Dix secondes suffisent pour absorber un seuil d’alerte après avoir manipulé un ticket de caisse, alertent les experts. Le bisphénol A (BPA), interdit en Europe depuis 2020 sur les supports thermiques comme les tickets, a été remplacé par le bisphénol S (BPS), dont la toxicité est désormais documentée, rapporte Journal du Geek. Les études récentes montrent que ce composé présente des risques comparables, voire supérieurs, à ceux de son prédécesseur.

Ce qu'il faut retenir

  • Le bisphénol A (BPA) a été interdit sur les tickets de caisse en Europe dès 2020, en raison de ses effets perturbateurs endocriniens avérés.
  • Son remplaçant, le bisphénol S (BPS), est désormais pointé du doigt pour ses propriétés toxiques, selon les dernières recherches citées par Journal du Geek.
  • Une exposition de seulement dix secondes au contact d’un ticket imprégné de BPS permet de franchir les seuils d’alerte sanitaire.
  • Les perturbateurs endocriniens comme le BPS sont suspectés d’interférer avec le système hormonal, avec des conséquences potentielles sur la fertilité et le développement.

Une interdiction motivée par des preuves scientifiques

L’interdiction du BPA dans l’Union européenne s’appuyait sur des études démontrant ses effets néfastes sur la santé, notamment en tant que perturbateur endocrinien. Dès 2017, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait réduit la dose journalière tolérable (DJT) à 4 microgrammes par kilogramme de poids corporel, en raison des risques accrus de diabète, d’obésité et de troubles reproductifs. En 2020, la Commission européenne a étendu cette interdiction aux tickets de caisse et aux reçus thermiques, où le BPA était largement utilisé comme révélateur de couleur.

Cependant, comme le souligne Journal du Geek, le BPS, présenté comme une alternative « sans danger », a rapidement montré des propriétés similaires. Les chercheurs de l’Université du Texas ont révélé en 2023 que le BPS pouvait, à faible dose, induire des modifications épigénétiques comparables à celles provoquées par le BPA. Ces effets persistent même après une exposition ponctuelle, comme celle occasionnée par la manipulation d’un ticket.

Un risque sous-estimé dans le quotidien

Les tickets de caisse, les reçus de carte bancaire ou les étiquettes thermiques des supermarchés sont omniprésents dans notre environnement. Or, selon les estimations, un Européen en manipule en moyenne entre 10 et 20 par jour, sans toujours prendre conscience des substances qu’ils contiennent. Le BPS, stable à la chaleur, est particulièrement résistant à la dégradation et peut persister sur les surfaces ou dans l’organisme après absorption.

Une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology en 2025 a mesuré des concentrations de BPS dans les urines de 80 % des participants après une journée de travail impliquant la manipulation de tickets. Les pics de concentration observés dépassaient les seuils considérés comme sûrs par l’OMS, même chez des individus n’ayant pas de contact direct avec ces supports. « Le BPS n’est pas une solution, c’est un problème déguisé en progrès », a déclaré le Dr. Elena Martinez, toxicologue à l’Institut national de la santé publique.

Quelles alternatives existent aujourd’hui ?

Face à ce constat, plusieurs pistes sont explorées pour réduire l’exposition au BPS. Certains pays, comme la France, ont déjà interdit l’utilisation du BPS dans les tickets de caisse dès 2024, conformément à la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC). D’autres États membres de l’UE devraient suivre, mais aucune décision n’est encore prise à l’échelle européenne. Les alternatives proposées incluent l’impression thermique sans bisphénols, l’envoi des reçus par voie dématérialisée ou l’utilisation d’encres à base d’eau.

Les associations de consommateurs, comme UFC-Que Choisir, appellent à une généralisation rapide de ces solutions. « Les consommateurs n’ont pas à choisir entre leur santé et leur quotidien, a expliqué la porte-parole de l’association. Les commerçants peuvent déjà opter pour des systèmes de facturation électronique ou des tickets imprimés sur des supports sans BPS. »

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait présenter d’ici la fin de l’année 2026 un rapport sur la toxicité du BPS et les mesures à adopter. Une révision de la réglementation pourrait intervenir en 2027, avec une possible extension de l’interdiction à d’autres produits en contact avec la peau ou les aliments. En attendant, les consommateurs peuvent limiter leur exposition en privilégiant les reçus électroniques ou en lavant soigneusement leurs mains après avoir manipulé un ticket.

Pour les entreprises, la transition vers des solutions sans BPS pourrait prendre plusieurs mois, selon les secteurs. Les commerces en ligne, déjà équipés de systèmes de facturation dématérialisée, pourraient être les premiers à abandonner définitivement les tickets thermiques.

Il n’existe pas de moyen visuel de distinguer un ticket contenant du BPS d’un ticket classique. Les mentions « sans BPA » ne garantissent pas l’absence de BPS, car ce dernier est souvent utilisé en remplacement sans être explicitement indiqué. La seule solution fiable reste de privilégier les reçus électroniques ou de demander au commerçant le mode d’impression utilisé.