Le CAC 40 a reculé de 1,71% lundi 5 mai 2026, repassant sous la barre symbolique des 8 000 points. Cette chute intervient dans un contexte d’aggravation des tensions entre l’Iran et les États-Unis, qui fragilise les marchés financiers européens, comme le rapporte BFM Bourse.

Cette baisse efface l’intégralité des gains enregistrés jeudi dernier. Les tensions géopolitiques, déjà élevées, ont connu une nouvelle escalade lundi, avec des frappes ciblant les Émirats arabes unis et des démentis iraniens concernant des attaques américaines. Autant dire que le climat économique et boursier reste particulièrement tendu.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 chute de 1,71%, repassant sous les 8 000 points après une séance de reflux marquée par les tensions géopolitiques.
  • Les Émirats arabes unis affirment avoir subi une attaque de drones iraniens, qualifiée d’« escalade dangereuse » par leur ministère des Affaires étrangères.
  • L’Iran dément avoir perdu six navires de guerre, après les annonces américaines d’interceptions de drones et missiles.
  • Le baril de Brent frôle les 114 dollars, alimentant les craintes sur l’inflation et la croissance européenne.
  • Les marchés actions américains reculent également, avec le S&P 500 en baisse de 0,41% à 7 200 points.
  • Les valeurs technologiques françaises comme Soitec et Carvolix enregistrent des hausses significatives, portées par des recommandations positives.

Les Émirats arabes unis visés par des drones iraniens

Les tensions dans le Golfe ont pris un nouveau tournant lundi, alors que les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été la cible d’une attaque de drones iraniens. Selon les autorités émiraties, ces frappes ont également inclus l’interception de missiles de croisière. Il s’agit des premières attaques iraniennes en plus d’un mois, ce qui remet en cause la fragile trêve en vigueur.

« Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable », a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères. Ces déclarations illustrent l’intensité des échanges diplomatiques et militaires entre Téhéran et Washington, deux capitales dont les relations restent extrêmement tendues.

L’Iran dément avoir perdu six navires de guerre

Dans la foulée des annonces américaines, un haut responsable militaire iranien a formellement démenti, hier, la destruction de six navires iraniens par les États-Unis. Les forces américaines avaient affirmé avoir abattu six embarcations iraniennes, tout en interceptant des missiles et des drones lancés par l’Iran. « La déclaration des États-Unis affirmant avoir coulé plusieurs embarcations de guerre iraniennes est fausse », a déclaré ce responsable, cité par la télévision d’État iranienne.

Cette contradiction entre les versions américaine et iranienne ajoute une nouvelle couche d’incertitude sur la situation militaire dans la région. Parallèlement, un média iranien a rapporté qu’une frégate américaine aurait été la cible de tirs de missiles dans le détroit d’Ormuz. Selon Fars News, deux missiles ont visé le navire près de l’île de Jask, après qu’il aurait ignoré un avertissement de la marine iranienne. Le bâtiment aurait finalement fait demi-tour. Cependant, l’armée américaine a démenti tout impact ou frappe contre l’un de ses navires.

Le pétrole à plus de 114 dollars, un poids pour l’Europe

Le baril de Brent, référence du marché pétrolier en mer du Nord, a poursuivi son ascension lundi, frôlant les 114 dollars. Cette hausse des prix de l’énergie pèse lourdement sur les économies européennes, déjà fragilisées par des mois de tensions géopolitiques. « L’Europe est, comme souvent, la principale victime de la géopolitique. Sa dépendance au pétrole la rend vulnérable à son augmentation », explique Emmanuel Auboyneau, gérant associé, dans une analyse pour BFM Bourse.

La durée du conflit actuel devient un facteur clé pour la croissance européenne, qui donnait des signes de reprise avant cette nouvelle crise. La confiance des ménages est particulièrement affectée, ce qui pourrait se traduire par une consommation en berne. Les marchés de l’emploi, notamment en Allemagne, montrent également des signes de fragilité. Les plans de relance allemands, pas encore déployés, peinent à soutenir l’activité économique. L’inflation, alimentée par la hausse des matières premières, complique la donne pour la Banque centrale européenne, prise entre deux feux.

Les marchés actions dans le rouge, mais des valeurs tirent leur épingle du jeu

Les indicateurs boursiers en Europe et aux États-Unis ont majoritairement reculé lundi. En France, le CAC 40 a subi une perte de 1,71%, tandis qu’aux États-Unis, le Dow Jones Industrial Average (DJI) a perdu 1,13%. Le Nasdaq Composite a reculé de 0,19% et le S&P 500, baromètre de l’appétit pour le risque, a cédé 0,41%, clôturant à 7 200 points.

Côté valeurs individuelles, certaines entreprises françaises ont tiré leur épingle du jeu. Soitec, spécialisée dans les matériaux pour semi-conducteurs, a progressé de 20,9% après que Deutsche Bank a reconduit sa recommandation « achat » et relevé son objectif de cours de 70 à 150 euros. Dans les petites et moyennes capitalisations, Carvolix, une medtech, a bondi de 16,6% grâce à des résultats positifs concernant Tavipilot IA, son système de guidage par intelligence artificielle pour l’implantation de valves aortiques. Ces performances ont été saluées dans le cadre de trois études cliniques post-commerciales menées en France et en Australie.

Analyse technique : le CAC 40 reste sous pression

D’un point de vue technique, l’indice phare français continue de naviguer sous le gap baissier du 2 mars, niveau de résistance technique et psychologique situé à 8 450 points. Ce seuil, formé au début de l’intervention militaire américaine en Iran, reste un point de pression majeur pour les investisseurs. « Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons identifiés, notre avis reste négatif à court terme sur le CAC 40 », indique l’équipe de recherche de BFM Bourse.

Cette analyse baissière s’applique tant que l’indice reste sous la résistance à 8 362 points. Les prochaines séances seront donc déterminantes pour savoir si le marché parvient à se stabiliser ou s’il poursuit son mouvement de reflux.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient être décisives pour les marchés financiers. Les indicateurs macroéconomiques attendus aujourd’hui, comme le PMI ISM américain et les nouvelles offres d’emploi JOLTS, pourraient offrir des indices sur la santé de l’économie outre-Atlantique. En Europe, l’attention se portera sur l’évolution des prix de l’énergie et les réactions des banques centrales face à la remontée de l’inflation. La situation géopolitique, elle, reste le principal facteur de risque pour les marchés.

Les analystes s’attendent à une volatilité persistante dans les prochains jours, tant que les tensions dans le Golfe ne se seront pas apaisées. Les entreprises européennes, en particulier celles dépendantes des importations de pétrole, pourraient continuer de subir les conséquences de cette hausse des cours. Quant aux marchés actions, leur orientation dépendra largement de l’évolution des indicateurs économiques et de la capacité des banques centrales à rassurer les investisseurs.

La chute du CAC 40 s’explique principalement par la montée des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que par la hausse du prix du baril de Brent, qui dépasse désormais les 114 dollars. Ces facteurs alimentent les craintes sur l’inflation et la croissance économique en Europe.

Les investisseurs devraient surveiller de près le PMI ISM américain et les nouvelles offres d’emploi JOLTS, attendus aujourd’hui à 16h00. Ces indicateurs pourraient donner des indications sur la santé économique des États-Unis et influencer les marchés boursiers.