Une campagne de communication lancée par la mairie d’Agde, dirigée par le Rassemblement National depuis le printemps 2026, a suscité une polémique en raison de son affiche jugée discriminatoire par plusieurs associations. BFM - Politique révèle que les visuels, retirés depuis, représentaient trois jeunes hommes d’apparence maghrébine autour d’un narguilé, accompagnés d’une enceinte Bluetooth et de déchets. Le message « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas ! Nos vacances, tu les respectes ! » accompagnait cette illustration générée par intelligence artificielle.

Ce qu'il faut retenir

  • Une campagne municipale contre les incivilités à Agde a été critiquée pour son caractère jugé « raciste » par des associations comme SOS Racisme
  • L’affiche, retirée depuis, mettait en scène trois jeunes hommes autour d’un narguilé et d’une enceinte Bluetooth, avec un message incitant au respect des vacances
  • L’arrêté municipal visé interdit spécifiquement les narguilés sur les plages de la commune
  • La mairie, remportée par le candidat RN Aurélien Lopez-Liguori en 2026, n’a pas répondu aux sollicitations médiatiques après le retrait des visuels
  • Plusieurs vacanciers ont exprimé leur malaise face à cette campagne, dénonçant un sentiment de rejet

Cette initiative, destinée à sensibiliser aux incivilités estivales, a rapidement dépassé son cadre local. Selon BFM - Politique, le ton adopté dans les visuels et les messages a été perçu comme une stigmatisation ciblée. L’affiche, diffusée en entrée des plages et dans le magazine municipal, montrait trois individus aux traits nord-africains attablés autour d’un narguilé, avec en arrière-plan une enceinte et des bouteilles vides éparpillées. Un choix iconographique qui a cristallisé les critiques.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, n’a pas mâché ses mots lors de son intervention sur BFMTV. « Il y a un arrière-fond raciste qui est assez clair », a-t-il déclaré, soulignant la dimension discriminatoire de la campagne. De son côté, Fatma, une vacancière interrogée par la chaîne d’information, a partagé son sentiment de rejet : « Quelque part, je me sens rejetée. » Une réaction qui illustre l’impact émotionnel de cette communication, au-delà des débats politiques.

Côté mairie, aucune explication officielle n’a été apportée après le retrait des affiches. Contactée par BFM - Politique, la municipalité n’a pas donné suite aux demandes d’interview. Cette absence de réponse alimente les spéculations sur la stratégie adoptée par l’équipe municipale, désormais sous les projecteurs médiatiques. Pourtant, la mairie d’Agde s’était engagée dans une campagne axée sur le respect des plages, un enjeu récurrent en période estivale.

L’arrêté municipal interdit effectivement les narguilés sur les plages agathoises, une mesure justifiée par des considérations sanitaires et de tranquillité publique. Mais la forme choisie pour promouvoir cette réglementation a transformé une simple communication en sujet de controverse nationale. Autant dire que la mairie a involontairement attiré l’attention sur un sujet bien plus large que ses plages.

« Il y a un arrière-fond raciste qui est assez clair. »
Dominique Sopo, président de SOS Racisme

Pour les associations antiracistes, cette campagne s’inscrit dans une logique plus large de stigmatisation des minorités. Le choix de représenter des jeunes hommes d’apparence maghrébine, associés à des clichés sur les incivilités, renforce des stéréotypes pernicieux. « On ne peut pas lutter contre les incivilités en ciblant une communauté en particulier », a rappelé un représentant d’association, souhaitant garder l’anonymat. La polémique dépasse ainsi le cadre local pour interroger les méthodes de communication des collectivités dirigées par l’extrême droite.

À Agde, où la tension autour de cette campagne reste palpable, les plages ont repris leur aspect habituel. Les affiches ont disparu, mais les questions, elles, persistent. Comment une municipalité peut-elle concilier une politique de fermeté face aux incivilités avec le respect de la diversité ? La réponse n’est pas simple, et la polémique agathoise en est un exemple frappant. Bref, la mairie a peut-être atteint son objectif de visibilité, mais à quel prix.

Et maintenant ?

La mairie d’Agde pourrait être amenée à clarifier sa position dans les prochaines semaines, notamment si la polémique s’amplifie. Une nouvelle campagne de communication, plus inclusive, est envisagée par certains élus locaux pour apaiser les tensions. Reste à savoir si cette crise servira de leçon ou si elle s’inscrira dans une stratégie plus large de communication frontale.

Cette affaire soulève une question plus générale : dans un contexte politique marqué par la montée des discours identitaires, comment les collectivités locales peuvent-elles aborder les questions d’ordre public sans tomber dans la stigmatisation ? L’équilibre est délicat, et l’exemple agathois montre que les marges de manœuvre sont étroites. Pour les vacanciers, la priorité reste la tranquillité des plages – mais à quel prix pour le vivre-ensemble ?

La mairie a retiré les visuels à la suite des critiques massives dénonçant leur caractère discriminatoire. Aucune explication officielle n’a été donnée, mais la polémique a pris une telle ampleur que le maintien des affiches aurait pu aggraver la situation.

Un arrêté municipal interdit explicitement l’usage des narguilés sur les plages de la commune, justifié par des raisons sanitaires et de tranquillité publique. Cette mesure s’applique à tous les usagers, sans distinction.