Selon BFM - Politique, Bruno Retailleau, candidat Les Républicains à l’élection présidentielle de 2027, a réaffirmé ce 17 juin 2026 son opposition à une nouvelle ère macroniste, quel que soit le candidat issu du bloc central. Lors d’une conférence de presse organisée avant son premier grand meeting prévu samedi 20 juin à Paris, l’ancien ministre de l’Intérieur a écarté toute possibilité pour Édouard Philippe ou Gabriel Attal de succéder à Emmanuel Macron, malgré leurs fonctions respectives de Premier ministre sous le quinquennat écoulé.
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Retailleau exclut catégoriquement une « saison 3 du macronisme », y compris « par procuration », lors de l’élection présidentielle de 2027.
- Le candidat LR estime que ni Édouard Philippe ni Gabriel Attal ne parviendront à s’imposer face aux Français, malgré leurs positions au sein du bloc central.
- Retailleau mise sur une « meule aux deux pierres » pour décrire la rivalité entre Philippe et Attal, prédisant que leurs courbes s’effriteront sans qu’aucun ne domine.
- Il annonce la tenue de trois référendums dans les premiers mois de son éventuel quinquennat, dont un sur l’immigration et un autre sur la politique pénale.
- Son premier meeting parisien, prévu au Parc floral, doit rassembler plus de 4 000 personnes, avec la présence attendue de Gérard Larcher, François Baroin ou Valérie Pécresse, mais l’absence de figures dissidentes comme Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand.
Un rejet catégorique de la continuité macroniste
« Une saison 3 du macronisme, même par procuration, ce n’est pas possible », a déclaré Bruno Retailleau ce 17 juin, lors d’une rencontre avec la presse avant son meeting de lancement. Selon lui, les Français souhaitent tourner la page des deux quinquennats d’Emmanuel Macron et ne se laisseront pas séduire par les héritiers du président sortant. Édouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, et Gabriel Attal, qui a occupé le même poste de 2024 à 2026, incarnent à ses yeux une forme de continuité qu’il juge intenable pour l’opinion publique.
L’ancien ministre de l’Intérieur, aujourd’hui président du groupe LR au Sénat, s’appuie sur des sondages qui le placent autour de 9 % dans les intentions de vote. Malgré ce score modeste, il affirme que sa dynamique et celle d’Édouard Philippe « se croiseront à l’automne », sans pour autant préciser les raisons de cette prédiction. Pour illustrer la rivalité au sein du bloc central, il utilise l’image d’une « meule avec ses deux pierres qui tournent : tous les deux vont s’effriter et il n’y aura pas de candidat qui dominera ».
Un meeting parisien sous le signe de l’unité… et des absences
Samedi 20 juin, Bruno Retailleau doit tenir son premier grand meeting de campagne au Parc floral de Paris, où il espère réunir plus de 4 000 participants. L’événement s’annonce comme une démonstration de force pour le candidat LR, avec la présence annoncée au premier rang de plusieurs figures du parti, parmi lesquelles Gérard Larcher, président du Sénat, François Baroin, maire de Troyes, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, et Michel Barnier, ancien Premier ministre.
Cependant, certaines figures de LR resteront à l’écart, comme Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, ou Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui maintient ouvertement ses ambitions présidentielles. Surtout, six ministres LR suspendus du parti pour avoir soutenu Emmanuel Macron lors de son second mandat ne seront pas conviés. Leur présence aurait, selon Retailleau, brouillé le message de rupture qu’il souhaite incarner face au macronisme.
Un programme axé sur les référendums et la « remise à l’endroit » de la France
Dans son discours, le candidat Les Républicains promet de « mettre la France à l’endroit » s’il est élu. Il détaille également son intention de lancer, dès les premiers mois de son quinquennat, plusieurs référendums. Le premier viserait à élargir le champ du référendum populaire, notamment sur des sujets comme l’immigration ou la sécurité. Deux autres consultations suivraient : l’une sur l’immigration et l’autre pour durcir la politique pénale.
Ces propositions s’inscrivent dans une stratégie de différenciation claire avec le macronisme, tout en répondant aux préoccupations sécuritaires et migratoires souvent évoquées dans le débat public. Retailleau mise ainsi sur une approche directe de la démocratie, en s’appuyant sur l’outil référendaire pour contourner ce qu’il présente comme une défiance envers les institutions traditionnelles.
Une stratégie de rassemblement à l’épreuve des divisions internes
Malgré les ambitions affichées, Bruno Retailleau doit composer avec des tensions persistantes au sein de son parti. L’absence de Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand à son meeting parisien en est une illustration. Ces deux figures, chacune porteuse de projets présidentiels, incarnent des courants différents au sein de LR, entre la ligne libérale-conservatrice et une approche plus souverainiste ou sociale.
Par ailleurs, la suspension de six ministres LR ayant soutenu Macron en 2022 souligne les fractures internes qui traversent le parti. Ces dissensions pourraient compliquer la stratégie d’unité que Retailleau tente de promouvoir, alors que la campagne pour 2027 s’annonce déjà comme l’une des plus disputées de la Ve République.
Parallèlement, les intentions de vote en faveur d’Édouard Philippe et Gabriel Attal, actuellement en tête des sondages au sein du bloc central, pourraient se préciser d’ici la fin de l’année. La publication du livre de Retailleau, prévue pour la rentrée 2026, devrait également apporter des éclairages supplémentaires sur son projet présidentiel et ses propositions pour la France.
Le candidat LR prévoit d’abord un référendum pour élargir le champ du référendum populaire, notamment sur les questions d’immigration et de sécurité. Deux autres consultations suivraient : l’une sur l’immigration et l’autre pour durcir la politique pénale, selon ce qu’il a déclaré ce 17 juin 2026.