À l'occasion de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a été interpellé par des participants hostiles, contrastant avec les applaudissements reçus lors de ses précédentes interventions, selon nos confrères de BFM - Politique. Dans un discours marqué par des sifflets, il a réaffirmé la nécessité de défendre « les chefs d'entreprise et ceux qui créent des emplois dans notre pays ».
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Le Maire a été hué par certains participants lors de la Rencontre des entrepreneurs du Medef, alors qu'il avait été régulièrement applaudi par le passé.
- Le ministre a appelé à la création d'une « fédération d'États nations » pour renforcer la position de la France face à la Chine et aux États-Unis.
- Matthieu Valet, député européen RN, a affirmé que « on ne souhaite pas chasser les riches, on souhaite chasser la spéculation ».
- Elisabeth Borne a souligné la nécessité de donner un « cap clair » en matière de fiscalité pour les chefs d'entreprise.
- Gabriel Attal, candidat à la présidentielle 2027, a indiqué qu'il ne voulait pas être un « candidat qui fait barrage » et a évoqué un rassemblement face aux extrêmes.
- Sophie Taillé-Polian, députée écologiste, a critiqué la « politique de l'offre » en la qualifiant d'« échec ».
Un discours sous haute tension : entre applaudissements et sifflets
Bruno Le Maire a ouvert son intervention en reconnaissant d'emblée le changement de ton qui l'accueillait. « Je me suis fait applaudir ici à de nombreuses reprises, j'entends des sifflets aujourd'hui », a-t-il déclaré devant l'assistance réunie à la REF, un événement annuel qui rassemble les acteurs économiques français. Selon BFM - Politique, cette réaction reflète les tensions croissantes autour de la politique économique menée par le gouvernement, notamment sur les questions de pouvoir d'achat et de fiscalité des entreprises.
Dans son discours, le ministre a insisté sur la nécessité de soutenir les entrepreneurs, évoquant un contexte international « où seuls face à la Chine ou aux États-Unis, nous sommes morts ». Il a ainsi appelé à une « fédération d'États nations » pour mutualiser les forces européennes, une proposition qui a visiblement divisé l'auditoire.
Les chefs d'entreprise et la fiscalité au cœur des débats
Elisabeth Borne, présente lors de l'événement, a tenté de rassurer les entrepreneurs en affirmant qu'il était « nécessaire de donner un cap clair à nos chefs d'entreprise ». Une déclaration qui s'inscrit dans un contexte où la fiscalité des entreprises reste un sujet de discorde, entre mesures incitatives et critiques sur leur efficacité.
Sophie Taillé-Polian, députée écologiste et sociale, a été plus directe : « La politique de l'offre qui est mise en œuvre est un échec ». Elle a pointé du doigt les dispositifs fiscaux jugés trop généreux envers les grandes entreprises, sans garantie de retombées suffisantes pour l'économie réelle. Une critique qui résonne particulièrement dans un contexte de ralentissement économique et de tensions sociales.
Présidentielle 2027 : Attal et Kalfon en campagne
Gabriel Attal, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, a profité de la tribune pour écarter l'idée d'un simple rôle de « candidat qui fait barrage ». « Je n'ai pas envie d'être simplement un candidat qui fait barrage », a-t-il lancé, tout en reconnaissant que « face aux extrêmes, il n'y a plus de favori ». Une déclaration qui confirme sa volonté de s'affirmer comme une alternative crédible, au-delà de la seule opposition aux partis extrêmes.
De son côté, François Kalfon, député européen PS, a abordé la question de l'héritage, affirmant qu'il « ne veut pas taxer les successions de 80 % des Français, qui sont des Français modestes ». Une prise de position qui s'inscrit dans le débat sur la justice fiscale, alors que le gouvernement prépare son projet de loi de finances pour 2027.
Diverses interventions : du RN à l'écologie
Matthieu Valet, député européen du Rassemblement national, a défendu une ligne économique distincte en déclarant : « On ne souhaite pas chasser les riches, on souhaite chasser la spéculation ». Une nuance qui illustre les divergences au sein même de l'opposition, entre une droite libérale et une extrême droite aux accents plus sociaux.
Enfin, Sophie Venetitay, porte-parole du SNES-FSU, a critiqué la proposition de rétablir le certificat d'études, la qualifiant de « mesure tournée vers l'école du passé ». Une intervention qui rappelle que les questions éducatives restent un sujet de clivage, même lors d'un événement économique.
La REF 2026 a ainsi confirmé que les enjeux économiques et sociaux restent au cœur des tensions politiques, avec des positions qui se cristallisent à l'approche de l'élection présidentielle. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour savoir si le gouvernement parviendra à concilier compétitivité et justice sociale.
La Rencontre des entrepreneurs de France (REF) est un événement annuel organisé par le Medef, le principal syndicat patronal français. Elle rassemble des chefs d’entreprise, des responsables politiques et des experts pour débattre des enjeux économiques et sociaux du pays. Selon BFM - Politique, l'édition 2026 s'est tenue dans un contexte marqué par des tensions sur la politique économique du gouvernement.