La Bourse de Paris affichait un rebond marqué ce jeudi 4 juin 2026, l’indice CAC 40 gagnant 0,61 % pour atteindre 8 200,28 points vers 10 heures, selon Capital. Cette progression intervenait après une journée de repli la veille, où le CAC 40 avait reculé de 0,71 %, clôturant à 8 150,42 points. Le mouvement s’inscrivait dans un contexte européen favorable, porté notamment par un léger reflux des prix du pétrole.
Les cours du brut cédaient en effet du terrain, « après des informations indiquant qu’Israël et le Liban seraient parvenus à un cessez-le-feu, alimentant l’espoir qu’une solution au conflit avec l’Iran puisse être trouvée », a expliqué Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. Les deux pays ont convenu, mercredi 3 juin, à l’issue de deux jours de pourparlers à Washington, de conditionner un cessez-le-feu à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et de créer des « zones pilotes » sous contrôle de l’armée libanaise.
Ce qu’il faut retenir
- Le CAC 40 progresse de 0,61 % ce 4 juin 2026, après un repli de 0,71 % la veille, atteignant 8 200,28 points.
- La Bourse parisienne profite du léger recul des prix du pétrole, lié à l’espoir d’un apaisement du conflit entre Israël, le Liban et l’Iran.
- Les valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle reculent, après les résultats de Broadcom qui n’ont pas convaincu les investisseurs.
- Capgemini (+5,28 %) et Dassault Systèmes (+3,55 %) tirent leur épingle du jeu, tandis que STMicroelectronics recule de 3,58 %.
- Rémy Cointreau voit son action bondir de 10,19 % après l’annonce d’un bénéfice net annuel en baisse de 35 %, mais supérieur aux attentes.
Un rebond sectoriel porté par les éditeurs de logiciels
Les investisseurs ont montré une préférence marquée pour les éditeurs de logiciels ce jeudi, ces valeurs bénéficiant d’un report des fonds vers des segments moins exposés aux incertitudes de l’intelligence artificielle. Capgemini, leader du secteur en France, a ainsi enregistré une hausse de 5,28 %, portant son cours à 102,90 euros. Dassault Systèmes, autre acteur majeur du logiciel industriel, a progressé de 3,55 %, atteignant 19,71 euros.
À l’inverse, les valeurs plus directement liées à l’IA et aux semi-conducteurs ont été pénalisées. STMicroelectronics, sensible aux cycles d’investissement dans ce domaine, a perdu 3,58 %, tombant à 66,04 euros. Cette rotation sectorielle reflète un regain de prudence après les résultats décevants de Broadcom, dont le chiffre d’affaires a pourtant bondi de 48 % au deuxième trimestre (22,2 milliards de dollars), et le bénéfice net de 88 % (9,3 milliards de dollars).
« L’absence de relèvement des prévisions annuelles a clairement déçu de nombreux investisseurs », a souligné Matt Britzman, analyste actions chez Hargreaves Lansdown.
Les doutes sur la croissance de l’IA pèsent sur les marchés
La déception suscitée par les perspectives de Broadcom a ravivé les interrogations sur le rythme réel de croissance de l’intelligence artificielle, un thème qui a pourtant porté les marchés mondiaux depuis le début de l’année. « La défiance envers les actions liées à l’IA et aux semi-conducteurs provoque une rotation sectorielle au sein même de la tech », a analysé John Plassard, de Cité Gestion. Cette tendance s’est traduite par un désengagement des investisseurs envers les valeurs les plus exposées, au profit des sociétés de logiciels, perçues comme moins volatiles.
Dans ce contexte, les résultats de Rémy Cointreau ont contrasté avec la morosité ambiante. Le groupe a annoncé un bénéfice net annuel en recul de 35 % pour l’exercice 2025-2026, en raison de droits de douane additionnels appliqués en Chine et aux États-Unis, ainsi que de coûts de production accrus. Malgré ce recul, les résultats se sont avérés légèrement supérieurs aux attentes des analystes, ce qui a permis à l’action de bondir de 10,19 %, s’échangeant à 41,32 euros en milieu de matinée.
Un apaisement géopolitique qui limite les tensions sur les marchés
Le léger repli des prix du pétrole a également contribué à l’amélioration de l’humeur des marchés. Les cours du brut ont reculé après l’annonce d’un cessez-le-feu conditionnel entre Israël et le Liban, négocié sous l’égide des États-Unis. Cette avancée diplomatique pourrait, à terme, réduire les risques de contagion régionale, notamment en lien avec les tensions persistantes entre Téhéran et Washington. « Les espoirs d’une désescalade dans la région ont un impact direct sur les marchés, en limitant les primes de risque sur les matières premières », a précisé Kathleen Brooks.
Pour autant, les analystes restent prudents. « Un cessez-le-feu n’est qu’une étape, et sa pérennité dépendra de la capacité des parties à respecter leurs engagements », a tempéré un économiste sous couvert d’anonymat. Les marchés, eux, semblent privilégier les signaux de stabilité à court terme, même si les défis structurels, comme la croissance de l’IA, continuent de peser sur les valorisations.
En attendant, la volatilité pourrait persister, les marchés oscillant entre espoir d’un apaisement géopolitique et inquiétudes sur la soutenabilité de la croissance de l’IA. Les investisseurs devront donc composer avec un environnement où les bonnes nouvelles, comme les résultats de Rémy Cointreau, côtoient les alertes, à l’image des déceptions récentes de Broadcom.
Les investisseurs sanctionnent l’absence de relèvement des prévisions annuelles par les grands acteurs du secteur, comme Broadcom. Malgré des chiffres d’affaires et bénéfices en forte hausse, l’absence de visibilité sur la croissance future de l’IA suscite des doutes, entraînant une rotation vers des valeurs perçues comme moins risquées, comme les éditeurs de logiciels.
Un apaisement des tensions au Proche-Orient pourrait réduire les primes de risque sur les matières premières, notamment le pétrole, et rassurer les investisseurs sur la stabilité des chaînes d’approvisionnement. Cela pourrait soutenir les marchés actions, en limitant les craintes de choc inflationniste ou de ralentissement économique.