Le ministère canadien de l’Immigration a récemment durci les critères d’admission pour l’obtention ou le renouvellement d’un visa étudiant, selon Courrier International. Ces nouvelles directives, entrées en vigueur à la fin du mois de juillet, visent à s’assurer que les candidats disposent de ressources financières suffisantes pour couvrir l’intégralité de leurs frais pendant la durée de leurs études au Canada.

Ce qu'il faut retenir

  • Les demandeurs de visa étudiant doivent désormais fournir six mois de relevés bancaires au lieu de quatre, comme précédemment exigé.
  • Les agents d’immigration sont tenus d’examiner le montant et la provenance des fonds des candidats.
  • Le Canada a identifié plus de 153 000 dossiers d’étudiants étrangers potentiellement non conformes pour les années 2023 et 2024, selon un rapport du Vérificateur général publié en mars 2026.
  • Le nombre d’étudiants internationaux a chuté de 29 % en mai 2026 par rapport aux années précédentes.
  • Depuis 2025, Ottawa a instauré un plafond sur les demandes de visa étudiants pour 2026.

Dans une note interne datée du 24 juillet, le ministère de l’Immigration canadien a précisé que les agents ne devaient plus délivrer de permis d’études à un étranger sans s’assurer qu’il dispose de ressources financières suffisantes pour payer ses frais de scolarité, ses besoins personnels et ceux de sa famille, ainsi que les frais de transport aller-retour. Ces exigences s’appliquent aussi bien aux nouveaux demandeurs qu’à ceux souhaitant renouveler leur permis.

Pour renforcer ce contrôle, les autorités canadiennes ont également allongé la période de vérification des relevés bancaires. Les candidats doivent désormais présenter six mois de relevés, contre quatre auparavant. Les agents d’immigration ont également reçu l’instruction d’analyser à la fois le montant des fonds disponibles et leur origine. Ils peuvent, en outre, exiger des informations financières supplémentaires pour s’assurer que seuls les étudiants « authentiques » et capables de subvenir à leurs besoins obtiennent un visa.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue du système d’immigration. En mars 2026, le Vérificateur général du Canada a publié un rapport révélant que plus de 153 000 dossiers d’étudiants étrangers présentaient des irrégularités pour les années 2023 et 2024. Ce chiffre correspond à des demandes jugées non conformes, voire frauduleuses. Par ailleurs, le gouvernement a adopté en mars 2026 une réforme majeure autorisant le gouverneur en conseil — l’organisme responsable des règlements administratifs — à rejeter ou annuler en masse des demandes et documents d’immigration, une mesure qui vise à accélérer les contrôles et à limiter les abus.

Ces nouvelles politiques, combinées à la décision prise en 2025 par le gouvernement d’Ottawa de plafonner le nombre de demandes de visas étudiants pour 2026, ont entraîné une baisse significative des inscriptions. Selon une étude de Statistique Canada relayée par La Presse en mai 2026, le nombre d’étudiants internationaux dans les universités et collèges du pays a chuté de 29 %. Un chiffre qui illustre un revirement par rapport à la tendance des années précédentes, où le Canada attirait chaque année des milliers d’étudiants étrangers. « Depuis deux ans, le Canada ferme progressivement ses portes aux étudiants internationaux », a souligné le quotidien.

Ces mesures s’ajoutent à une série de restrictions adoptées par le gouvernement canadien pour mieux contrôler l’afflux d’étudiants étrangers. En 2025, Ottawa avait déjà annoncé une réduction drastique des visas étudiants pour 2026, une décision qui avait marqué un tournant dans sa politique d’immigration. Cette année-là, les autorités avaient justifié cette décision par la nécessité de lutter contre les fraudes et les abus dans le système d’immigration, tout en cherchant à améliorer la qualité de l’accueil des étudiants véritablement engagés dans leurs parcours académiques.

Les nouvelles directives du ministère de l’Immigration s’accompagnent également d’une surveillance renforcée des établissements d’enseignement. Les agents d’immigration peuvent désormais vérifier si les candidats sont inscrits dans des établissements reconnus par les autorités canadiennes. Cette mesure vise à éviter que des étudiants ne soient inscrits dans des programmes frauduleux ou de piètre qualité, souvent proposés par des établissements peu scrupuleux.

« Les agents ont l’autorité d’exiger des renseignements financiers supplémentaires plus exhaustifs, afin de s’assurer que seuls les étudiants authentiques, capables de subvenir à leurs besoins, se voient accorder un permis d’études. »
— Extrait des nouvelles directives du ministère de l’Immigration canadien, juillet 2026

Et maintenant ?

Ces nouvelles règles pourraient encore réduire le nombre de visas étudiants délivrés en 2026, alors que le Canada avait déjà enregistré une baisse de 29 % en mai dernier. Les autorités devraient publier d’ici la fin de l’année des statistiques actualisées sur l’impact de ces réformes. Par ailleurs, les établissements d’enseignement canadiens pourraient être amenés à revoir leurs stratégies de recrutement à l’international, en mettant davantage l’accent sur l’attractivité académique et la qualité de leurs programmes.

Pour les étudiants étrangers déjà sur place, ces nouvelles règles pourraient compliquer le renouvellement de leur permis. Les autorités canadiennes ont indiqué qu’elles appliqueraient ces critères de manière rétroactive, ce qui signifie que même les étudiants en cours de séjour pourraient être concernés par ces contrôles renforcés. Les associations étudiantes ont d’ailleurs commencé à alerter sur les risques de précarisation pour ceux qui ne pourraient pas justifier de ressources financières suffisantes.

Ces réformes s’inscrivent dans une volonté plus large du gouvernement canadien de rééquilibrer sa politique migratoire, en privilégiant une immigration qualifiée et économique plutôt que des flux massifs d’étudiants, dont une partie ne reste pas au Canada après l’obtention de leur diplôme. Cette approche pourrait avoir des répercussions sur les universités canadiennes, qui bénéficiaient jusqu’ici des frais de scolarité élevés payés par les étudiants internationaux — une manne financière importante pour le système éducatif canadien.

Alors que le Canada cherche à attirer des talents durables, ces nouvelles règles pourraient également inciter les étudiants étrangers à se tourner vers d’autres destinations, comme l’Australie ou l’Europe, où les critères d’admission restent moins stricts. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour un éventuel assouplissement de ces mesures, mais les observateurs s’attendent à ce que les autorités évaluent leur impact d’ici la fin de l’année 2026.

Dans ce contexte, les futurs candidats au visa étudiant canadien devront se préparer à des démarches administratives plus longues et plus exigeantes, avec des preuves financières plus détaillées et des vérifications accrues sur l’origine de leurs fonds.

Les candidats doivent désormais présenter six mois de relevés bancaires (contre quatre auparavant) et prouver qu’ils disposent de ressources suffisantes pour couvrir leurs frais de scolarité, leurs besoins personnels, ceux de leur famille et les frais de transport aller-retour. Les agents d’immigration examineront également l’origine des fonds.

Ces mesures visent à lutter contre les fraudes et les abus dans le système d’immigration. Un rapport du Vérificateur général a révélé plus de 153 000 dossiers potentiellement irréguliers pour 2023 et 2024, poussant les autorités à durcir les contrôles.