Le constructeur automobile chinois BYD enregistre enfin un rebond de ses ventes en mai 2026, après neuf mois consécutifs de baisse. Selon les dernières données compilées par Bloomberg et rapportées par Numerama, 383 453 véhicules ont été écoulés le mois dernier, contre 382 302 unités en mai 2025. Une progression modeste, mais historique, puisque cela faisait près d’un an que le géant de Shenzhen n’avait pas connu de hausse de ses ventes.
Ce qu'il faut retenir
- Les ventes de BYD en mai 2026 s’élèvent à 383 453 unités, soit une hausse de 0,3 % par rapport à mai 2025.
- 42 % des ventes ont été réalisées à l’export, avec 160 644 véhicules exportés.
- L’objectif 2026 de BYD est de vendre 1,3 million de voitures hors de Chine, un chiffre déjà proche de la moitié avec plus de 615 000 unités exportées depuis janvier.
- Le marché chinois traverse une période difficile, marquée par une concurrence accrue et une baisse des subventions gouvernementales.
Ce retour à la croissance intervient après une année 2025 record, durant laquelle BYD avait dépassé Tesla pour devenir le premier vendeur mondial de véhicules électriques. Pourtant, le premier semestre 2026 avait été particulièrement difficile, avec des pertes systématiques par rapport aux performances de 2025. La performance de mai marque donc un tournant pour le groupe, qui mise désormais sur une expansion internationale pour compenser les difficultés du marché chinois.
Le succès de BYD à l’international repose en grande partie sur ses exportations, qui représentent désormais 42 % de ses ventes totales. En mai, 160 644 véhicules ont été vendus hors de Chine, un chiffre qui porte le total des exportations depuis le début de l’année à plus de 615 000 unités. Avec cet élan, le constructeur se rapproche de son objectif 2026 : écouler 1,3 million de voitures en dehors de Chine, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2025.
Ce virage stratégique s’explique par les turbulences persistantes sur le marché domestique chinois. BYD, qui multiplie les marques pour couvrir différents segments, peine à se différencier face à une concurrence de plus en plus agressive. La guerre des prix entre les constructeurs chinois s’intensifie, tandis que les subventions gouvernementales se réduisent, affectant directement la demande locale. Autant dire que le marché intérieur n’est plus le moteur de croissance qu’il a été par le passé.
Pour sortir de cette impasse, BYD mise sur des marchés étrangers en pleine expansion. Après avoir conquis une partie de l’Europe, le constructeur chinois vise désormais le Canada, où il entend tirer profit des tensions commerciales avec les États-Unis. Une stratégie qui pourrait lui permettre de contourner les barrières douanières imposées par l’administration de Donald Trump, tout en renforçant sa présence sur le continent nord-américain.
« Le marché chinois traverse une phase de ralentissement, mais nos performances à l’international prouvent que notre modèle est viable. Nous allons continuer à investir dans l’export pour compenser les difficultés locales. »
Wang Chuanfu, président de BYD, cité par Numerama.
Les défis restent nombreux pour BYD. Outre la concurrence locale et la baisse des aides publiques en Chine, le constructeur doit aussi faire face à une demande européenne de plus en plus exigeante en matière de normes environnementales et de qualité. Pourtant, ses récentes performances laissent penser que sa stratégie d’expansion internationale porte ses fruits. Avec une part croissante des ventes réalisées à l’export, BYD pourrait bien confirmer son statut de leader mondial des véhicules électriques, malgré les turbulences du marché chinois.
Cette performance de mai 2026 pourrait aussi inciter BYD à accélérer ses investissements dans les infrastructures de recharge et les partenariats locaux à l’étranger. À plus long terme, la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à s’imposer comme une alternative crédible face aux acteurs historiques du marché, tout en consolidant sa position en Asie et en Amérique du Nord.