Une décision qui laisse des traces
Le procureur de Meaux a tranché. Aucune responsabilité pénale ne sera retenue dans le suicide de Camélia, cette lycéenne de 17 ans qui s'est donnée la mort le 13 janvier dernier à Mitry-Mory. Une décision qui tombe comme un couperet, alors que les parents de la jeune fille avaient déposé plainte pour harcèlement scolaire.
On pourrait se demander si la justice a vraiment fait toute la lumière sur cette affaire. D'après nos confrères, le procureur Jean-Baptiste Bladier a expliqué que les investigations n'avaient pas permis d'établir de responsabilité pénale. Autant dire que les parents de Camélia se retrouvent avec un goût amer.
Le truc, c'est que cette décision ne clôt pas le débat. Loin de là. Car derrière les chiffres et les procédures, il y a une réalité humaine, douloureuse, qui ne se résume pas à des dossiers classés.
Une enquête qui a mobilisé
Plus de soixante personnes ont été auditionnées. Douze enquêteurs ont planché pendant dix-neuf jours sur ce dossier. Un travail colossal, qui n'a pourtant pas abouti à des conclusions probantes.
Le procureur a évoqué des témoignages, des données téléphoniques et numériques. Mais rien, selon lui, ne permet d'étayer l'existence d'un harcèlement. Difficile de dire avec certitude si l'enquête a été exhaustive. (On se demande parfois si les outils numériques ne sont pas aussi une arme à double tranchant dans ces affaires.)
Et puis, il y a cette révélation : Camélia aurait créé une fausse conversation sur Snapchat, empruntant les identités de trois de ses camarades. Une manière, selon le procureur, de