L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a publié mardi 9 juin 2026 une vidéo qui, selon elle, remet en cause la version de l’armée israélienne concernant la mort d’un bébé palestinien abattu par des tirs israéliens en Cisjordanie occupée. Selon Le Figaro, Sam Fahd Abou Haikal, âgé de sept mois, est décédé le 6 juin 2026 lorsque des soldats israéliens ont ouvert le feu sur la voiture de sa famille dans la ville de Hébron. Ses parents ont été légèrement blessés lors de cet incident.
Ce qu'il faut retenir
- Sam Fahd Abou Haikal, un bébé de sept mois, a été tué par des tirs israéliens le 6 juin 2026 à Hébron, en Cisjordanie occupée.
- Ses parents ont été légèrement blessés lors de l’incident, selon des sources palestiniennes rapportées par Le Figaro.
- L’armée israélienne avait initialement indiqué qu’un soldat avait ouvert le feu sur des « civils non suspects » après que leur véhicule avait accéléré en direction des troupes.
- B’Tselem affirme, via une vidéo publiée sur X, que le véhicule avait ralenti et s’était arrêté avant les tirs, et que les soldats n’ont pas porté secours aux blessés.
- Depuis le 7 octobre 2023, au moins 1 080 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, d’après un décompte de l’AFP basé sur les données de l’Autorité palestinienne.
- Dans le même temps, au moins 46 Israéliens, dont des civils et des soldats, ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d’opérations militaires israéliennes en Cisjordanie.
Une vidéo contestée et une enquête en cours
Selon l’armée israélienne, un soldat aurait ouvert le feu sur des « civils non suspects » après que leur véhicule aurait accéléré en direction de troupes stationnées dans la zone. Une enquête préliminaire avait conclu à cette version des faits. Pourtant, la vidéo diffusée par B’Tselem montre, selon l’ONG, que le véhicule de la famille palestinienne avait ralenti avant de s’immobiliser à l’approche de deux soldats israéliens. « Les images ne montrent pas le moment des tirs, mais on y voit la famille palestinienne près de leur voiture, tandis que le bébé saigne dans les bras de son père », précise Le Figaro.
Dimanche 8 juin 2026, l’armée israélienne avait annoncé qu’une enquête serait menée par la Division des enquêtes criminelles de la police militaire, « sur la base des conclusions de l’enquête préliminaire ». Contactée mardi soir par l’AFP, l’institution a indiqué qu’elle « vérifiait » la vidéo publiée par B’Tselem, sans préciser si cette nouvelle preuve pourrait modifier le cours de l’enquête.
Des accusations de non-assistance à personne en danger
Outre la contestation de la version initiale, B’Tselem a également accusé les soldats présents sur place de ne pas être venus en aide aux blessés. « Après les tirs, le soldat qui avait ouvert le feu et un autre qui l’accompagnait ont quitté les lieux sans vérifier le véhicule ni aider le bébé et sa mère, grièvement blessés », a affirmé l’ONG sur X, relayée par Le Figaro. Cette allégation, si elle était confirmée, pourrait aggraver les accusations de violation des droits humains portées contre l’armée israélienne dans ce territoire occupé depuis 1967.
Lors des funérailles de Sam Fahd Abou Haikal, samedi 7 juin, le père du nourrisson a rejeté l’hypothèse d’une erreur de tir. « Quand plus d’une balle est tirée, qu’il n’y a pas de sommation ni d’avertissement, ça ne peut pas être une erreur », a-t-il déclaré, selon les informations rapportées par Le Figaro. Ces propos reflètent la tension persistante dans la région, où les violences liées au conflit israélo-palestinien se sont intensifiées depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Un conflit qui s’étend et des bilans humains lourds
Depuis octobre 2023, la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, est le théâtre d’une escalade de violences. Selon un décompte établi par l’AFP à partir des données de l’Autorité palestinienne, au moins 1 080 Palestiniens — dont de nombreux civils — ont été tués par des soldats ou des colons israéliens dans ce territoire. Dans le même temps, les autorités israéliennes font état d’au moins 46 Israéliens — civils et militaires confondus — tués lors d’attaques palestiniennes ou d’opérations militaires en Cisjordanie.
Cette recrudescence des violences s’inscrit dans un contexte plus large de tensions régionales exacerbées par la guerre à Gaza. Les incidents impliquant des civils, comme celui qui a coûté la vie au bébé de Hébron, alimentent les tensions et alimentent les critiques internationales envers les deux parties au conflit. Les organisations de défense des droits humains, comme B’Tselem, jouent un rôle clé dans la documentation de ces événements, souvent en opposition frontale avec la version officielle des autorités israéliennes.
Des réactions contrastées et des appels à la transparence
La publication de la vidéo par B’Tselem a suscité des réactions contrastées. Si certains observateurs y voient une preuve supplémentaire des exactions commises par l’armée israélienne, d’autres soulignent la nécessité de laisser l’enquête militaire suivre son cours avant de tirer des conclusions définitives. Le père du bébé tué a, quant à lui, exprimé sa conviction que les tirs n’étaient pas accidentels. « Ça ne peut pas être une erreur », a-t-il martelé lors des funérailles, selon les propos rapportés par Le Figaro.
L’armée israélienne, de son côté, reste pour l’instant sur sa position initiale, tout en indiquant qu’elle « vérifiait » les nouvelles informations apportées par la vidéo de B’Tselem. Cette prudence s’explique en partie par la sensibilité du dossier, dans un contexte où chaque incident peut envenimer les relations déjà tendues entre Israël et la communauté internationale, ainsi qu’avec les organisations de défense des droits humains.
Les prochaines étapes dépendront donc des conclusions de l’enquête militaire, mais aussi de la réaction des autorités israéliennes face aux accusations de non-assistance. Par ailleurs, la publication de cette vidéo par B’Tselem pourrait relancer les débats sur la transparence des opérations militaires en Cisjordanie, un territoire déjà sous le feu des projecteurs en raison des tensions persistantes.
Dans l’immédiat, les familles palestiniennes de Cisjordanie, déjà éprouvées par des années de conflit, devront faire face aux conséquences de cet incident, tandis que la communauté internationale observera de près l’évolution de cette affaire.
La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, considéré comme un enjeu central du conflit. Elle abrite des colonies israéliennes, jugées illégales au regard du droit international, et est le théâtre de violences régulières entre soldats israéliens, colons et Palestiniens. Son statut final doit être négocié dans le cadre d’un accord de paix, mais les tensions persistent en raison des implantations israéliennes et des restrictions imposées aux Palestiniens.
Parmi les ONG les plus actives, on trouve B’Tselem et Breaking the Silence en Israël, ainsi que des organisations internationales comme Amnesty International ou Human Rights Watch. Ces structures documentent les violations des droits humains, publient des rapports et plaident en faveur d’une accountability des forces israéliennes et des groupes armés palestiniens.