Selon Ouest France, Bruno Clermont, général à la retraite intervenant régulièrement sur CNews depuis quatre ans, a été limogé en mars 2026 par texto, sans explication officielle de la chaîne. Dans une interview accordée au journal, l’officier a révélé avoir été contacté par message pour mettre un terme à sa collaboration, une pratique inhabituelle dans le milieu médiatique.

Ce qu'il faut retenir

  • Bruno Clermont a officié sur CNews pendant quatre ans, jusqu’à son limogeage en mars 2026.
  • La rupture a été notifiée par texto, sans justification écrite ni entretien préalable.
  • Le général accuse Xenia Fedorova, chroniqueuse pro-russe de la chaîne, d’avoir influencé sa décision.
  • Clermont intervenait régulièrement pour analyser l’actualité géopolitique et militaire.

Un départ brutal après des années d’antenne

Bruno Clermont, ancien officier supérieur connu pour ses prises de parole tranchées sur les questions de défense, a confirmé à Ouest France avoir reçu un message de la chaîne le 15 mars 2026 pour lui annoncer la fin immédiate de son contrat. « Mes propos n’ont pas plu à certains », a-t-il déclaré, sans préciser si cette remarque visait la direction ou des collaborateurs en particulier. Le limogeage a été effectif dès le lendemain, sans période de préavis ni explication formelle.

Contactée par Ouest France, la direction de CNews n’a pas répondu à la demande de commentaires. La chaîne, propriété du groupe Canal+, est régulièrement pointée du doigt pour ses prises de position éditoriales controversées, notamment sur les questions internationales.

Xenia Fedorova, figure pro-russe, au cœur des tensions

Selon Bruno Clermont, sa proximité avec Xenia Fedorova, chroniqueuse star de CNews et connue pour ses positions alignées sur le Kremlin, aurait joué un rôle dans son éviction. « Ses analyses ne correspondent pas à la ligne que certains souhaitent imposer », a-t-il indiqué, sans pour autant accuser directement la chroniqueuse. Xenia Fedorova, dont les interventions portent souvent sur la guerre en Ukraine ou les relations entre la Russie et l’Occident, n’a pas réagi à ces accusations.

Ce limogeage survient dans un contexte où les chaînes d’information en continu sont sous surveillance accrue, notamment sur leur gestion des sujets géopolitiques sensibles. CNews, en particulier, a été critiquée pour sa ligne éditoriale perçue comme favorable à Moscou sur certains sujets.

Un cas symptomatique des tensions médiatiques actuelles ?

L’affaire Clermont illustre les pressions croissantes qui pèsent sur les experts invités à s’exprimer dans les médias, surtout lorsqu’ils abordent des sujets clivants comme la guerre en Ukraine ou les relations avec la Russie. « On ne peut plus avoir d’opinions divergentes sans risquer des représailles », a souligné l’ancien général, qui estime que la liberté de ton sur les chaînes d’information est en recul.

Ce cas n’est pas isolé : plusieurs autres chroniqueurs ou invités ont quitté CNews ces derniers mois, certains évoquant des désaccords éditoriaux ou des pressions internes. La chaîne, souvent qualifiée de « chaîne de la droite conservatrice », est régulièrement au cœur de polémiques sur son traitement de l’information.

Et maintenant ?

Bruno Clermont a indiqué qu’il n’envisageait pas de poursuivre CNews en justice, faute de preuves tangibles de discrimination. Il devrait désormais se tourner vers d’autres tribunes, notamment sur des plateformes en ligne ou des médias indépendants. Quant à Xenia Fedorova, aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce stade, mais son influence sur la ligne éditoriale de CNews pourrait être réexaminée dans les prochains mois, à la lumière de cet incident.

Ce limogeage rappelle aussi les débats récurrents sur l’indépendance des médias face aux pressions politiques ou économiques. Avec l’élection présidentielle française de 2027 en ligne de mire, les chaînes d’information en continu pourraient voir leurs lignes éditoriales encore plus scrutées, tant par le public que par les régulateurs.