La Bourse de Paris a enregistré une séance en forte baisse ce lundi 4 mai, le CAC 40 perdant 1,71 % pour clôturer à 7 976,12 points, tombant ainsi sous la barre symbolique des 8 000 points. Selon BFM Bourse, cette chute s’explique par l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment après des incidents dans le détroit d’Ormuz, une zone stratégique pour le transit des hydrocarbures.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 chute de 1,71 % à 7 976,12 points, après avoir perdu près de 2 % en séance.
- Le prix du baril de Brent de mer du Nord s’envole de 5 %, atteignant 113,92 dollars, en raison des tensions accrues dans le détroit d’Ormuz.
- Un navire sud-coréen a subi une explosion suivie d’un incendie dans le détroit, sans faire de victime selon Séoul.
- Les tensions se sont intensifiées après qu’un média iranien a affirmé qu’une frégate américaine avait été visée par des missiles, une information démentie par Washington.
- L’indice manufacturier français (PMI) a rebondi à 52,8 en avril, son plus haut niveau depuis mai 2022.
- La valeur Soitec a bondi de 20,9 % après une recommandation haussière de Deutsche Bank.
Une séance sous le signe de l’incertitude géopolitique
Les investisseurs ont manifesté une prudence marquée dès l’ouverture, dans un contexte où les tensions au Moyen-Orient alimentent les craintes d’un embrasement régional. Selon BFM Bourse, le mois de mai commence ainsi en fanfare pour la Bourse de Paris, avec un CAC 40 en baisse de 1,71 % à 7 976,12 points. Cet indice vedette, qui avait clôturé avril sur une note positive avec un rebond de 3,8 %, peine à se relever face à l’accumulation des risques.
La chute du CAC 40 s’inscrit dans un mouvement plus large d’aversion au risque, alors que les craintes d’une escalade militaire dans le détroit d’Ormuz se renforcent. Ce passage maritime, par lequel transite une part majeure du trafic pétrolier mondial, est le théâtre d’affrontements récurrents entre l’Iran et les forces occidentales. La situation s’est encore tendue après qu’un média iranien, Fars, a affirmé qu’une frégate américaine avait été la cible de tirs de missiles près de l’île de Jask. Washington a démenti cette information, précisant que le navire avait simplement reçu un avertissement sans être touché.
Le pétrole en hausse, l’Europe sous pression
Les cours du pétrole ont réagi avec une vigueur exceptionnelle à ces développements. Le baril de Brent de mer du Nord a enregistré une hausse de 5 %, s’échangeant à 113,92 dollars, tandis que le WTI américain a progressé de 4 %, atteignant 106,08 dollars. Cette flambée s’explique par la crainte d’une perturbation des approvisionnements énergétiques, alors que le détroit d’Ormuz reste un point de passage incontournable pour les exportations de pétrole du Golfe.
Côté européen, les indices boursiers ont globalement suivi la tendance baissière du CAC 40. Le SBF 120 a perdu 1,01 %, tandis que les marchés belge (BEL20) et néerlandais (AEX25) ont reculé de respectivement 0,12 % et 0,19 %. Seule la valeur Soitec a fait exception, bondissant de 20,9 % après que Deutsche Bank a reconduit sa recommandation « achat » et relevé son objectif de cours de 70 à 150 euros. L’analyse du fournisseur de matériaux pour semi-conducteurs a séduit les investisseurs, dans un secteur déjà en pleine effervescence.
Des incidents en série dans le détroit d’Ormuz
Les tensions dans le détroit d’Ormuz se sont encore aggravées avec l’annonce d’un incident impliquant un navire sud-coréen. Selon le ministère des Affaires étrangères de Séoul, un « explosion » suivie d’un incendie a frappé un cargo battant pavillon sud-coréen, sans faire de victime à bord. Cet événement ajoute une nouvelle couche de complexité à une situation déjà explosive, alors que plusieurs pays, dont les États-Unis et l’Iran, y déploient des forces navales.
Le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) a indiqué sur le réseau social X que des destroyers lance-missiles opéraient « actuellement dans le golfe Persique après avoir franchi le détroit d’Ormuz ». Une affirmation contestée par Téhéran, qui affirme ne pas avoir été informé de la présence de navires américains dans la zone. Ces déclarations contradictoires illustrent la volatilité d’une région où chaque incident peut dégénérer en crise majeure.
L’économie française donne quelques signes d’amélioration
Malgré le climat d’incertitude, quelques indicateurs économiques ont montré des signes encourageants. En France, l’indice des directeurs d’achat (PMI) dans le secteur manufacturier a progressé à 52,8 en avril, contre 50 en mars, marquant ainsi son plus haut niveau depuis mai 2022. Cette amélioration, bien que modeste, pourrait atténuer en partie les craintes d’un ralentissement de l’activité industrielle en Europe.
Sur le marché des changes, l’euro a perdu 0,18 % face au dollar, s’échangeant à 1,1780 dollar. Cette dépréciation reflète également l’appétit des investisseurs pour la sécurité du billet vert dans un contexte d’incertitude géopolitique accrue. Plusieurs valeurs emblématiques du CAC 40 ont été pénalisées, comme Air France-KLM (-3,86 %), Thales (-3,39 %) ou Safran (-2,88 %), reflétant la prudence des opérateurs.
En attendant, le scénario d’un « sell in May and go away », adage boursier incitant à éviter les investissements en mai, semble se vérifier cette année. Les marchés, déjà fragilisés par les incertitudes économiques et géopolitiques, pourraient rester volatils tant que le calme ne sera pas revenu dans une région aussi stratégique que le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz est le passage obligatoire pour environ un tiers du trafic mondial de pétrole. Toute perturbation dans cette zone, comme une fermeture ou un incident militaire, pourrait entraîner une flambée des prix de l’énergie et impacter l’économie mondiale, notamment en Europe, très dépendante des importations de pétrole.
Les investisseurs devront suivre de près la publication des indicateurs économiques en zone euro, comme l’inflation prévue le 15 mai, ainsi que les annonces des banques centrales. Une escalade militaire dans le détroit d’Ormuz ou une dégradation des relations entre l’Iran et les États-Unis pourraient également peser sur les marchés dans les prochaines semaines.