les déclarations de Marcin Cieślak, membre de son équipe, rapportées par l’agence PAP, le sportif a suivi un entraînement intensif : « Bartek a décidé de se lancer dans cette traversée au début de l’année et, depuis lors, il s’est livré à des entraînements brutaux qui duraient parfois jusqu’à un jour et demi. Il passait des nuits blanches, nageait la nuit, parcourait des dizaines de kilomètres en piscine », a précisé Cieślak.

Une traversée semée d’embûches physiques et mentales

Kubkowski n’a pas seulement affronté la distance. Il a également dû gérer des conditions météorologiques difficiles, avec des vagues importantes et une eau dont la température n’excédait pas 16 °C au large des côtes suédoises. Son équipe a dû s’adapter à ces contraintes : le nageur ne pouvait pas toucher le bateau d’assistance, ses repas lui étant servis à l’aide de perches spéciales. Cette logistique complexe a joué un rôle crucial dans la réussite de l’expédition.

Mais c’est surtout la fatigue extrême qui a marqué les dernières heures de la traversée. Selon Kacper Dereń, membre de l’équipe d’assistance, la fatigue la plus intense survient après la 50e heure : « À ce moment-là, l’organisme est déjà tellement épuisé qu’il réclame l’arrêt de l’effort. Cela s’est passé de la même manière cette fois-ci. À un certain moment, Bartek a commencé, de manière tout à fait inattendue, à changer de direction. Puis il s’est arrêté et a demandé où nous allions au juste », a-t-il expliqué à WP SportoweFakty.

Des hallucinations en fin de parcours, surmontées grâce à l’équipe

Alors qu’il approchait de l’arrivée, Kubkowski a commencé à avoir des hallucinations. Il a cependant su alerter son équipe, qui a pu réagir rapidement. « En ce qui concerne les hallucinations, Bartek nous a signalé, vers la fin du parcours, qu’il voyait toutes sortes de choses étranges. Mais ce qui m’inquiétait davantage, c’était la perte de conscience et ces questions bizarres », a indiqué Kacper Dereń aux médias. L’équipe a alors adapté son soutien en lui donnant des repas supplémentaires pour lui redonner de l’énergie.

Ces derniers kilomètres ont aussi été marqués par une perte de repères. Kubkowski a demandé à plusieurs reprises à l’équipe où il nageait, ce qui est une réaction naturelle après un effort aussi long et ininterrompu. Un petit détail a cependant marqué cette étape : une bouteille de Coca-Cola lancée à la mer par l’équipe d’assistance. Lorsqu’il l’a récupérée et demandée confirmation qu’il pouvait la boire, sa joie a été immédiate, selon Dereń : « Lorsqu’il a reçu la confirmation, il était fou de joie ».

« Bartek nous a signalé, vers la fin du parcours, qu’il voyait toutes sorts de choses étranges. Mais ce qui m’inquiétait davantage, c’était la perte de conscience et ces questions bizarres. »
— Kacper Dereń, membre de l’équipe d’assistance de Kubkowski

Une arrivée à l’hôpital pour des examens approfondis

À peine sorti de l’eau, Kubkowski a été transporté à l’hôpital local de Dziwnów pour subir une série d’examens médicaux. Interrogé sur le rivage, il a simplement répondu, avec une pointe d’humour malgré l’épuisement : « Je suis tellement fatigué que je ne sais pas encore » ce que cela fait de traverser la mer Baltique à la nage. Son état de santé n’a pas été précisé dans l’immédiat, mais son équipe a indiqué qu’il était sous surveillance médicale.

Cette performance s’inscrit dans une dynamique personnelle forte pour Kubkowski, qui a su transformer ses échecs passés en une réussite historique. Son record pourrait inspirer d’autres nageurs à relever ce type de défi extrême, tout en soulignant l’importance de la préparation physique et mentale dans les épreuves d’endurance.

Et maintenant ?

Alors que la collecte de fonds se poursuit pour la Fondation Cancer Fighters, l’équipe de Kubkowski devrait analyser en détail les données recueillies pendant la traversée. Pour l’instant, aucune annonce n’a été faite concernant de prochaines tentatives ou projets similaires. Reste à savoir si ce record sera officiellement homologué par les instances internationales du sport, une formalité qui pourrait prendre plusieurs semaines.

Cette traversée rappelle également les enjeux liés aux défis sportifs extrêmes, où la frontière entre performance et risque médical est souvent ténue. Kubkowski a non seulement repoussé ses propres limites, mais a aussi contribué à une cause humanitaire, prouvant que l’effort sportif peut servir une noble ambition.

Selon les données disponibles, la température de l’eau en mer Baltique au large des côtes suédoises en août varie généralement entre 15 et 18 °C, ce qui explique en partie les difficultés rencontrées par Kubkowski pendant sa traversée.

Au moment de l’arrivée de Kubkowski, la collecte avait permis de récolter 850 000 zlotys, soit environ 197 500 euros. L’objectif final n’a pas été précisé, mais la collecte se poursuit toujours, selon les informations communiquées par l’organisation.