Selon nos confrères de Futura Sciences, les sécheresses, gels et coups de chaleur qui frappent la planète bouleversent les cartes de la production mondiale de céréales. Face à cette instabilité climatique croissante, la sélection de variétés de céréales doit évoluer pour mieux répondre aux besoins de la production alimentaire. D'après les chercheurs, comprendre pourquoi les variétés changent de comportement selon les environnements devient central pour mieux choisir les semences et adapter les pratiques aux réalités du terrain et au climat de demain.
Ces dernières années, les rendements de certaines cultures pourraient baisser de manière tangible dès 2030 sous l'effet de la hausse des températures, de variations dans le régime des précipitations et de fortes teneurs en dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. Les rendements du maïs, par exemple, pourraient fortement diminuer.
Ce qu'il faut retenir
- Les sécheresses, gels et coups de chaleur affectent la production mondiale de céréales.
- La sélection de variétés de céréales doit évoluer pour répondre aux besoins de la production alimentaire.
- Les rendements de certaines cultures pourraient baisser de manière tangible dès 2030.
Les défis de la sélection variétale
Historiquement, la sélection variétale reposait sur des essais conduits dans de multiples lieux et sur plusieurs années. On y analysait les performances pour choisir des variétés nouvelles ou renforcer les recommandations de variétés existantes. Cependant, sous un climat qui évolue rapidement et qui apparaît de plus en plus imprévisible, cette valeur moyenne de performance est trompeuse, car elle ne nuance pas suffisamment les différences de performance relative des diverses variétés face aux variations climatiques et aux variations des facteurs du sol.
Les facteurs climatiques qui déterminent les niveaux de rendement ne sont pas toujours ceux qui provoquent les changements de classement entre variétés. Autrement dit, les conditions climatiques qui font varier le rendement de la culture ne sont pas nécessairement celles qui avantagent ou désavantagent certaines variétés par rapport à d'autres, révélant ainsi toute la complexité de l'adaptation des plantes cultivées à l'instabilité climatique et les défis qu'elle pose à la sélection variétale.
L'envirotypage, une approche pour mieux comprendre les singularités de chaque lieu et variété
Les scientifiques ont créé une approche appelée « envirotypage » pour mieux comprendre les réponses contrastées des variétés selon les conditions climatiques. Cette approche consiste à identifier les grands types de situations climatiques et agronomiques auxquels les cultures sont confrontées ainsi que leur fréquence d’apparition, même si leur succession demeure difficilement prévisible. Les situations sont décrites à partir de variables clés - températures, disponibilité en eau, rayonnement... - analysées aux moments les plus sensibles du cycle des cultures.
Cette approche a été appliquée à l'orge de printemps, ce qui a mis en évidence trois grands types d'environnements en Europe, définis à partir des facteurs climatiques qui expliquent les réponses contrastées des variétés au sein du réseau d'essai : maritime, tempéré et continental. Leur fréquence varie fortement selon les régions. En Irlande ou en Écosse, le scénario climatique est très majoritairement maritime d'une année sur l'autre. À l'inverse, dans le nord de la France, ces types alternent fréquemment.
En conclusion, la sélection de variétés de céréales face au climat imprévisible nécessite une approche plus fine et plus adaptée aux conditions climatiques actuelles et futures. L'envirotypage offre une approche à la fois scientifique et pragmatique pour améliorer la connaissance et adapter les pratiques agricoles. Il est essentiel de poursuivre les recherches dans ce domaine pour trouver des solutions efficaces et durables pour la production alimentaire mondiale.
