Le marché du Bitcoin traverse une période de fragilité persistante depuis la fin de l’année 2025. Selon Cryptoast, la part des bitcoins détenus par des investisseurs à long terme atteint désormais **83 % de l’offre totale**, un niveau record qui interroge sur la capacité du marché à absorber les pressions vendeuses. Alors que le cours du BTC oscille autour de **62 000 dollars** après une nouvelle chute sous les 60 000 dollars cette semaine, cette concentration des actifs entre les mains des détenteurs historiques pourrait limiter les risques de vente massive, mais ne garantit pas pour autant un rebond immédiat.
Ce qu'il faut retenir
- 16,6 millions de BTC (83 % de l’offre en circulation) sont détenus par des investisseurs dont les actifs n’ont pas été déplacés depuis au moins **155 jours**, selon les données de CoinGlass.
- Le cours du Bitcoin est repassé sous les 60 000 dollars avant de remonter légèrement vers 62 000 dollars, mais la tendance reste fragile.
- Les **ETF Bitcoin spot** enregistrent des **sorties nettes**, indiquant que la demande institutionnelle ne compense pas encore la pression vendeuse.
- Une capitulation des détenteurs long terme pourrait, à terme, alimenter une nouvelle baisse autoentretenue du prix.
Un marché en tension malgré la résilience des détenteurs long terme
Depuis plusieurs mois, le Bitcoin subit une pression vendeuse persistante, avec un cours qui peine à se stabiliser durablement au-dessus de **60 000 dollars**. Pourtant, les investisseurs à long terme, définis comme ceux détenant leurs actifs depuis plus de **155 jours**, semblent peu enclins à céder leurs positions. Selon CoinGlass, ils détiennent désormais **16,6 millions de BTC**, soit **83 % de l’offre totale** en circulation. Ce chiffre, proche du niveau historique, suggère une réduction structurelle de la pression vendeuse, dans la mesure où ces détenteurs refusent de vendre malgré une baisse de **36 %** par rapport à leur dernier mouvement (le cours dépassait alors **90 000 dollars**).
Cette résistance des investisseurs long terme est souvent interprétée comme un signe de confiance dans l’actif à long terme. Pourtant, elle ne suffit pas à elle seule à confirmer un point bas. Comme l’analyse K33, une société de recherche spécialisée, Bitcoin se stabilise actuellement dans un marché où les détenteurs existants hésitent à vendre, tandis que les investisseurs restés à l’écart manquent de conviction pour revenir en force. Autrement dit, le problème actuel ne réside pas seulement dans l’absence de vendeurs, mais aussi dans le manque d’acheteurs suffisamment agressifs pour relancer la demande.
Les ETF Bitcoin spot confirment un désengagement institutionnel
Les fonds négociés en bourse (ETF) dédiés au Bitcoin spot continuent d’enregistrer des **sorties nettes**, un indicateur clé de la prudence des investisseurs traditionnels. Ces flux négatifs montrent que, malgré l’intérêt historique pour les produits réglementés, une partie des acteurs institutionnels réduit encore son exposition au marché. Cette tendance illustre les difficultés du Bitcoin à séduire durablement les investisseurs institutionnels, dont l’entrée massive était pourtant perçue comme un levier de stabilisation.
Selon K33, cette situation crée une dynamique où la pression vendeuse ne disparaît pas, mais se déplace vers d’autres catégories d’investisseurs : détenteurs récents, investisseurs exposés via les ETF, ou acteurs contraints de réduire leur risque pour des raisons de gestion de portefeuille. Cependant, ces groupes ne suffisent pas à eux seuls à alimenter une baisse durable sans un déclencheur extérieur, comme une capitulation généralisée des détenteurs long terme. Un scénario que les analystes surveillent de près.
« Les coins les plus anciens restent immobiles, mais la baisse dépend surtout des détenteurs récents ou des acteurs contraints. Un marché peut manquer de vendeurs sans repartir immédiatement à la hausse, surtout si la demande reste faible. »
K33, note de recherche publiée en juillet 2026
Risque de capitulation : un scénario à surveiller
Si les détenteurs long terme actuels conservent leurs positions malgré une baisse continue du prix, leur refus de vendre pourrait temporairement protéger le marché d’une chute brutale. Toutefois, cette stratégie n’est pas infaillible. Comme le rappellent les analystes de Coinglass et K33, une partie de ces investisseurs pourrait finir par capituler si le cours du Bitcoin continue de s’éroder. Une telle réaction en chaîne, déclenchée par la vente d’une partie des **16,6 millions de BTC** détenus par des long term holders, pourrait entraîner une baisse autoentretenue : les premières ventes feraient chuter les cours, transformant des pertes latentes en ventes forcées, puis en paniques supplémentaires.
Ce mécanisme, souvent observé lors des bear markets, n’est pas encore en place. Pour l’instant, la pression vendeuse semble contenue, mais elle pourrait réapparaître si les conditions de marché se dégradent davantage. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour évaluer la solidité de cette tendance et son impact sur la trajectoire du Bitcoin.
Quoi qu’il en soit, le niveau actuel de détention par les long term holders rappelle une réalité simple : le Bitcoin reste un actif volatile, dont la valorisation dépend autant des fondamentaux que de la psychologie des investisseurs. Une chose est sûre : tant que **83 % de l’offre** restent « verrouillés » entre les mains des détenteurs historiques, le risque d’un effondrement brutal est réduit, mais pas exclu.
Non. Selon les critères de CoinGlass, un Bitcoin est considéré comme détenu par un long term holder uniquement si ses mouvements de portefeuille n’ont pas été enregistrés depuis **au moins 155 jours**. Avant ce délai, le détenteur reste classé comme court ou moyen terme, même s’il conserve ses actifs pendant des semaines sans les vendre.
Non. Les sorties nettes des ETF Bitcoin spot reflètent une tendance plus large : celle d’un désengagement progressif des investisseurs institutionnels, qui peuvent aussi réduire leur exposition via d’autres produits ou directement en BTC. Les données de K33 montrent que cette tendance s’inscrit dans un contexte de prudence accrue face à la volatilité du marché.