La Région de Bruxelles-Capitale a annoncé, dès le 1er janvier 2027, l’interdiction totale des trottinettes en libre-service dans son territoire. Cette décision s’appuie sur trois motifs principaux : une augmentation des accidents impliquant ces engins, l’encombrement systématique des trottoirs et leur utilisation à des fins criminelles. Selon Frandroid, ces éléments ont conduit les autorités à considérer que le modèle actuel n’était plus viable.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction effective au 1er janvier 2027 pour les trottinettes en libre-service dans toute la Région bruxelloise.
- Augmentation des accidents attribués à l’usage de ces engins, sans chiffre précis fourni pour l’instant.
- Encombrement des trottoirs, rendant la circulation piétonne difficile dans certains quartiers.
- Usage criminel avéré : vols, dégradations et détournements de ces véhicules partagés.
- Les opérateurs historiques concernés, comme Lime ou Tier, devront retirer leur flotte avant la date butoir.
Un constat dressé par les autorités bruxelloises
Les autorités de la Région bruxelloise ont justifié cette décision par un constat global de dysfonctionnement. D’après les rapports internes cités par Frandroid, les trottinettes en libre-service sont désormais perçues comme un risque pour la sécurité publique. Les accidents, souvent liés à une conduite imprudente ou à des infrastructures inadaptées, ont connu une hausse régulière ces trois dernières années.
Côté trottoirs, la situation est devenue ingérable pour certains quartiers, où des centaines de trottinettes stationnées de manière anarchique bloquent régulièrement les passages piétons. Des riverains et commerçants se plaignent depuis 2024 de cette nuisance visuelle et pratique, sans que les opérateurs n’aient réussi à y remédier durablement.
L’usage criminel, un facteur déterminant
Le troisième pilier de cette interdiction repose sur l’exploitation frauduleuse des trottinettes. Selon les autorités, ces engins sont régulièrement volés, puis revendus ou utilisés pour commettre des délits, notamment des vols à la tire ou des dégradations. «
Les signalements pour usage criminel ont augmenté de 40 % en deux ans», a indiqué un responsable de la police bruxelloise, cité par Frandroid. Cette criminalisation du secteur a rendu indispensable une refonte totale du dispositif.
Les opérateurs, qui avaient investi massivement dans ces villes, devront désormais se retirer du marché belge. Une perte financière estimée à plusieurs millions d’euros, selon les estimations des acteurs du secteur, qui n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce.
Quelles alternatives pour les usagers ?
Bruxelles n’interdit pas l’usage privé des trottinettes, sous réserve de respecter les règles de circulation. Les utilisateurs pourront toujours en posséder une, à condition de ne pas l’abandonner sur la voie publique. La Région encourage par ailleurs le développement des pistes cyclables et des vélos en libre-service, jugés moins problématiques.
Côté mobilité douce, les autorités misent sur les vélos et les engins personnels pour prendre le relais. «
Nous allons renforcer les contrôles sur les trottinettes privées et sanctionner les abandons illégaux», a précisé un porte-parole de Bruxelles Mobilité. Une campagne de sensibilisation est également prévue pour rappeler les règles aux utilisateurs.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe, où plusieurs grandes villes revoient leur politique envers les trottinettes en libre-service. Paris, Londres et Madrid ont également durci leur réglementation ces derniers mois, souvent pour les mêmes raisons. Pour Bruxelles, l’enjeu sera désormais de réussir cette transition sans aggraver les problèmes de mobilité pour les habitants.
Non, l’interdiction ne concerne que les trottinettes en libre-service. Les engins personnels resteront autorisés, sous réserve de ne pas encombrer les trottoirs ou les pistes cyclables.
Les opérateurs qui maintiendront leurs trottinettes en libre-service après le 1er janvier 2027 s’exposeront à des amendes administratives, dont le montant n’a pas encore été précisé par les autorités.