Selon Le Figaro - Immobilier, le marché immobilier français affiche une résilience inattendue dans un contexte économique marqué par des incertitudes persistantes. Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi, et Maxime Chipoy, directeur éditorial du courtier Meilleurtaux, ont livré leur analyse des tendances actuelles et des conditions d’emprunt lors d’un échange animé par Olivier Marin sur Figaro TV.

Ce qu'il faut retenir

  • Les professionnels du secteur estiment que le marché immobilier « tient bon » malgré un environnement économique incertain, selon Le Figaro - Immobilier.
  • L’émission diffusée sur Figaro TV a permis d’éclairer les tendances des marchés et les conditions d’emprunt actuelles, deux paramètres clés pour les acheteurs et vendeurs.
  • Les analyses de Guillaume Martinaud (Orpi) et Maxime Chipoy (Meilleurtaux) ont mis en lumière les facteurs expliquant cette stabilité relative.

Un marché qui résiste à l’incertitude économique

Dans un entretien diffusé sur Figaro TV, Guillaume Martinaud, président du réseau Orpi, a souligné que le marché immobilier français montrait des signes de stabilité malgré les tensions économiques récentes. « Les indicateurs restent globalement positifs, même si l’incertitude pèse sur les décisions des ménages », a-t-il précisé. Selon lui, la demande reste soutenue, notamment dans les grandes villes, où les prix se maintiennent à un niveau élevé. Le Figaro - Immobilier rapporte que cette résistance s’explique en partie par un stock limité de biens disponibles, qui limite l’impact d’un éventuel ralentissement.

Côté offre, Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux, a confirmé cette tendance en pointant du doigt les conditions d’emprunt, qui restent favorables malgré la hausse des taux d’intérêt. « Les banques continuent d’accompagner les projets d’achat, même si les critères de solvabilité se durcissent légèrement », a-t-il indiqué. Pour autant, il a rappelé que les ménages les plus modestes pouvaient rencontrer des difficultés à accéder au crédit, un phénomène qui pourrait freiner la dynamique globale du marché.

Les conditions d’emprunt, un levier de stabilité

L’émission diffusée sur Figaro TV a également permis d’aborder la question des taux d’intérêt, un sujet central pour les futurs acquéreurs. Selon Le Figaro - Immobilier, les taux moyens pratiqués par les banques se situent autour de 3,8 % pour un prêt sur vingt ans, un niveau jugé encore « raisonnable » par les professionnels. Maxime Chipoy a cependant nuancé ce constat en rappelant que « les écarts entre les profils emprunteurs restent importants ». Les ménages aux revenus stables et avec un apport personnel conséquent bénéficient toujours de conditions avantageuses, contrairement aux profils plus fragiles.

Autre élément clé : la durée des prêts, qui s’allonge pour compenser la hausse des taux. « On observe une augmentation des prêts sur 25 ou 30 ans, une tendance qui permet à certains ménages de maintenir leur pouvoir d’achat immobilier », a expliqué Guillaume Martinaud. Toutefois, cette stratégie comporte des risques à long terme, notamment en cas de remontée des taux ou de baisse des revenus. Le Figaro - Immobilier souligne que cette situation illustre les arbitrages complexes auxquels sont confrontés les ménages dans un marché en tension.

Quelles perspectives pour les prochains mois ?

Interrogés sur les perspectives à court terme, les deux experts ont adopté un ton prudent. Guillaume Martinaud a estimé que « le marché devrait rester stable dans les six prochains mois, à condition que l’inflation ne s’emballe pas ». Il a ajouté que « les élections législatives prévues en juin pourraient introduire une nouvelle variable, notamment si elles débouchent sur des mesures fiscales défavorables au secteur ».

De son côté, Maxime Chipoy a rappelé que « la demande reste forte dans les zones tendues, comme l’Île-de-France ou la région lyonnaise », mais que « la hausse des prix pourrait finir par peser sur les décisions des acheteurs ». Il a également évoqué le risque d’un ralentissement de la construction neuve, en raison des coûts des matériaux et des délais administratifs, un phénomène qui pourrait aggraver la pénurie de logements dans certaines zones.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour le marché immobilier français. Les professionnels surveillent de près l’évolution des taux d’intérêt, dont la stabilisation dépendra en grande partie de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Une remontée trop brutale des taux pourrait freiner la demande, tandis qu’un maintien à leur niveau actuel pourrait prolonger la dynamique actuelle. Par ailleurs, les résultats des élections législatives de juin 2026 pourraient introduire des changements réglementaires susceptibles d’influencer les prix et l’accès au crédit. Enfin, la reprise de la construction neuve, si elle se concrétise, pourrait apporter un début de solution à la pénurie de logements dans les zones les plus tendues.

En conclusion, le marché immobilier français semble tenir bon pour l’instant, mais sa résilience dépendra de facteurs externes difficilement prévisibles. Les analyses de Guillaume Martinaud et Maxime Chipoy rappellent que, malgré les incertitudes, les fondamentaux du secteur restent solides – à condition de ne pas sous-estimer les risques à venir.

D’après Maxime Chipoy, la trajectoire des taux dépendra principalement de la politique de la Banque centrale européenne. Si l’inflation reste maîtrisée, une stabilisation voire une légère baisse pourrait intervenir d’ici la fin de l’année. En revanche, une nouvelle poussée inflationniste pourrait entraîner une nouvelle hausse, rendant l’accès au crédit plus difficile pour les ménages.