Les forces de l’ordre boliviennes ont levé, vendredi 5 juin 2026, les barrages qui paralysaient depuis plus d’un mois une artère essentielle pour l’approvisionnement en denrées alimentaires de La Paz et de sa voisine El Alto. Ces deux villes, soumises à une crise économique marquée, subissaient l’asphyxie économique causée par les manifestations réclamant la démission du président Rodrigo Paz, d’après RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Une route vitale pour l’approvisionnement alimentaire de La Paz et El Alto a été débloquée le 5 juin 2026 par la police et l’armée boliviennes.
- Les manifestations contre le président Rodrigo Paz durent depuis plus d’un mois dans un contexte de crise économique aiguë.
- La capitale et sa voisine, toutes deux asphyxiées par les blocages, subissaient des pénuries alimentaires croissantes.
Un mois de mobilisations et de tensions économiques
Depuis le début du mois de mai 2026, la Bolivie traverse une période de forte instabilité sociale. Les cortèges de manifestants, opposés au gouvernement de Rodrigo Paz, réclament son départ, invoquant une gestion jugée inefficace de l’économie nationale. Les tensions se sont cristallisées autour des axes routiers menant à La Paz, où les pénuries de produits de première nécessité commençaient à se faire sentir.
Les commerçants et les habitants des deux villes, souvent confrontés à des files d’attente interminables devant les rares magasins approvisionnés, dénonçaient une situation insoutenable. La route bloquée reliait notamment les zones agricoles productrices de denrées alimentaires au marché central de La Paz, où transitent chaque jour des milliers de tonnes de nourriture.
L’intervention des forces de l’ordre pour lever les barrages
Vendredi dernier, les autorités ont décidé de mettre fin à l’impasse en déployant des unités de police et de l’armée sur l’axe routier concerné. Selon les comptes-rendus relayés par RFI, les opérations se sont déroulées sans incident majeur, permettant la réouverture progressive du trafic. Les forces de l’ordre ont précisé avoir agi dans le but de « rétablir les conditions normales de vie pour les citoyens de La Paz et El Alto ».
Cette décision intervient alors que les autorités boliviennes multiplient les appels au calme tout en refusant d’engager des négociations avec les leaders des manifestations. Le gouvernement a rappelé à plusieurs reprises que le départ du président n’était « pas à l’ordre du jour », selon des déclarations rapportées par la presse locale.
Un contexte économique déjà fragilisé
La crise actuelle s’inscrit dans un contexte économique déjà très dégradé en Bolivie. Le pays, riche en ressources naturelles mais lourdement endetté, subit de plein fouet les conséquences de la chute des prix des matières premières et d’une inflation persistante. Les observateurs soulignent que les tensions sociales risquent de s’aggraver si les mesures d’urgence ne sont pas rapidement mises en place pour stabiliser l’approvisionnement et relancer l’activité économique.
Les experts économiques interrogés par RFI estiment que la situation pourrait encore se dégrader dans les semaines à venir, faute de solutions structurelles. « La crise actuelle est le reflet d’un système économique qui montre ses limites depuis plusieurs années », a expliqué un économiste de l’Université majeure de La Paz sous couvert d’anonymat.
De leur côté, les organisateurs des manifestations ont d’ores et déjà annoncé qu’ils maintiendraient la pression sur le gouvernement jusqu’à obtenir la démission de Rodrigo Paz. « Tant que le président ne partira pas, nous continuerons à manifester », a déclaré à la presse locale l’un des porte-parole du mouvement, María Choque, sans pour autant évoquer de nouvelles actions spécifiques.
Les manifestants réclament principalement la démission du président Rodrigo Paz, qu’ils accusent de mauvaise gestion économique et de corruption. Ils dénoncent également les pénuries alimentaires et la hausse des prix, aggravées par les blocages routiers.