Le nom de Fernando Cerimedo résonne désormais dans l’actualité latino-américaine après son incarcération en Bolivie. Ce consultant argentin, qualifié par Clarín de « consultant tout-puissant de la droite latino-américaine et connaisseur des secrets de la manipulation des réseaux sociaux », est au cœur de trois enquêtes judiciaires distinctes depuis la mi-août 2026. Selon nos confrères de Courrier International, il a été placé en détention provisoire le 17 août pour une période de six mois, sous la menace de fuir vers Buenos Aires.

Ce qu'il faut retenir

  • Fernando Cerimedo, consultant argentin et conseiller du président bolivien Rodrigo Paz, est accusé d’avoir commandité une tentative de féminicide contre son ex-maîtresse, Nadia Beller, le 17 août 2026 à Santa Cruz (Bolivie).
  • Nadia Beller, avocate enceinte d’un mois, a été grièvement blessée par deux faux livreurs et a désigné Cerimedo comme le commanditaire présumé de l’attaque.
  • Trois enquêtes sont en cours : tentative de féminicide, enrichissement illicite et collaboration présumée avec des narcotrafiquants.
  • Propriétaire de médias en Argentine, Cerimedo est aussi accusé d’avoir utilisé son influence pour manipuler l’opinion publique en Amérique latine.

Une tentative d’assassinat qui ébranle la Bolivie

Le 17 août 2026, Nadia Beller, avocate de 32 ans et compagne occasionnelle de Fernando Cerimedo, a été la cible d’une attaque ciblée devant un hôtel de Santa Cruz, en Bolivie. Deux hommes déguisés en livreurs ont ouvert le feu sur elle, la blessant au cou, au thorax et au bras droit. Hospitalisée en urgence, elle a survécu à ses blessures et a immédiatement pointé du doigt Cerimedo, décrivant une relation toxique marquée par des menaces répétées. « Il m’avait prévenue que si je parlais, je le regretterais », a-t-elle déclaré à la police, selon des éléments rapportés par Courrier International.

L’enquête a révélé que Cerimedo, marié et père de deux enfants en Argentine, entretenait une liaison avec Beller tout en occupant le poste de « conseiller principal » du président bolivien Rodrigo Paz. Son influence dans les cercles du pouvoir bolivien et son réseau médiatique en Argentine en font une figure controversée, souvent associée à des stratégies de désinformation en ligne.

Trois enquêtes pour un même homme

Dès le lendemain de l’attaque, le parquet bolivien a ouvert une première enquête pour tentative de féminicide, un crime passible de vingt ans de prison en Bolivie. Cerimedo, arrêté dans la foulée, a été écroué pour six mois, les autorités craignant qu’il ne quitte le pays. Une décision justifiée par son passeport argentin et ses liens transfrontaliers, comme l’a expliqué un responsable judiciaire sous couvert d’anonymat.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le 20 août 2026, le parquet a lancé une deuxième enquête pour enrichissement illicite. Cerimedo est soupçonné d’avoir accumulé un patrimoine disproportionné par rapport à ses revenus déclarés, notamment via la propriété de médias en Argentine. « Son train de vie était incompatible avec ses déclarations fiscales », a indiqué une source proche de l’enquête à Courrier International.

Enfin, le 24 août, une troisième procédure a été engagée pour collaboration présumée avec des narcotrafiquants. Des rumeurs persistantes évoquent des liens entre Cerimedo et des réseaux criminels en Argentine et en Bolivie, bien que les détails restent flous. Ces accusations, si elles étaient confirmées, pourraient impliquer un scandale politique bien plus large, touchant des responsables de l’extrême droite latino-américaine.

Un « homme MAGA » en Amérique latine

Fernando Cerimedo est une figure centrale du mouvement conservateur en Amérique latine, souvent comparé aux conseillers proches de Donald Trump aux États-Unis. Selon Clarín, il aurait joué un rôle clé dans les campagnes électorales de plusieurs dirigeants d’extrême droite, dont le président bolivien Rodrigo Paz, en orchestrant des campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. Son expertise en manipulation médiatique lui aurait valu le surnom de « spin doctor » de la droite latino-américaine.

Son arrestation a suscité l’émoi dans les milieux politiques boliviens et argentins. Plusieurs opposants à Cerimedo ont salué cette décision, y voyant un signal fort contre l’impunité des élites. « C’est une victoire pour toutes les femmes qui subissent des violences », a réagi une militante féministe à La Paz. Pourtant, certains de ses anciens alliés politiques restent silencieux, craignant des révélations embarrassantes.

Un réseau médiatique et politique sous les projecteurs

Propriétaire de plusieurs médias en Argentine, Cerimedo a bâti sa réputation sur la diffusion de fausses informations et la polarisation du débat public. Ses détracteurs l’accusent d’avoir contribué à la montée des discours d’extrême droite en Amérique latine, en alimentant des théories conspirationnistes et en discréditant ses adversaires. Son arrestation pourrait, selon les observateurs, fragiliser ce réseau et révéler des pratiques illégales à grande échelle.

En Bolivie, son rôle auprès du président Rodrigo Paz est désormais questionné. Des rumeurs circulent selon lesquelles il aurait influencé des décisions gouvernementales en échange de faveurs, notamment dans l’attribution de contrats publics. Aucune preuve formelle n’a encore été rendue publique, mais l’enquête pourrait s’étendre à d’autres personnalités politiques.

Et maintenant ?

L’affaire Cerimedo en est encore à ses débuts, mais les prochaines semaines seront décisives. La première audience de l’accusé est prévue pour le 21 août 2026 à Santa Cruz, où il devra répondre des accusations de tentative de féminicide. Les enquêteurs boliviens pourraient également demander son extradition vers l’Argentine pour les autres chefs d’accusation, notamment l’enrichissement illicite et les liens présumés avec le narcotrafic.

Si les preuves contre lui se confirment, son cas pourrait devenir un symbole de la lutte contre l’impunité des puissants en Amérique latine. Reste à savoir si cette affaire ébranlera les réseaux d’influence qu’il a contribué à construire, ou si elle restera un cas isolé dans un système où l’argent et le pouvoir priment souvent sur la loi.

Une chose est sûre : l’enquête ne fait que commencer, et d’autres révélations pourraient émerger dans les mois à venir.

Fernando Cerimedo était officiellement conseiller principal du président bolivien Rodrigo Paz, un poste qui lui aurait donné accès à des informations sensibles. Les enquêteurs boliviens étudient désormais si cette proximité a servi à faciliter des actes illégaux, comme l’enrichissement personnel ou des collaborations avec des groupes criminels.

La Bolivie a renforcé ses lois contre les violences faites aux femmes ces dernières années, notamment après des mouvements sociaux massifs comme le « Ni Una Menos ». Une condamnation dans cette affaire pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité des auteurs de violences de genre dans le pays.