Une image inédite de Bételgeuse, l’une des étoiles les plus étudiées de la Voie lactée, révèle pour la première fois sa surface agitée comme une casserole en ébullition. Selon Futura Sciences, ces observations, réalisées grâce au radiotélescope Alma au Chili, offrent un aperçu sans précédent de la géante rouge et pourraient aider à mieux comprendre les mécanismes menant à son explosion en supernova.
Ce qu'il faut retenir
- Bételgeuse, une supergéante rouge située à environ 600 années-lumière de la Terre, présente une surface irrégulière et des points chauds persistants.
- L’image, capturée en 2023 par Alma dans les longueurs d’onde millimétriques, montre une atmosphère à une température moyenne de 2 300 K, avec des zones atteignant 3 100 K.
- Un point chaud au nord-est de l’étoile, observé depuis au moins sept ans, intrigue les astronomes par sa longévité inattendue.
- Ces structures pourraient être liées à des mouvements de convection internes et à la présence possible d’une étoile compagne.
- Les chercheurs estiment que l’explosion de Bételgeuse en supernova n’est pas imminente, malgré son évolution avancée.
Une étoile géante sous surveillance
Bételgeuse, située dans la constellation d’Orion, est l’une des rares étoiles dont la surface peut être étudiée en détail depuis la Terre. Avec un rayon environ 800 fois supérieur à celui du Soleil, elle offre aux astronomes une occasion unique d’observer les phénomènes physiques à l’œuvre dans les supergéantes rouges. Comme le rapporte Futura Sciences, l’image publiée par l’European Southern Observatory (ESO) grâce à l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (Alma) permet de distinguer des structures atmosphériques invisibles sur la plupart des autres étoiles.
Les observations révèlent une atmosphère en ébullition, où des mouvements de convection profonds engendrent des ondes de choc et des zones lumineuses. Ces phénomènes, similaires à ceux observés à la surface du Soleil, mais à une échelle bien plus vaste, soulèvent des questions sur les mécanismes internes de Bételgeuse. « Son destin ultime en tant que supernova rend fascinant le fait de savoir à quoi elle ressemble réellement aujourd’hui », a déclaré Bill Dent, astronome à l’ESO, cité par Futura Sciences.
Un point chaud qui défie les modèles
Parmi les découvertes les plus surprenantes figure la persistance d’un point chaud au nord-est de l’étoile. En comparant les données d’Alma de 2015 et 2023, les chercheurs ont constaté que cette structure, bien plus chaude que son environnement, était toujours présente au même endroit et avec une intensité similaire. Une telle longévité, estimée à au moins sept ans, contredit les prédictions des modèles actuels, qui anticipent une durée de vie bien plus courte pour ces phénomènes convectifs.
« Cela suggère que ces points chauds persistants intriguaient également au regard des indices récents suggérant la présence d’un compagnon proche de Bételgeuse », explique le communiqué de l’ESO. Bien que les observations ne permettent pas d’établir un lien direct, l’hypothèse d’une interaction gravitationnelle entre l’étoile et un éventuel compagnon stellaire pourrait expliquer cette anomalie. Les astronomes prévoient de poursuivre leurs observations à haute résolution pour élucider ce mystère et déterminer si ces points chauds restent fixes ou évoluent avec le temps.
Un laboratoire pour l’astrophysique stellaire
Depuis des décennies, Bételgeuse occupe une place centrale dans l’étude des étoiles massives. Avant l’ère des grands télescopes modernes, le Soleil était le seul astre permettant d’explorer les mécanismes stellaires, que ce soit via les éclipses ou l’héliosismologie. Comme le rappelle Futura Sciences, des pionniers de l’astrophysique française, comme Evry Schatzman et Jean-Claude Pecker, ont jeté les bases de cette discipline après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Bételgeuse sert de laboratoire naturel pour tester les théories sur l’évolution des supergéantes rouges et les conditions menant à leur explosion en supernova.
Les données d’Alma, publiées dans la revue Astronomy & Astrophysics, confirment que Bételgeuse est en phase avancée de son évolution. Pourtant, les astronomes restent prudents quant à la date de son explosion. Malgré sa luminosité actuelle, estimée à 100 000 fois celle du Soleil, les spécialistes estiment que cet événement pourrait encore se produire dans plusieurs dizaines de milliers d’années, voire plus. Une telle explosion, bien que spectaculaire, ne représenterait aucun danger pour la Terre en raison de la distance qui nous sépare de l’étoile.
En attendant, Bételgeuse continue de fasciner les scientifiques et le grand public. Son étude illustre l’importance des grands instruments astronomiques dans la résolution des énigmes stellaires. Comme le souligne Futura Sciences, cette étoile géante nous rappelle que l’Univers, même à des centaines d’années-lumière de nous, reste un terrain d’investigation riche et toujours surprenant.
Bételgeuse est une supergéante rouge proche, dont la taille et la proximité en font un objet idéal pour étudier les mécanismes internes des étoiles massives. Son évolution avancée et son futur destin en supernova en font un laboratoire unique pour comprendre les dernières phases de la vie des étoiles.
Les astronomes estiment que l’explosion de Bételgeuse en supernova n’est pas imminente. Malgré son évolution avancée, cet événement pourrait encore se produire dans plusieurs dizaines de milliers d’années, voire plus. Aucune date précise ne peut être avancée.