La plateforme d'échange de cryptomonnaies Binance n'a pas obtenu son agrément réglementaire européen MiCA avant la date butoir du 30 juin 2026, une décision qui a suscité des interrogations au sein de l'écosystème crypto. Selon Cryptoast, son fondateur Changpeng Zhao, désormais identifié comme bénéficiaire effectif ultime (UBO), affirme que la demande de Binance était « totalement conforme » aux exigences avant qu'une intervention de nature politique ne vienne bloquer le processus.
Ce qu'il faut retenir
- Binance n'a pas obtenu son agrément MiCA avant la date limite du 30 juin 2026, selon Cryptoast.
- Son fondateur, Changpeng Zhao, déclare que la demande était « totalement conforme » avant un revirement politique.
- Deux régulateurs européens auraient initialement validé la conformité de la plateforme.
- Zhao évoque des « forces politiques extérieures » ayant influencé le rejet de la demande.
- Binance prévoit désormais de solliciter un agrément dans un autre État membre de l'UE « dans les mois à venir ».
Une demande d'agrément initialement validée par les régulateurs
Selon les déclarations de Changpeng Zhao recueillies par Cryptoast dans le cadre d'une interview pour le podcast The Starting Block, la demande d'agrément MiCA déposée par Binance aurait été jugée conforme par au moins un, voire deux régulateurs européens. Ces derniers auraient même été « sur le point de l'approuver » avant que le processus ne soit interrompu. « À un moment donné, les régulateurs nous ont indiqué que notre demande était entièrement conforme aux exigences », a-t-il précisé.
Cette validation initiale aurait même déclenché une forme de compétition entre deux juridictions de l'Union européenne, chacune cherchant à attirer l'activité de Binance pour des raisons économiques, notamment en termes de recettes fiscales et de développement de l'écosystème crypto local. « Cela a donné lieu à des discussions, voire à une rivalité, pour bénéficier des retombées économiques », a expliqué Zhao.
Un revirement attribué à des pressions politiques
Pour Changpeng Zhao, le blocage final du processus MiCA serait le résultat de « facteurs politiques extérieurs » ayant empêché l'aboutissement de la demande. Ces pressions auraient été suffisamment fortes pour que Binance décide de retirer sa candidature, jugeant les chances de succès trop faibles. « D'autres forces, extérieures à ces deux pays, se sont opposées au processus », a-t-il souligné, sans préciser leur nature exacte.
Parmi les rumeurs évoquées par Cryptoast, celle d'une possible intervention de la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, aurait circulé. Zhao n'a cependant pas confirmé cette information, indiquant ne disposer d'aucun document ou preuve tangible. Il a simplement rappelé que son statut d'UBO de Binance avait pu influencer les discussions autour de la licence.
Binance mise sur une nouvelle stratégie réglementaire
Malgré l'échec de sa demande initiale, Binance ne compte pas abandonner le marché européen. Le fondateur de la plateforme a confirmé qu'elle allait déposer une nouvelle demande d'agrément dans un autre État membre de l'UE. « Nous allons solliciter une autorisation dans un autre pays et espérons obtenir un agrément dans les mois à venir », a-t-il annoncé. Cette approche s'inscrit dans une volonté de poursuivre son activité en Europe tout en respectant le cadre réglementaire en vigueur.
Pour autant, l'absence de crise immédiate chez les utilisateurs est notable. Selon Cryptoast, l'échéance MiCA n'a pas entraîné d'exode massif vers d'autres plateformes. La confiance dans Binance semble pour l'instant préservée, bien que la situation reste sous surveillance.
Pour Changpeng Zhao, cette issue représente une « perte pour Binance comme pour l'Europe », soulignant que l'absence d'agrément MiCA prive le continent d'un acteur majeur de l'écosystème crypto. « Tout le monde est perdant dans cette situation », a-t-il conclu.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les entreprises du secteur face à des réglementations en constante évolution, où les enjeux économiques et politiques s'entremêlent souvent.
Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est un cadre réglementaire européen entré en vigueur pour encadrer les acteurs du marché des cryptomonnaies. Il impose des obligations strictes en matière de transparence, de lutte contre le blanchiment et de protection des investisseurs. Pour Binance, obtenir cet agrément était crucial pour continuer à opérer légalement dans l'UE après le 30 juin 2026.
Binance a annoncé qu'elle allait déposer une nouvelle demande d'agrément MiCA dans un autre État membre de l'UE. L'objectif est d'obtenir cette licence « dans les mois à venir », selon Changpeng Zhao. La plateforme devra donc adapter sa stratégie réglementaire pour se conformer aux exigences locales.