Le CAC 40 a connu mardi une séance volatile, oscillant autour des 8 200 points, un niveau marqué par un ancien gap baissier du 8 mai. Selon BFM Bourse, l’indice phare de la Bourse de Paris doit son rebond ponctuel à la performance des valeurs technologiques, dans un environnement économique perturbé par les tensions géopolitiques et les signaux d’une inflation persistante en Zone euro.

Ce qu’il faut retenir

  • Le CAC 40 a été soutenu par les valeurs technologiques, avec STMicroelectronics en tête (+15 %), porté par des prévisions revues à la hausse pour 2026 et 2027.
  • L’inflation en Zone euro a atteint +2,5 % en mai (hors éléments volatils), dépassant les attentes et alimentant les anticipations de hausses de taux de la BCE.
  • Les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, avec des frappes iraniennes et des représailles américaines, faisant repartir le prix du baril de WTI vers 95 dollars.
  • Les économistes de Nomura anticipent désormais deux hausses de taux de 25 points de base par la BCE en juin et juillet, en réponse à la dégradation du contexte inflationniste.
  • Les indicateurs techniques laissent entrevoir un risque de baisse vers 7 682 points si le seuil des 8 000 points est à nouveau franchi à la baisse.

Un marché sous pression entre espoirs technologiques et craintes géopolitiques

Le CAC 40 a évolué dans un contexte particulièrement agité, oscillant entre espoirs et désillusions. Selon BFM Bourse, les négociations en vue d’un accord de paix entre Téhéran et Washington ont alimenté des mouvements de marché erratiques. Parallèlement, la publication de chiffres d’inflation légèrement supérieurs aux attentes en Zone euro a renforcé l’hypothèse d’un resserrement monétaire par la Banque centrale européenne. Autant dire que les opérateurs restent sur le qui-vive, entre craintes inflationnistes et spéculations sur les taux d’intérêt.

Dans ce paysage incertain, les valeurs technologiques parisiennes ont joué les locomotives. STMicroelectronics, dont l’action a bondi de plus de 15 %, a largement contribué à soutenir l’indice. Le groupe franco-italien a relevé ses objectifs pour 2026 et 2027, se positionnant désormais comme un acteur clé de l’intelligence artificielle. Il a été accompagné dans cette dynamique par OVH (+10,6 %), Soitec (+3,97 %), XFab (+20,58 %), Mesmcap (+3,54 %) et Riber (+7,53 %), autant de valeurs profitant de l’engouement pour le secteur.

Golfe persique : l’escalade militaire relance les craintes sur les approvisionnements énergétiques

Au 96e jour du conflit entre l’Iran et les États-Unis, les tensions dans le Golfe se sont intensifiées. Téhéran a repris ses frappes contre des bases militaires américaines, visant notamment à neutraliser des infrastructures stratégiques. En réponse, Washington a mené des « frappes de légitime défense », notamment en bombardant une île iranienne, selon un communiqué du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient publié sur X.

« L’Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible », a précisé le commandement, sans donner plus de détails. Cette escalade militaire coïncide avec une hausse marquée du prix du pétrole. Le baril de WTI s’échangeait hier autour de 95 dollars, un niveau susceptible de peser sur la croissance économique et d’alimenter les pressions inflationnistes en Europe.

Inflation en hausse : la BCE sous pression pour agir

L’inflation en Zone euro a atteint +2,5 % en rythme annuel pour mai, selon les premières estimations, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac). Ce chiffre, légèrement supérieur aux attentes, a confirmé les craintes d’une persistance des pressions inflationnistes, alimentées par la flambée des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.

« Trois mois après le début de la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les effets de stagflation se font de plus en plus sentir dans les données de la zone euro », a souligné Martin Wolburg, Senior Economist chez Generali Investments. Il table sur une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et une croissance du PIB limitée à 0,7 %. Pour la BCE, une hausse de 25 points de base à titre préventif pourrait suffire, à condition que la croissance des salaires reste modérée. Cependant, Martin Wolburg met en garde : « Si le scénario de stagflation persiste, de nouvelles hausses de taux seraient à prévoir. »

Les économistes de Nomura vont plus loin. Dans une note récente, ils anticipent désormais deux relèvements de taux de 25 points de base lors des prochaines réunions de la BCE, en juin et juillet. « Ces hausses doivent être interprétées comme un signal fort, a déclaré Nomura. La BCE ne permettra pas aux anticipations d’inflation de se désancrer et n’autorisera pas l’inflation à s’écarter sensiblement de sa cible à moyen terme. »

Marchés américains : une séance globalement positive, mais prudente

De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux indices américains ont terminé la séance de mardi dans le vert, mais avec des mouvements modérés. Le Dow Jones a progressé de 0,45 %, tandis que le Nasdaq Composite a affiché une quasi-stabilité (+0,03 %). Le S&P 500, baromètre de référence de l’appétit pour le risque, a perdu 0,13 %, clôturant à 7 610 points.

Côté matières premières, le baril de WTI s’échangeait ce matin autour de 95 dollars, reflétant l’inquiétude persistante sur les approvisionnements énergétiques. Les Treasuries à 10 ans affichaient un rendement légèrement supérieur à 4,46 %, tandis que l’indice de volatilité VIX s’établissait à 15,77 à la clôture du S&P 500. Sur le marché des changes, l’euro se traitait à 1,1620 dollar.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront cruciales, avec la publication des indices PMI dans les services en Zone euro à 10 heures (données finales) et les résultats de l’enquête ADP sur l’emploi américain à 14h15. Ces indicateurs pourraient donner de nouvelles indications sur la santé économique des deux côtés de l’Atlantique. Côté BCE, la réunion de juin s’annonce déterminante : une hausse des taux de 25 points de base semble désormais acquise, mais la question reste de savoir si l’institution monétaire ira plus loin en juillet. Enfin, l’évolution du conflit au Moyen-Orient et son impact sur les prix de l’énergie resteront un facteur clé pour les marchés dans les prochains jours.

Analyse technique : un indice sous tension entre supports et résistances

D’un point de vue graphique, le CAC 40 reste sous pression. Le test des 8 000 points en semaine 20 s’est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier vers 7 682 points. Le gap baissier du 8 mai, intervenu en réaction au gap haussier du 6 mai, a envoyé un signal technique peu encourageant. Le pullback du 18 mai n’a pas suffi à inverser la tendance, et la psychologie de marché reste nerveuse à l’approche des seuils clés.

Pour l’heure, l’indice bénéficie d’un répit technique au-dessus du gap du 8 mai, un repère majeur. Cependant, un franchissement des 8 362 points à la hausse pourrait raviver la tension acheteuse, tandis qu’une rupture des 7 940 points relancerait la pression vendeuse. « La situation reste très nerveuse à chaque fois que l’indice se rapproche de ce seuil », rappellent les analystes de BFM Bourse.

Perspectives : une inflation persistante pourrait contraindre la BCE à agir

Au-delà des mouvements de court terme, l’enjeu principal pour les marchés reste l’inflation. Avec une croissance atone et des pressions tarifaires persistantes, la BCE se trouve dans une position délicate. Si la stagflation venait à s’installer durablement, une nouvelle hausse des taux ne serait pas exclue, ce qui pourrait peser sur la consommation et l’investissement en Europe.

Côté entreprises, la performance des valeurs technologiques parisiennes montre que certains secteurs restent porteurs, malgré un environnement macroéconomique difficile. Pour les investisseurs, la prudence reste de mise : entre espoirs technologiques, craintes géopolitiques et anticipations de politique monétaire, les prochaines semaines s’annoncent décisives.

Le CAC 40 est de plus en plus exposé aux valeurs technologiques, notamment grâce à des entreprises comme STMicroelectronics, qui se positionnent comme des acteurs majeurs de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Leur performance récente reflète l’engouement des marchés pour l’innovation et les nouvelles technologies, malgré un contexte économique global moins favorable.

Une hausse des taux pourrait freiner la croissance économique en Europe, déjà atone, en renchérissant le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. Elle pourrait aussi alourdir la charge de la dette pour les États déjà endettés. Enfin, cela pourrait peser sur les valorisations des actifs, notamment des actions technologiques, souvent plus sensibles aux taux d’intérêt.