Le gouvernement camerounais a organisé, le 1er juin 2026, une conférence de presse dédiée à la hausse des violences faites aux femmes et aux enfants, notamment des féminicides et des infanticides. Cette réunion intervient après plusieurs affaires particulièrement choquantes ayant provoqué une vague d’indignation dans le pays, comme le rapporte RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Une conférence de presse gouvernementale organisée le 1er juin 2026 pour aborder la recrudescence des féminicides et infanticides au Cameroun.
  • Plusieurs cas récents, dont celui de Joyce, une élève de maternelle victime d’abus sexuels, et Divine, 11 ans, violée puis tuée en mars 2026, ont provoqué des manifestations de colère.
  • Les statistiques officielles confirment une tendance haussière de ces crimes d’année en année.

Un bilan gouvernemental face à une opinion publique ébranlée

Le gouvernement camerounais a choisi d’élargir le cadre de sa communication lors de cette conférence de presse, initialement prévue pour répondre à l’émotion suscitée par les violences contre les enfants. Les autorités ont ainsi abordé, de manière plus large, la question des féminicides, un sujet jusqu’alors moins médiatisé dans ce pays d’Afrique centrale. Joyce, une fillette de maternelle, est l’une des victimes dont l’affaire a particulièrement marqué les esprits : sa mère affirme qu’elle a subi des abus sexuels, un drame qui a cristallisé la colère des parents.

Un autre cas, tout aussi glaçant, a choqué le pays : celui de Divine, 11 ans, violée puis assassinée en mars 2026 dans un quartier de Yaoundé. Ces deux affaires, parmi d’autres, illustrent une réalité alarmante que les chiffres officiels confirment : celle d’une augmentation régulière des féminicides et infanticides au Cameroun depuis plusieurs années.

Des crimes qui s’accumulent et alimentent la colère populaire

Les manifestations organisées par des mères de famille à Yaoundé reflètent l’exaspération de la population face à l’impunité dont bénéficieraient, selon elles, les auteurs de ces violences. À travers la capitale camerounaise, des rassemblements spontanés ont eu lieu, portés par des slogans exigeant une justice rapide et exemplaire. Ces mouvements de protestation, bien que dispersés, ont forcé les autorités à reconnaître la gravité de la situation.

Pourtant, malgré ces réactions citoyennes, les associations de défense des droits des femmes et des enfants soulignent le manque de moyens concrets alloués à la protection des victimes. Les structures d’accueil et les mécanismes de signalement restent, selon elles, insuffisants pour endiguer cette vague de violence. « Ces crimes ne sont pas des cas isolés, mais le symptôme d’un système qui échoue à protéger les plus vulnérables », a dénoncé une militante sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

La conférence de presse du 1er juin marque une première étape vers une prise de conscience nationale, mais les associations attendent désormais des actes. Une réunion interministérielle est annoncée pour la fin du mois de juin afin de définir un plan d’action concret. Reste à voir si les promesses se traduiront par des mesures effectives, notamment en matière de prévention, de formation des forces de l’ordre et de soutien aux victimes.

En attendant, le gouvernement camerounais doit faire face à une pression croissante, tant sur le plan national qu’international. La question se pose désormais : ces engagements suffiront-ils à inverser une tendance qui, depuis plusieurs années, ne cesse de s’aggraver ?