Selon BFM Bourse, le CAC 40 a consolidé ses gains jeudi 7 août 2026, à la veille de la publication du rapport Non Farm Payrolls (NFP) américain. L’indice parisien, en progression ininterrompue depuis le 30 juillet, bénéficie d’une détente sur les rendements obligataires et d’un reflux des prix du baril. Les opérateurs de marché restent cependant en alerte, guettant des avancées tangibles au Moyen-Orient pour éviter un nouveau désenchantement après les espoirs déçus des dernières semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 progresse pour la septième séance consécutive, soutenu par un recul des rendements obligataires et une baisse des prix du brut.
- Les investisseurs attendent avec impatience un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, ainsi qu’une réouverture définitive du détroit d’Ormuz.
- Téhéran et Oman ont convenu d’un itinéraire temporaire de transit dans le détroit, valable pour deux à quatre mois.
- Les consensus pour le rapport NFP de ce vendredi 8 août 2026 tablent sur un taux de chômage stable à 4,2 %, une hausse des salaires horaires de 0,3 % et 87 000 créations d’emplois.
- Les analystes de CA Indosuez WM estiment que la Réserve fédérale et la BCE ne devraient pas relever leurs taux d’intérêt cette année, malgré les risques inflationnistes.
- Hermès (+5,17 %) a mené la hausse des valeurs du CAC 40, tandis que Valeo (-3,55 %), Forvia (-2,97 %) et OPMobility (-1,34 %) ont reculé.
- Le CAC 40 évolue dans une fourchette technique entre 8 280 et 8 800 points, avec un avis neutre à court terme.
Un rebond boursier sous condition géopolitique
Depuis le 30 juillet, le CAC 40 enregistre une avancée ininterrompue, portée par une détente sur les obligations d’État et une baisse des cours du pétrole. Jeudi 7 août, l’indice parisien a consolidé ses gains, mais les investisseurs restent prudents. Leur attention se porte désormais sur les développements au Moyen-Orient, où chaque épisode d’optimisme a été suivi de désillusions ces dernières semaines.
« Les acteurs du marché attendent avec impatience l’annonce officielle d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que la réouverture définitive du détroit d’Ormuz à la libre circulation », a indiqué Patrick O’Hare, analyste chez Briefing.com, citant les déclarations récentes du président américain. Une stabilisation de la région est en effet perçue comme un préalable à une inflation maîtrisée et à une meilleure visibilité sur la trajectoire des prix des deux côtés de l’Atlantique.
Ormuz : un accord temporaire qui ne suffit pas
Téhéran a annoncé mercredi 6 août avoir trouvé un accord avec le sultanat d’Oman pour un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz. Cependant, un membre de l’exécutif iranien a précisé qu’il ne s’agissait que d’une solution temporaire, valable pour deux à quatre mois, selon Deutsche Bank. Cette annonce, bien que positive, ne répond pas à l’attente des marchés d’une solution durable.
« Une stabilisation de la situation est essentielle pour contenir l’inflation et offrir une meilleure lisibilité sur les prix », a souligné Bénédicte Kukla, cheffe stratégiste chez CA Indosuez WM. Malgré les risques inflationnistes, l’analyste anticipe que ni la Réserve fédérale (Fed) ni la Banque centrale européenne (BCE) ne procéderont à de nouvelles hausses de taux en 2026, considérant ce choc comme temporaire.
BCE : un statu quo conditionné par la crise au Moyen-Orient
« Pour la BCE, les conditions financières dans la zone euro se sont resserrées depuis la réunion de juin, maintenant les décideurs dans une posture restrictive », a expliqué Bénédicte Kukla. « Notre scénario central est que la BCE restera en statu quo ; toutefois, cela dépendra de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. » Les investisseurs surveillent donc de près les prochaines annonces, qui pourraient influencer la politique monétaire européenne dans les mois à venir.
Hermès en tête, Forvia et Valeo en difficulté
Côté valeurs, Hermès a réalisé la meilleure performance du CAC 40 jeudi, avec une hausse de 5,17 %. Bank of America a relevé sa cible de cours à 2 000 euros, tout en maintenant sa recommandation à l’achat. Berenberg a également confirmé son opinion positive sur le titre, faisant d’Hermès la seule action du secteur du luxe à bénéficier d’une recommandation d’achat parmi les valeurs suivies par la banque allemande, aux côtés de l’italien Brunello Cucinelli.
À l’inverse, Valeo (-3,55 %), Forvia (-2,97 %) et OPMobility (-1,34 %) ont subi des prises de profits. Citi a également revu à la baisse son objectif de cours sur Forvia, reflétant les tensions persistantes sur le secteur automobile.
Marchés : euro, pétrole et VIX en léger recul
Vers 08h00 ce vendredi 8 août, l’euro s’échangeait autour de 1,1520 dollar, tandis que le baril de WTI se traitait à 77,30 dollars. Le rendement des Treasuries américains à 10 ans s’affichait légèrement au-dessus de 4,67 %, et l’indice de volatilité VIX clôturait à 15,15 points. Ces indicateurs reflètent une prudence modérée des marchés, dans l’attente des chiffres de l’emploi américain.
Une configuration graphique en consolidation
D’un point de vue technique, le CAC 40 a confirmé le 12 juin sa résistance à 8 280 points, dans un contexte de hausse des volumes. L’écart baissier du 2 mars, lié à la crise au Moyen-Orient, a été entièrement comblé le 6 juillet, offrant une nouvelle configuration graphique. « L’allure de la figure formée le 12 juin évoque une consolidation de type élargie », notent les analystes de BFM Bourse. Ils émettent un avis neutre sur l’indice à court terme, tout en mettant en garde contre un possible « bull trap » à l’approche des 8 800 points.
Perspectives : quels enjeux pour les prochaines semaines ?
Au-delà des indicateurs économiques et géopolitiques, la semaine prochaine s’annonce cruciale pour les marchés. La publication des comptes des grandes entreprises du CAC 40, ainsi que les annonces des banques centrales, pourraient redéfinir les tendances. Les investisseurs restent donc en attente de signaux clairs, tant sur le front macroéconomique qu’international.
« Pour la BCE, la situation au Moyen-Orient reste un facteur déterminant dans la décision de maintenir ou non un statu quo », rappelle Bénédicte Kukla. À l’inverse, une détente durable dans la région pourrait apaiser les craintes inflationnistes et favoriser un assouplissement des conditions financières en Europe.
Le détroit d’Ormuz est un point de passage stratégique pour le transport maritime du pétrole, notamment en provenance du golfe Persique. Toute perturbation de la libre circulation dans ce détroit peut entraîner une hausse des prix de l’énergie, avec des répercussions sur l’inflation mondiale et la croissance économique. Les marchés y sont donc particulièrement sensibles.
Le rapport Non Farm Payrolls (NFP) est une statistique mensuelle publiée par le département du Travail américain. Il mesure le nombre de créations d’emplois en dehors du secteur agricole et est considéré comme un indicateur clé de la santé de l’économie américaine. Une hausse surprise peut inciter la Fed à relever ses taux plus tôt que prévu, tandis qu’un chiffre décevant peut la pousser à adopter une posture plus accommodante.