Près d’une décennie après son premier vol, le monocouloir 737 MAX 7 de Boeing a finalement obtenu sa certification de la part de l’Agence fédérale de l’aviation (FAA) américaine, comme l’a annoncé l’autorité lundi 8 août 2026. Selon Le Figaro, cette approbation marque la fin d’un processus marqué par des retards répétés, des problèmes techniques et les conséquences des crises ayant touché la famille des 737 MAX.

Ce qu'il faut retenir

  • Certification après neuf ans de procédures : le 737 MAX 7, plus petite version de la famille, a cumulé 686 heures d’essais en vol et 349 heures d’essais au sol avant d’obtenir son sésame réglementaire.
  • Première livraisons prévues en 2027 : les compagnies aériennes devraient recevoir leurs premiers appareils l’an prochain, soit huit ans après la date initialement prévue.
  • Un processus retardé par des problèmes techniques : le système antigel des moteurs LEAP-1B, fabriqués par CFM International (co-entreprise Safran/GE Aerospace), a posé des défis majeurs aux ingénieurs de Boeing.
  • Contexte des crises passées : les défauts du logiciel MCAS et de la sonde d’angle d’attaque (AOA) avaient contribué aux accidents des 737 MAX 8 en 2018 et 2019, entraînant la mort de 346 personnes et l’immobilisation de la flotte pendant plus de vingt mois.
  • Un carnet de commandes colossal : au 30 juin 2026, Boeing comptait 1 678 commandes fermes pour le 737 MAX 10, contre seulement 310 pour le MAX 7, reflétant l’impatience des compagnies.
  • Production accélérée : la cadence mensuelle de production des 737 MAX est passée à 47 appareils, avec une ligne d’assemblage supplémentaire, la « North Line », ouverte à Everett pour fabriquer le MAX 10.

Une certification obtenue après des années de défis techniques et réglementaires

Dans un communiqué publié lundi, la FAA a salué un « examen approfondi du design de l’appareil et des analyses de sécurité associées », soulignant que le processus avait duré « presque une décennie ». Selon Le Figaro, Boeing a dû surmonter des obstacles techniques majeurs, notamment la validation du système antigel des moteurs LEAP-1B, développé par CFM International. Ce composant a donné « bien du fil à retordre » aux ingénieurs, retardant encore davantage l’obtention de la certification.

L’avionneur américain avait déjà accumulé, d’ici mi-juillet 2026, 441 vols d’essai totalisant 686 heures ainsi que 349 heures d’essais au sol. Ces chiffres illustrent l’ampleur des tests nécessaires pour garantir la sécurité de l’appareil, d’autant que le 737 MAX 7 partage certaines caractéristiques techniques avec les modèles impliqués dans les accidents de 2018 et 2019.

Les leçons des crises passées et les mesures correctives

Le 737 MAX 7 a notamment nécessité l’installation d’une nouvelle sonde d’angle d’attaque (AOA), dont un dysfonctionnement avait été pointé du doigt dans les enquêtes sur les crashes des 737 MAX 8. Ces accidents, survenus en octobre 2018 et mars 2019, avaient conduit à la suspension mondiale de la flotte MAX pendant près de vingt mois. Boeing avait alors reconnu que le logiciel antidécrochage MCAS avait joué un rôle dans ces tragédies.

En réponse, une loi fédérale américaine adoptée en 2020 avait imposé à Boeing d’équiper 2 300 737 MAX en service de cette nouvelle sonde dans un délai de deux ans. Depuis plusieurs mois, les dirigeants du groupe avaient assuré que la certification des modèles MAX 7 et MAX 10 était en bonne voie, malgré les retards accumulés. « Le processus avance conformément à nos anticipations », avait notamment déclaré Jay Malave, directeur financier de Boeing, lors d’une audioconférence en janvier 2026.

Un marché aérien impatient et un carnet de commandes sous pression

L’obtention de cette certification intervient à un moment où les compagnies aériennes, confrontées à une forte demande post-pandémie, espéraient depuis longtemps pouvoir compter sur les nouveaux monocouloirs de Boeing. Selon Le Figaro, les transporteurs ont dû adapter leurs programmes de vols en retirant les MAX du service ou en prolongeant l’exploitation d’appareils plus anciens, ce qui a engendré des surcoûts de maintenance.

Le déséquilibre entre les commandes du 737 MAX 10 (1 678 exemplaires) et celles du MAX 7 (310 appareils) illustre cette attente. United Airlines, par exemple, a indiqué en janvier 2025 qu’elle prévoyait de recevoir 277 MAX 10 d’ici 2030. « Nous attendons le MAX 10 depuis très longtemps et, espérons-le, cette attente va bientôt se terminer », avait déclaré Andrew Nocella, directeur commercial d’United Airlines, lors d’une conférence en juillet 2026. Pour Boeing, la certification du MAX 10 est désormais une priorité absolue, avec une production initiale de trente appareils prévus en 2026.

Une production en hausse et de nouvelles infrastructures

Pour répondre à la demande et accélérer la fabrication des modèles MAX, Boeing a inauguré le 6 juillet 2026 une nouvelle ligne d’assemblage, la « North Line », à l’usine d’Everett, près de Seattle. Cette installation, dédiée au MAX 10, complète les trois lignes existantes de l’usine historique de Renton, située à une cinquantaine de kilomètres. « L’usine de Renton ne pouvait être agrandie », a expliqué un porte-parole de Boeing, soulignant que la production mensuelle des 737 MAX avait été relevée à 47 appareils depuis l’automne 2025, lorsque la FAA a levé le plafond de 38 unités par mois — une limite instaurée après un incident en vol impliquant un 737 MAX 9 en janvier 2024.

À la fin juillet 2026, 28 MAX 7 et neuf MAX 10 avaient déjà été produits et stockés en attendant leur certification, selon les données du cabinet Cirium. Ces chiffres témoignent d’un début de mise en route de la production, malgré l’attente persistante des transporteurs pour les livraisons effectives.

Et maintenant ?

La certification du 737 MAX 7 ouvre la voie à son entrée en service en 2027, mais l’attention de l’industrie se tourne désormais vers le 737 MAX 10, dont la certification est attendue dans les mois à venir. Pour Boeing, l’enjeu est double : honorer les commandes existantes et restaurer la confiance des compagnies aériennes et des passagers dans sa gamme monocouloir. À plus long terme, l’avionneur devra également finaliser la certification du 777-9, un biréacteur long-courrier dont les livraisons sont promises pour 2027 — soit avec sept ans de retard sur le calendrier initial.

Pour les compagnies, l’arrivée des MAX 7 et MAX 10 devrait permettre de moderniser leurs flottes et de répondre à la reprise du trafic aérien. United Airlines, comme d’autres opérateurs, a déjà réorganisé ses plans de vol en anticipation de ces livraisons. Reste à voir si Boeing parviendra à tenir ses promesses de production et de certification, dans un contexte où la pression réglementaire et opérationnelle reste forte.

Les principaux défis techniques incluaient la validation du système antigel des moteurs LEAP-1B, développé par CFM International, ainsi que la mise au point d’une nouvelle sonde d’angle d’attaque (AOA), dont un défaut avait contribué aux accidents des 737 MAX 8 en 2018 et 2019. Selon Le Figaro, ces problèmes ont prolongé le processus de certification de près de dix ans.

Le déséquilibre s’explique par la taille des appareils : le 737 MAX 10, plus grand, correspond mieux aux besoins des compagnies pour les vols moyen-courriers, tandis que le MAX 7, plus petit, intéresse un nombre plus restreint d’opérateurs. Au 30 juin 2026, Boeing comptait 1 678 commandes pour le MAX 10, contre 310 pour le MAX 7, selon les données rapportées par Le Figaro.