Selon Cryptoast, le minier et gestionnaire d’actifs numériques Bitmine s’apprête à émettre une nouvelle action préférentielle afin de financer l’acquisition d’Ether (ETH). Cette initiative s’inspire directement du modèle adopté par Strategy, dont l’action préférentielle STRC offre actuellement un rendement annuel de 12,15 %, représentant une charge de 1,2 milliard de dollars dans la trésorerie de l’entreprise.

Ce qu'il faut retenir

  • Bitmine détient déjà 5,42 millions d’ETH, soit 4,49 % de l’offre totale, dont 4,72 millions sont en staking.
  • Le groupe envisage une nouvelle action préférentielle de série A (BMNP), avec un rendement annuel de 9,5 %, via l’émission de 3 millions d’actions d’une valeur nominale de 100 dollars chacune.
  • Cette opération, encore en cours de finalisation auprès de la SEC, pourrait générer des intérêts annuels de 28,5 millions de dollars, couverts par les revenus actuels du staking.

Avec cette manœuvre, Bitmine suit la stratégie déjà déployée par Strategy, qui utilise son action STRC pour générer des liquidités destinées à l’achat d’actifs numériques. Pour l’heure, le groupe détient une part significative de l’offre d’ETH en circulation, une position qui soulève des questions sur la centralisation croissante du réseau Ethereum. À ce stade, Bitmine mise sur des revenus stables issus du staking, estimés à 296 millions de dollars par an, pour couvrir les coûts liés à cette nouvelle émission.

Une stratégie inspirée par l’expérience de Strategy

Comme le rapporte Cryptoast, Bitmine a déposé un dossier auprès de la SEC pour officialiser l’émission de sa propre action préférentielle. Baptisée BMNP, celle-ci promet un rendement annuel de 9,5 %, un taux inférieur à celui du STRC de Strategy, mais jugé suffisant pour attirer des investisseurs. L’opération porte sur 3 millions d’actions, chacune évaluée à 100 dollars en valeur nominale. Si le projet est encore à l’étude, il pourrait être mis en œuvre rapidement, à condition que les autorités réglementaires donnent leur feu vert.

Le modèle économique de Bitmine repose en grande partie sur le staking d’ETH. Sur les 5,42 millions d’ETH détenus par le groupe, 4,72 millions sont déjà placés en staking, générant des revenus annuels estimés à 296 millions de dollars. Ces rentrées financières permettraient, selon les projections actuelles, de couvrir sans difficulté les 28,5 millions de dollars d’intérêts annuels liés à l’émission de l’action BMNP.

Des risques à considérer malgré un équilibre apparent

Si les chiffres semblent rassurants à court terme, plusieurs facteurs pourraient fragiliser cette stratégie à moyen ou long terme. D’abord, l’émission de nouvelles actions préférentielles n’est pas plafonnée. Bitmine pourrait être tenté d’en émettre davantage, ce qui risquerait de peser sur sa trésorerie une fois les revenus du staking insuffisants pour couvrir les dividendes versés. Ensuite, la volatilité du prix de l’ETH et les variations du rendement du staking — actuellement à 4,7 % selon les dernières données — pourraient bouleverser cet équilibre.

D’après Cryptoast, les analystes restent prudents. « Cette opération ouvre la porte à une émission massive d’actions préférentielles, ce qui pourrait, à terme, rendre les revenus du staking incapables de couvrir les dividendes promis », souligne un observateur du secteur. Par ailleurs, la concentration croissante des avoirs en ETH entre les mains d’un seul acteur comme Bitmine interroge sur la décentralisation du réseau Ethereum, un principe fondateur de la blockchain.

Un contexte marqué par la volatilité des cryptomonnaies

L’annonce de Bitmine intervient alors que le marché des cryptomonnaies traverse une période de turbulences. L’Ether (ETH) s’échangeait autour de 1 780 dollars au moment de la publication, en repli de 5,1 % sur les dernières 24 heures. Cette baisse s’inscrit dans un mouvement plus large, alors que le Bitcoin (BTC) vient de chuter sous les 61 300 dollars, selon les données citées par Cryptoast. Dans ce contexte, les stratégies de financement alternatives, comme celle proposée par Bitmine, pourraient séduire certains investisseurs en quête de rendements stables, malgré les risques inhérents.

Pour rappel, l’investissement dans les actifs numériques comporte des risques de perte en capital, total ou partielle. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Il est donc conseillé d’investir uniquement des montants que l’on est prêt à perdre.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Bitmine consistera à obtenir l’approbation de la SEC pour l’émission de l’action BMNP. Si cette démarche aboutit, le groupe pourrait lancer une première tranche d’actions dès le troisième trimestre 2026, sous réserve des conditions de marché. Dans le même temps, la surveillance des régulateurs sur ce type de produits financiers pourrait s’intensifier, notamment en raison des enjeux de centralisation soulevés par cette opération.

Par ailleurs, l’évolution du prix de l’ETH et du rendement du staking restera un indicateur clé pour évaluer la viabilité à long terme de cette stratégie. Si ces paramètres venaient à se dégrader, Bitmine pourrait se retrouver dans une position délicate, forçant l’entreprise à revoir sa politique d’acquisition d’actifs.

Enfin, cette initiative de Bitmine pourrait inciter d’autres acteurs du secteur à adopter des modèles similaires, renforçant ainsi la tendance à l’émission d’actions préférentielles dans l’écosystème crypto.

Une action préférentielle, ou preferred stock, est un titre hybride entre une action classique et une obligation. Elle offre généralement un dividende fixe et prioritaire par rapport aux actions ordinaires, mais sans droit de vote. Dans le cas de Bitmine et de Strategy, ces actions sont utilisées pour financer l’achat d’actifs numériques comme l’ETH, en générant des liquidités grâce aux dividendes versés aux investisseurs.

La Securities and Exchange Commission (SEC) est l’autorité américaine chargée de réguler les marchés financiers, y compris les émissions d’actions. Toute introduction d’un nouveau titre financier, comme l’action BMNP de Bitmine, doit être déclarée et approuvée par la SEC pour garantir la transparence et protéger les investisseurs. Cette démarche est obligatoire pour éviter les risques de manipulation ou de fraude.