Le Brésil envisage l’acquisition de 20 avions de chasse Gripen, fabriqués par le groupe suédois Saab, en plus des 36 appareils déjà en service, a annoncé jeudi 4 juin 2026 le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue brésilien José Múcio. Selon BFM Business, cette nouvelle commande s’inscrit dans la continuité d’un partenariat stratégique entre les deux pays, tout en restant sans calendrier ni montant précis pour l’instant.
Ce qu’il faut retenir
- 20 Gripen supplémentaires pourraient être livrés au Brésil, portant le total potentiel à 56 appareils.
- Le premier Gripen fabriqué localement a été dévoilé fin mars 2026 dans l’État de São Paulo, dans le cadre d’un accord de 2014.
- Le contrat initial de 2014 prévoyait 36 Gripen E/F pour 4,5 milliards de dollars (soit 3,9 milliards d’euros), dont 15 produits en Suède et 21 à assembler au Brésil.
- Les deux pays ont acté la création d’un centre dédié au Brésil pour le développement de systèmes liés au Gripen.
- L’affaire des soupçons de corruption autour de l’attribution du contrat initial en 2014 a valu au président brésilien Lula da Silva un procès, finalement classé sans suite en 2021.
Un partenariat qui dépasse les attentes initiales
Le Brésil a signé en 2014 un accord historique avec Saab pour l’acquisition de 36 avions Gripen E/F, un contrat évalué à 4,5 milliards de dollars. Cet achat, initialement contesté pour des soupçons de corruption liés à la concurrence du Rafale français, avait marqué un tournant dans les relations bilatérales. Après des années de procédures judiciaires, l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva, poursuivi dans cette affaire, a finalement été acquitté en 2021 faute de preuves tangibles. « Ces appareils supplémentaires témoignent du bon fonctionnement de notre partenariat », a déclaré José Múcio, ministre brésilien de la Défense, lors de l’annonce.
Le contrat de 2014 prévoyait une production partiellement localisée : 15 appareils devaient être fabriqués en Suède, tandis que les 21 autres seraient assemblés au Brésil par Embraer, dans son usine de Gavião Peixoto, située dans l’État de São Paulo. Fin mars 2026, le premier Gripen assemblé localement a été présenté, symbolisant une étape clé dans l’autonomie industrielle du Brésil en matière de défense.
Une nouvelle commande qui consolide la collaboration industrielle
L’annonce de ces 20 Gripen supplémentaires n’est pas anodine. Elle intervient alors que le Brésil et la Suède renforcent leur coopération dans le secteur de l’aéronautique militaire. « Ceux-ci seront, bien sûr, fabriqués au Brésil », a précisé Pål Jonson, soulignant l’importance de l’ancrage local dans cette coopération. Selon le ministre suédois, cette nouvelle commande illustre la réussite du modèle initial et ouvre la voie à une collaboration encore plus étroite. « C’est une réussite d’avoir surmonté les difficultés, et nous allons nous employer à renforcer encore davantage ce partenariat », a ajouté José Múcio.
Au-delà des avions eux-mêmes, les deux pays ont convenu de la création d’un centre dédié au Brésil. Ce site aura pour mission de développer de nouveaux systèmes et équipements pour l’exploitation, la maintenance et la modernisation des Gripen. Une initiative qui devrait permettre au Brésil de gagner en autonomie technologique et de réduire sa dépendance aux importations dans ce domaine.
Un contexte marqué par des tensions industrielles et géopolitiques
Le choix du Gripen par le Brésil en 2014 avait été perçu comme un revers pour l’industrie française, alors en lice avec le Rafale. L’affaire avait pris une dimension politique, avec des accusations de corruption visant des responsables brésiliens et français. Après des années d’enquête, le volet brésilien s’est conclu par un non-lieu pour Lula da Silva, sans que les soupçons ne soient étayés. Pour autant, cette polémique a laissé des traces dans les relations entre Paris et Brasilia, même si les deux pays ont depuis maintenu un dialogue sur d’autres sujets stratégiques.
Côté suédois, cette nouvelle commande confirme la position de Saab comme acteur majeur sur le marché des avions de combat. Le Gripen, réputé pour son coût opérationnel réduit et sa polyvalence, séduit des pays comme la Tchéquie, la Hongrie ou encore la Thaïlande. Pour le Brésil, qui modernise ses forces aériennes, ce choix permet de diversifier ses sources d’approvisionnement et de bénéficier d’un transfert de technologie.
Quelles perspectives pour l’industrie aéronautique brésilienne ?
L’assemblage local des Gripen au Brésil s’inscrit dans une stratégie plus large de développement industriel. Embraer, déjà partenaire historique de Saab, joue un rôle central dans ce projet. La fabrication de ces avions sur le sol brésilien devrait créer des emplois et stimuler les compétences locales en maintenance et modernisation. Cependant, la dépendance aux composants suédois reste un enjeu, comme l’a rappelé Pål Jonson lors de la conférence de presse.
Par ailleurs, cette commande s’ajoute à d’autres projets d’armement en cours au Brésil, notamment la modernisation des avions Super Tucano ou l’acquisition de drones. Le gouvernement brésilien cherche à réduire sa dépendance aux importations, tout en renforçant son autonomie stratégique. « Nous allons nous employer à renforcer encore davantage ce partenariat », a insisté José Múcio, laissant entrevoir d’éventuelles futures collaborations avec Saab.
Une chose est sûre : le Brésil, qui mise sur son autonomie industrielle et sa souveraineté en matière de défense, continue de jouer la carte de la diversification. Que ce soit avec la Suède ou d’autres partenaires, l’enjeu reste de taille : sécuriser des capacités aériennes modernes sans dépendre d’un seul acteur. Et c’est précisément ce que ces 20 Gripen supplémentaires pourraient aider à concrétiser.
En 2014, le Brésil a opté pour le Gripen suédois pour plusieurs raisons : un prix compétitif, un transfert de technologie plus avantageux, et une offre industrielle incluant une production partielle sur son sol. Le contrat prévoyait notamment l’assemblage de 21 avions par Embraer. Par ailleurs, des soupçons de corruption ont entaché l’appel d’offres du Rafale, ce qui a pu influencer la décision finale. Selon BFM Business, l’affaire a été classée sans suite pour le président Lula da Silva en 2021.