Le zoo de Beauval, plus grand parc zoologique de France, a annoncé le 25 août qu’il renonçait définitivement à son projet de delphinarium ultramoderne, selon Reporterre. Ce projet, initié il y a plus d’un an à la demande du gouvernement, prévoyait la création d’un lagon artificiel avec vagues et courants, destiné à accueillir douze dauphins en provenance du Marineland d’Antibes.
Ce qu'il faut retenir
- Le zoo de Beauval abandonne son projet de delphinarium ultramoderne, validé par le gouvernement et annoncé en 2025.
- Le site devait comprendre un lagon avec vagues et courants artificiels, conçu comme un « sanctuaire terrestre ».
- Douze dauphins du Marineland d’Antibes devaient être transférés dans ce nouveau delphinarium.
- L’annonce a été faite par Rodolphe Delord, directeur du parc de Beauval, le 25 août 2026.
- Le projet s’inscrivait dans une volonté de modernisation des delphinariums en France.
Un projet ambitieux né sous l’impulsion du gouvernement
Porté par Rodolphe Delord, le directeur du zoo de Beauval, ce projet de delphinarium était présenté comme une innovation majeure dans le domaine de la détention d’animaux marins en captivité. D’après Reporterre, le site devait s’étendre sur plusieurs bassins interconnectés, reproduisant un environnement proche des milieux naturels des cétacés. Le gouvernement français avait soutenu cette initiative, la présentant comme une alternative aux structures existantes jugées obsolètes.
Le concept de « sanctuaire terrestre » mis en avant par Beauval visait à justifier la création d’un espace de vie adapté aux dauphins, tout en maintenant leur présence dans un cadre contrôlé. Le projet avait suscité de vifs débats parmi les associations de protection animale, certains y voyant une avancée éthique, d’autres une simple modernisation de l’industrie des delphinariums.
Le Marineland d’Antibes en première ligne
Le Marineland d’Antibes, établissement emblématique de la détention de cétacés en France, devait fournir les douze dauphins prévus pour le projet. Ces animaux, issus de bassins actuels du parc antibois, auraient été transférés vers le nouveau site de Beauval une fois les infrastructures terminées. Contacté par Reporterre, le Marineland n’a pas réagi à l’annonce, mais ce renoncement met fin à plusieurs mois de préparation.
Selon les informations disponibles, le Marineland disposait d’un délai pour préparer les dauphins au transfert, avec des protocoles de conditionnement spécifiques. Rien n’indique que ces animaux aient déjà entamé une phase de transition avant l’abandon du projet. Leur devenir reste donc incertain, entre un maintien dans leur bassin actuel ou une réaffectation à d’autres structures.
Les raisons d’un abandon qui reste à éclaircir
Rodolphe Delord n’a pas détaillé les motivations exactes de cet abandon dans son communiqué du 25 août. Plusieurs hypothèses circulent : un changement de stratégie de la part de Beauval, des pressions des associations de défense animale, ou encore des contraintes financières ou réglementaires non communiquées. Reporterre souligne que le projet avait déjà fait l’objet de critiques répétées, notamment de la part de scientifiques et d’ONG, qui dénonçaient la captivité prolongée des cétacés.
Autant dire que l’abandon de ce projet marque un tournant dans la gestion des delphinariums en France. Les défenseurs des animaux y voient une victoire, tandis que les partisans des parcs animaliers s’interrogent sur l’avenir des dauphins encore détenus en captivité. Le gouvernement, qui avait validé ce projet, n’a pour l’heure pas réagi publiquement à cette annulation.
Pour l’heure, le Marineland d’Antibes continue d’assurer la prise en charge de ses dauphins dans ses bassins actuels. Quant au zoo de Beauval, il confirme poursuivre ses missions de conservation et d’éducation, tout en réévaluant ses projets dédiés aux cétacés. La question de la détention des dauphins en captivité en France pourrait revenir sur le devant de la scène lors des prochaines discussions parlementaires sur la protection animale.
Le gouvernement avait présenté ce projet comme une modernisation des delphinariums, offrant des conditions de vie améliorées pour les dauphins. Il s’agissait aussi, selon les autorités, de montrer une volonté d’évolution dans la gestion des parcs animaliers, tout en maintenant une présence de cétacés en captivité.