D'après Euronews FR, l'indice sud-coréen Kospi a connu une chute historique mardi 9 août 2026, perdant plus de 10 % de sa valeur en début de matinée. Cette baisse brutale s'explique principalement par la forte vente des actions des géants des semi-conducteurs, Samsung Electronics et SK Hynix, dans un contexte de remises en question autour de la durabilité de la croissance liée à l'intelligence artificielle.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Kospi a chuté de 10,5 %, atteignant 6 051,19 points, son niveau le plus bas depuis avril 2026
  • Les actions de Samsung Electronics et SK Hynix ont reculé respectivement de 12 % et 12,7 %
  • La frénésie autour de l'IA est remise en cause par l'émergence de concurrents chinois, dont CXMT a vu son cours bondir de 466 % lors de son introduction en Bourse
  • Les autres places asiatiques ont également reculé, sauf l'Australie qui a progressé de 0,6 %
  • Le prix du pétrole a continué de baisser, les tensions au Moyen-Orient restant en suspens

Un effondrement sans précédent pour le Kospi

Les échanges ont été temporairement interrompus mardi matin après que le Kospi a plongé à son plus bas niveau depuis avril 2026. Cette chute spectaculaire de 10,5 %, portant l'indice à 6 051,19 points, reflète une défiance généralisée envers les valeurs technologiques liées à l'IA. Les deux principaux acteurs sud-coréens du secteur, Samsung Electronics et SK Hynix, ont subi des reculs particulièrement marqués, avec des baisses respectives de 12 % et 12,7 %. Selon les analystes interrogés par Euronews FR, cette vente massive s'explique par des doutes croissants sur la capacité des acteurs traditionnels à maintenir leur domination face à une concurrence accrue.

La concurrence chinoise inquiète les investisseurs

Un élément déclencheur de cette volatilité a été l'introduction en Bourse de CXMT, fabricant chinois de semi-conducteurs, sur le STAR Market de Shanghai. Le titre a bondi de 466 % dès son premier jour de cotation, levant au passage 8,6 milliards de dollars (soit environ 7,6 milliards d'euros). Cette performance spectaculaire a renforcé les craintes des investisseurs quant à la capacité des groupes internationaux à préserver leurs marges face à des acteurs émergents, mieux positionnés sur les coûts et bénéficiant de soutiens publics massifs. « Les marchés craignent que la frénésie autour de l'IA ne s'essouffle, avec une concurrence chinoise de plus en plus agressive », explique un analyste interrogé par Euronews FR.

Les autres places asiatiques dans le rouge, sauf l'Australie

La baisse du Kospi s'inscrit dans un mouvement plus large de repli des places boursières asiatiques. À Tokyo, le Nikkei 225 a perdu 4 %, tombant à 62 350,18 points, tandis qu'à Taïwan, le Taiex a reculé de 3,9 %. À Hong Kong, le Hang Seng a cédé 0,1 % à 25 178,21 points, et le Shanghai Composite a abandonné 1 %, s'établissant à 3 820,52 points. Seul l'Australie a fait exception, avec une progression de 0,6 % pour le S&P/ASX 200, qui s'est établi à 8 944,40 points.

Cette divergence s'explique en partie par la résistance du secteur minier australien, moins exposé aux tensions géopolitiques et aux craintes liées à l'IA que les valeurs technologiques. « Le marché australien bénéficie d'un contexte macroéconomique plus stable et d'une demande soutenue pour les matières premières », précise un économiste interrogé par Euronews FR.

Le pétrole en repli, les négociations au Moyen-Orient en suspens

Sur le marché des matières premières, les cours du pétrole ont poursuivi leur baisse mardi. Le Brent, référence internationale, a perdu 0,8 %, s'échangeant à 85,16 dollars le baril, tandis que le WTI américain a reculé de 0,9 %, tombant à 81,86 dollars. Cette tendance s'explique par l'absence d'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran, qui se sont abstenus de toute attaque pour la troisième journée consécutive. Des responsables locaux ont indiqué que des médiateurs œuvraient pour ramener les deux parties à la table des négociations, bien qu'aucune date précise n'ait été avancée.

« La détente actuelle au Moyen-Orient limite les risques de perturbation de l'approvisionnement, mais la situation reste fragile », souligne un analyste en énergie. Cette stabilisation temporaire a permis aux marchés de se détendre, même si les cours restent élevés par rapport aux niveaux d'avant 2022.

Wall Street en ordre dispersé, le Nasdaq signe une quatrième séance de baisse

De l'autre côté du Pacifique, les indices américains ont terminé la journée de lundi en ordre dispersé. Le S&P 500 a enregistré une légère hausse de moins de 0,1 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average a progressé de 0,5 %. En revanche, le Nasdaq Composite a prolongé sa série de baisses, perdant 0,2 % et signant ainsi sa quatrième séance consécutive de repli. Cette contre-performance reflète la sensibilité accrue des investisseurs américains aux valeurs technologiques, souvent assimilées à une bulle spéculative.

« Les marchés américains restent prudents face aux valorisations élevées des entreprises liées à l'IA, qui peinent à justifier leurs cours actuels », commente un gestionnaire de fonds interrogé par Euronews FR.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour les valeurs technologiques, alors que les investisseurs évalueront la capacité des géants du secteur à maintenir leur croissance face à la concurrence chinoise. Les prochaines annonces des entreprises sud-coréennes, notamment Samsung et SK Hynix, ainsi que les données économiques chinoises attendues en septembre, pourraient apporter des éclairages supplémentaires. D'ici là, les marchés devraient rester volatils, avec un risque de nouvelles pressions à la vente si les craintes de bulle autour de l'IA persistent.

Reste à voir si les médiations en cours au Moyen-Orient aboutiront à une désescalade durable, ce qui pourrait soutenir les cours du pétrole et, par ricochet, les marchés actions. En attendant, la prudence devrait dominer chez les investisseurs, alors que l'incertitude géopolitique et technologique pèse sur les décisions.

La chute des valeurs technologiques, notamment en Corée du Sud, s'explique par une combinaison de facteurs : des doutes sur la durabilité de la croissance liée à l'IA, une concurrence accrue des fabricants chinois comme CXMT, et des valorisations jugées excessives. L'introduction en Bourse de CXMT, avec une hausse de 466 % dès son premier jour, a particulièrement alimenté les craintes d'une surévaluation des acteurs traditionnels.