Le gouvernement français accélère sa stratégie d'électrification des véhicules en ciblant un frein majeur à l'achat des voitures électriques : l'accès aux bornes de recharge en copropriété. Selon BFM Immo, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a annoncé mardi sur RTL la création de 1,2 million de places de parking équipées de bornes de recharge dans les immeubles en copropriété d'ici à 2035. Objectif : porter le total à 1,7 million de places électrifiées dans les résidences collectives à cette échéance.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement prévoit 1,2 million de places supplémentaires équipées de bornes en copropriété d'ici 2035, portant le total à 1,7 million.
- La Caisse des dépôts financera majoritairement ces installations, avec une quote-part moyenne de 1 080 euros par borne pour les copropriétaires.
- Le programme Advenir voit ses aides revalorisées à partir du 1er avril 2026, couvrant désormais jusqu'à 50 % des coûts d'installation dans les immeubles.
- En France, 25 % des véhicules vendus en 2026 sont électriques, mais le manque d'infrastructures en copropriété reste un obstacle majeur.
- En 2025, 185 000 bornes publiques étaient recensées, contre 1,1 million en parkings d'entreprises et 1,6 million chez les particuliers.
Ce plan s'inscrit dans la continuité des annonces gouvernementales visant à accélérer la transition énergétique du parc automobile, alors que les prix des carburants traditionnels restent élevés. Pour Roland Lescure, « le vrai sujet, c'est souvent les bornes électriques ». Le ministre a souligné que, « grâce à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), on va multiplier les bornes électriques dans les copropriétés ». Aujourd'hui, 100 000 bornes électriques permettent d'équiper 400 000 places de parking dans les immeubles, un chiffre que le gouvernement entend quintupler d'ici 2035.
Pour y parvenir, Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, avance les fonds nécessaires aux copropriétés afin de faciliter l'adhésion des résidents lors des assemblées générales. Seuls les propriétaires souhaitant installer une borne prendront en charge une quote-part, estimée en moyenne à 1 080 euros par borne, comme l'a expliqué fin mars Pierre Eymard, directeur général de Logivolt. Cette initiative vise à lever les réticences liées au coût initial, souvent perçu comme un obstacle malgré les économies réalisées sur le long terme avec un véhicule électrique.
Des aides publiques revalorisées pour faciliter l'installation
Cette annonce intervient alors que les aides du programme Advenir, financé via les Certificats d'économie d'énergie, ont été significativement augmentées à partir du 1er avril 2026. Désormais, l'État couvre jusqu'à 50 % des coûts d'installation pour les immeubles en copropriété, avec un plafond relevé à 12 500 euros par immeuble pour les parkings de moins de 100 places. Pour les places supplémentaires, la prime est passée de 75 à 125 euros par unité, avec des bonus pour les parkings extérieurs. À titre de comparaison, le coût moyen des travaux avoisine 25 000 euros par immeuble, ce qui rend ces subventions particulièrement attractives.
Depuis 2016, le programme Advenir a déjà permis de financer près de 47 000 points de recharge et d'équiper 6 500 immeubles. Pourtant, ce chiffre ne représente qu'une infime partie des 160 000 immeubles avec parking de plus de 15 places potentiellement éligibles en France, comme l'a rappelé Pierre Eymard. Malgré ces avancées, le manque d'infrastructures en copropriété demeure l'un des principaux freins à l'achat d'un véhicule électrique, aux côtés de l'autonomie et du temps de charge.
Un réseau en croissance, mais encore insuffisant face à la demande
D'après les dernières données disponibles, le gestionnaire du réseau électrique Enedis comptait 185 000 bornes publiques ouvertes au public fin 2025, réparties entre bornes municipales, stations-services et parkings publics. Les infrastructures privées sont bien plus développées, avec 1,1 million de bornes en parkings d'entreprises et 1,6 million chez les particuliers, principalement dans des maisons individuelles. Ces chiffres illustrent une dynamique de déploiement inégale, où les espaces privés et professionnels sont mieux équipés que les résidences collectives.
En 2026, 25 % des véhicules vendus en France sont électriques, un taux qui devrait continuer à progresser avec l'augmentation des modèles disponibles et la baisse progressive des prix. Pourtant, le parc automobile reste majoritairement thermique, et l'électrification des copropriétés est devenue un enjeu clé pour éviter que les résidents ne soient contraints de se rabattre sur des solutions alternatives, comme le recours à des bornes publiques ou des abonnements en parkings privés. — Autant dire que sans ces infrastructures, l'objectif de neutralité carbone en 2050 risque de rester hors de portée.
Pour l'heure, les associations de consommateurs et les professionnels du secteur saluent cette avancée, tout en appelant à un accompagnement renforcé pour les copropriétés les plus modestes. Le succès de cette politique dépendra en grande partie de la capacité des pouvoirs publics à mobiliser l'ensemble des acteurs, des promoteurs immobiliers aux gestionnaires de réseaux, en passant par les résidents eux-mêmes. Bref, le chemin vers une électrification massive des résidences collectives ne fait que commencer.
Les aides du programme Advenir, revalorisées depuis le 1er avril 2026, couvrent jusqu'à 50 % des coûts d'installation pour les immeubles en copropriété. Le plafond est fixé à 12 500 euros pour les parkings de moins de 100 places, avec une prime de 125 euros par place supplémentaire. Les résidences doivent être immatriculées en France et disposer d'un parking de plus de 15 places. Les demandes se font via un installateur certifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement).
Logivolt, filiale de la Caisse des dépôts, avance les fonds nécessaires aux copropriétés pour couvrir les coûts initiaux (études, travaux, raccordement). Les résidents qui souhaitent installer une borne ne paient ensuite qu'une quote-part moyenne de 1 080 euros, le reste étant pris en charge par les subventions publiques et le financement de la CDC. Ce dispositif vise à faciliter les décisions en assemblée générale, où les copropriétaires craignent souvent des coûts prohibitifs.