Comme son père avant lui, Benoît Jacquel-Blanc refait couler l’eau dans les puits à l’abandon, selon Reporterre. Oubliés depuis l’arrivée de l’eau courante, ces artisans reviennent en grâce à cause des sécheresses et étés caniculaires.
Dans le jardin arboré d’une maison bourguignonne à Lans, en Saône-et-Loire, Benoît Jacquel-Blanc et son coéquipier du jour, Philippe Rochette, vérifient une dernière fois l’échafaudage qui encercle un vieux puits en pierre. Il est temps de descendre.
Ce qu'il faut retenir
- Benoît Jacquel-Blanc est l'un des derniers puisatiers français, avec seulement une dizaine de professionnels dans ce métier.
- Les puits, communs ou privés, rythmaient autrefois la vie des villages avant d’être délaissés avec l’arrivée de l’eau courante.
- Les sécheresses et les étés caniculaires ont conduit à une augmentation de la demande pour restaurer les anciens puits.
Le métier de puisatier
Benoît Jacquel-Blanc est fils de puisatier et a repris l’entreprise paternelle il y a six ans. Il sillonne la Bourgogne-Franche-Comté pour entretenir, curer et réhabiliter les vieux puits existants.
« Je suis tombé dedans tout gamin : mon père m’emmenait sur ses chantiers, se souvient Benoît Jacquel-Blanc. Je vidais les seaux, j’assurais sa sécurité. Il m’a enseigné ses techniques et transmis son savoir, je lui dois beaucoup. »
La restauration des puits
Dans le puits, l’écho se répercute sur les parois au moindre bruit. À la surface, Philippe Rochette actionne la télécommande du treuil électrique pour remonter le seau, puis vide son contenu dans une brouette.
Le but de cette intervention est de retirer tous les déchets et sédiments accumulés au fil du temps, jusqu’à retrouver le niveau originel de l’ouvrage et l’eau qui l’alimente.
Les défis de la sécheresse
En France, le manque de pluies et la hausse des prélèvements continuent de peser sur les nappes souterraines. Cet été, plusieurs communes, comme Quincerot et Quincy-le-Vicomte, en Côte-d’Or, ont dû être ravitaillées par camions-citernes.
« Cela dépend de la géologie de chaque territoire, rappelle Étienne Brulebois, ingénieur hydrogéologue au sein du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de Bourgogne-Franche-Comté. Dans les zones calcaires, comme en Côte-d’Or, les aquifères sont très sensibles aux sécheresses. »
La restauration des puits et la mise en place de solutions pour une gestion plus efficace de l’eau seront des enjeux majeurs dans les années à venir.