La préfecture de Bretagne a dévoilé, le 28 août 2026, un ensemble de mesures renforcées pour lutter contre la prolifération des algues vertes dans la région. Cette décision intervient à la suite d’un recours déposé par l’association Eaux et rivières de Bretagne devant le tribunal administratif de Rennes, en mars 2025. Ce dernier avait enjoint l’État à agir plus fermement contre la pollution aux nitrates, principal facteur favorisant l’expansion de ces algues. Selon nos confrères de Reporterre, les nitrates, majoritairement issus des pratiques agricoles, restent au cœur du problème environnemental breton.
Ce qu'il faut retenir
- La préfecture de Bretagne a annoncé, le 28 août 2026, de nouvelles mesures contre les algues vertes.
- Ces décisions font suite à un recours de l’association Eaux et rivières de Bretagne devant le tribunal administratif de Rennes, déposé en mars 2025.
- Le tribunal avait demandé à l’État de renforcer la lutte contre la pollution aux nitrates, principaux responsables de la prolifération des algues vertes.
- L’agriculture intensive, notamment l’élevage, reste la principale source d’émissions de nitrates en Bretagne.
Un recours juridique à l’origine des nouvelles mesures
Le tribunal administratif de Rennes avait rendu une décision en mars 2025, enjoignant l’État à durcir sa politique de lutte contre les nitrates. Cette pollution, principalement d’origine agricole, accélère la croissance des algues vertes en Bretagne, un phénomène récurrent depuis plusieurs décennies. Comme le rapporte Reporterre, l’association Eaux et rivières de Bretagne avait saisi la justice pour faire pression sur les autorités publiques. La préfecture a donc présenté un plan d’action actualisé, censé répondre aux exigences fixées par le tribunal.
Des mesures renforcées, mais sans remise en cause de l’élevage intensif
Parmi les actions annoncées, la préfecture mise sur un renforcement des contrôles dans les zones les plus touchées par les marées vertes. Des subventions supplémentaires pourraient être allouées aux agriculteurs pour adopter des pratiques moins polluantes, comme la réduction des épandages ou l’utilisation d’engrais alternatifs. Pourtant, comme le souligne Reporterre, le plan ne remet pas en cause le modèle de l’élevage intensif, pourtant pointé du doigt pour son rôle central dans l’émission des nitrates.
Les associations environnementales, qui réclamaient des mesures plus radicales, dénoncent une approche insuffisante. «
On salue les efforts, mais cela ne suffira pas à résoudre le problème. L’État doit imposer des contraintes bien plus fortes aux agriculteurs et aux industriels responsables de cette pollution. »a réagi un porte-parole d’Eaux et rivières de Bretagne, cité par Reporterre.
Un phénomène historique, aux conséquences sanitaires et économiques
Les algues vertes, dont la prolifération est favorisée par la présence excessive de nitrates dans les eaux, posent un double problème en Bretagne. D’abord environnemental, avec la dégradation des écosystèmes marins et des plages, et ensuite sanitaire, en raison des risques de toxicité pour l’homme et les animaux. Plusieurs épisodes ont marqué l’histoire récente de la région, comme celui de 2022, où des plages entières avaient été couvertes par des tapis d’algues en décomposition, dégageant une odeur nauséabonde et menaçant l’attractivité touristique.
Selon les données disponibles, près de 40 % des cours d’eau bretons dépassent encore les seuils admissibles de nitrates, malgré les plans précédents. Les acteurs locaux s’interrogent donc sur l’efficacité réelle des nouvelles mesures, alors que les objectifs de réduction fixés par l’Union européenne ne sont toujours pas atteints.
En attendant, les habitants et les professionnels du tourisme observent avec attention l’évolution de la situation, espérant que les nouvelles directives porteront enfin leurs fruits. Une chose est sûre : le sujet des algues vertes restera au cœur des débats politiques et sociaux en Bretagne pour les années à venir.
Les algues vertes prolifèrent en raison de l’excès de nitrates dans les eaux, principalement issus des épandages agricoles et de l’élevage intensif. Ces nutriments favorisent leur croissance rapide, surtout lorsque les températures estivales et les conditions météorologiques sont favorables. Les marées vertes sont donc un phénomène récurrent en Bretagne depuis plusieurs décennies.