La police fédérale brésilienne a convoqué, la semaine dernière, des représentants de TikTok pour examiner une tendance virale encourageant les agressions contre les femmes, selon Libération. Ce phénomène, qui met en lumière l’essor de contenus misogynes en ligne, intervient dans un pays déjà marqué par des records de féminicides et une culture profondément ancrée de violence sexiste.

Ce qu'il faut retenir

  • La police fédérale brésilienne a convoqué TikTok pour discuter d’une tendance incitant à la violence contre les femmes, selon Libération.
  • Cette tendance se manifeste par des vidéos où des hommes simulent des agressions contre des femmes, avec des messages du type « Je m’entraîne au cas où elle dirait non ».
  • Le Brésil enregistre un taux élevé de féminicides, avec plus de 1 400 cas recensés en 2025, selon les dernières données officielles.
  • Les autorités s’inquiètent de la normalisation de ces contenus, qui reflètent une montée des discours masculinistes dans le pays.
  • Des associations féministes dénoncent une banalisation de la violence machiste, alimentée par les réseaux sociaux.

Ces vidéos, souvent tournées dans un cadre humoristique ou provocateur, s’inscrivent dans une logique de « préparation » à un refus féminin, comme l’illustre le slogan « Je m’entraîne au cas où elle dirait non ». Libération souligne que ces contenus, bien que marginaux, gagnent en visibilité sur des plateformes comme TikTok, où ils sont partagés massivement. Les autorités brésiliennes, confrontées à une recrudescence des violences faites aux femmes, ont décidé d’agir en convoquant les responsables de la plateforme pour exiger des mesures contre la diffusion de ces vidéos.

Le Brésil, pays de plus de 215 millions d’habitants, est l’un des plus touchés par les féminicides au monde. En 2025, selon le ministère brésilien des Droits de la femme, 1 437 femmes ont été tuées en raison de leur genre, soit une augmentation de 7 % par rapport à 2024. Ces chiffres, déjà alarmants, pourraient être sous-estimés en raison d’un manque de signalement dans certaines régions. La tendance observée sur les réseaux sociaux ne fait qu’aggraver une situation déjà critique, en normalisant des comportements violents et en minimisant la gravité des agressions.

Les associations féministes, comme le Mouvement des femmes brésiliennes (MBF), dénoncent une culture du viol et de la domination masculine qui se renforce en ligne. « Ces vidéos sont une preuve supplémentaire de la violence systémique que subissent les femmes au Brésil », a déclaré Maria da Silva, porte-parole de l’association. Elle ajoute que « les réseaux sociaux amplifient ces discours, qui finissent par influencer les comportements dans la société ». Les plateformes, selon elle, ont une responsabilité dans la modération de ces contenus, souvent signalés par les utilisateurs mais rarement supprimés en temps utile.

« Ces vidéos ne sont pas anodines : elles participent à un climat général de violence contre les femmes, où chaque refus est perçu comme une provocation. »
Maria da Silva, porte-parole du Mouvement des femmes brésiliennes

Face à cette situation, le gouvernement brésilien a annoncé des mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexistes, notamment en durcissant les peines pour les auteurs de contenus haineux en ligne. Une loi, adoptée en mars 2026, prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison pour la diffusion de vidéos encourageant la violence contre les femmes. Cependant, son application reste un défi, compte tenu de la rapidité avec laquelle ces contenus se propagent sur les réseaux sociaux.

Et maintenant ?

TikTok a indiqué, dans un communiqué, qu’il travaillait avec les autorités brésiliennes pour « identifier et supprimer » les contenus incitant à la violence. Une réunion entre la plateforme et la police fédérale est prévue pour le 25 avril 2026, afin de définir des protocoles plus stricts. Les associations féministes, quant à elles, appellent à une mobilisation plus large, notamment auprès des autres plateformes comme Instagram ou YouTube, où ces tendances circulent également.

Pour l’instant, rien n’indique que cette tendance va disparaître rapidement. Les autorités et les associations restent vigilantes, mais la bataille contre la normalisation de la violence en ligne s’annonce longue et complexe. Une chose est sûre : le Brésil, déjà en proie à une crise des violences sexistes, ne peut se permettre de laisser prospérer ces discours dangereux.